SAINT-ÉTIENNE

Jean-Claude SEGUIN

Saint-Étienne, chef lieu du département de la Loire (France), compte 130 000 habitants (1894)

1896

Le Cinématographe Lumière (Société Stéphanoise de Photographie, 25 avril 1896)

C'est sous les auspices de la Société Stéphanoise de Photographie que les Stéphanois vont sans doute découvrir le cinématographe Lumière, dans la salle des fêtes de l'Hôtel-de-Ville, à l'issue d'une conférence sur la photographie :

Société Stéphanoise de photographie. — On nous annonce qu’une grande soirée sera donnée samedi prochain, à 8 h. 1/2, sous les auspices de la Société Stéphanoise de photographie, dans la salle des fêtes de l’Hôtel-de-Ville.
M. le docteur Barral, professeur agrégé de la Faculté de Médecine de Lyon, a bien voulu accepter de venir faire une conférence à la fois populaire et scientifique, sur la photographie et les découvertes les plus récentes dont il doit renouveler les expériences curieuses qui ont eu récemment un si grand retentissement.
A elle seule, cette conférence serait déjà une attraction de premier ordre et incontestable. Le caractère et le savoir du professeur éminent qui doit parler sont un gage certain de succès. Avec le cinématographe lumière, qui doit compléter et animer cette séance, quel spectacle incomparable, et quelle bonne fortune pour nous !
Les quelques rares privilégiés qui ont pu contempler les scènes animées projetées à Lyon et à Paris par le cinématographe, ne tarissent pas d’éloges quand ils racontent ce qu’il leur a été donné de voir et avivent le désir de ceux qui en entendent vanter les merveilles et ne sauvaient s'en rendre compte par un simple récit.
Tout le monde assurément voudra voir le cinématographe ; mais tout le monde ne pourra être admis.
Bien que les places, en effet, soient à la portée de toutes les bourses, la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville ne sera pas assez vaste pour satisfaire la curiosité de tous ceux qui voudront entrer.
Nous sommes persuadés que les billets seront vite enlevés et nous ne saurions trop engager à se hâter pour s’en procurer.
On en trouvera dans les bureaux de l’Agence Fournier, rue Sainte-Catherine, mais il faudra se hâter. Prix : Premières, 5 fr. ; Secondes, 3 fr  ; Troisièmes, 2 fr.
Nous publierons ultérieurement le programme de cette soirée qui n’est pas encore entièrement arrêté. Qu’il nous suffise pour le moment de dire qu'il y aura des surprises et que la Musique Militaire sera probablement conviée à rehausser de son concours cette fêle déjà si attrayante.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Satin-Étienne, 22 avril 1896, p. 2

 Malgré la longueur de l'article, nous ne disposons pas réellement d'information sur le programme des films proposés. En revanche, nous savons que l'agence Fournier est consessionnaire de la maison Lumière pour plusieurs villes autour de Lyon dont Saint-Étienne. Heureusement quelques jours plus tard, la presse locale propose le programme complet de la soirée du 25 avril :

Société de photographie. — Voici le programme de la soirée que donnera ce soir à 8 heures et demie, la Société de photographie de Saint-Etienne avec le concours de la musique du 38e régiment d'infanterie :
a. La Marseillaise ;
b. Poète et paysan, ouverture, par la musique militaire ;
Conférence par M. le docteur Barral, professeur agrégé de la faculté de médecine de Lyon, sur quelques découvertes de photographie : De la photographie à travers les corps opaque ; de la photographie des couleurs ; de la photographie du mouvement.
L’Etoile du Nord, fantaisie (Meyerbeer), par la musique militaire ;
Projections diverses et photographie totale de la salle par l’éclair magnésique.
Cinématographe Lumière avec scènes animées : Le repas de Bébé ; Bateau parisien ; Le marché à La Ciotat ; Place des Cordeliers, à Lyon ; Le Cantonnier ; La pêche aux sardines ; Une partie d’écarté ; Démolition d’un mur ; Gros temps en mer ; Barque sortant du port.
Fleurs d'automne, suite de valse (Dureau). — Ballets égyptiens, intercalés dans Aïda (A. Luigini). — Carmen, marche (Bizet) par la musique militaire.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 25 avril 1896, p. 2.

Le compte rendu de la soirée met l'accent plus sur le programme et les projections que sur la conférence qui a été sans doute trop scientifique pour le public :

La cinématographie
Un beau succès pour la Société stéphanoise de photographie que la soirée donnée par elle, hier, dans la grande salle des Fêtes de l'Hôtel de Ville.
Assistance nombreuse et select, aussi M. Gillet et les autres organisateurs étaient-ils rayonnants de satisfaction.
Tout, d'ailleurs, a marché à merveille; la conférence —un peu trop scientifique du docteur Barral — aura bien peut-être paru un peu longue aux jeunes dames et aux demoiselles, que la différence qui existe entre les rayons cathodiques et les rayons X de Rœntgen n'intéresse assurément que d'une façon toute relative. Elles ne doivent aussi que très peu se passionner pour les principes sur lesquels repose la magnifique découverte de Lippman, la photographie des conteurs.
Enfin, cette partie ardue du programme prend fin: quelques projections d'épreuves photographiques à travers les corps opaques commencent à les distraire; l'excellente musique du 38e achève de rendre à leurs beaux yeux tout leur éclat et l'appareil des fils Lumière n'avait plus qu'à les faire sourire.
Il n'y a pas manqué: dès le premier tableau, le Repas de Bébé, toute la salle était conquise. Est-elle gracieuse, d'ailleurs, cette petite scène de famille… et bien vraie !
Le Bateau parisien avec les vagues qu'il soulève,la place des Cordeliers à Lyon, avec son tramway qui arrive et disparaît, le Cantonnier grincheux, qui ne reprend sa lance qu'après avoir corrigé l'intrus; tout a soulevé les éclats de rire de la salle et fait regretter que ce fût déjà fini avec… le cinématographe ! En somme, soirée charmante, nous le répétons, et bonne œuvre aussi, car les pauvres n'y ont pas été oubliés.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, 27 avril 1896, p. 2.

1897

 

1898

1899

Le Royal Viograph (Cours Victor-Hugo, < 19 septembre-> 3 novembre 1899)

Le Royal Viograph arrive à Saint-Etienne à la mi-septembre. On ignore le nom des responsables de l'appareil - peut-être Edmond OgerConstantin Daue et/ou Cyprien Lacabane - qui installe l'appareil sur le cours Victor-Hugo pour plusieurs semaines de projections :

The Royal Viograph.— C’est le nom d’un établissement qui, chaque soir, cours Victor-Hugo, est littéralement envahi. Rien de plus juste, au reste, que cet empressement du public. Le spectacle offert constitue en effet quelque chose de merveilleux : une saisissante reproduction de la vie des individus et des foules.
Engageons donc les retardataires à se hâter d’aller voir et conseillons aux visiteurs d'hier d'y retourner : le spectacle vient d’être renouvelé et l'on annonce, entre autres numéros sensationnels, une vue de la fameuse lutte d’un lion contre un taureau, à Roubaix.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 19 septembre 1899, p. 3.

Les exploitants n'hésitent pas à varier les programmes afin d'attirer les spectateurs stéphanois :

The royal Viograph. — Le royal Viograh, le coquet établissement du cours Victor-Hugo donne des représentations extrêmement suivies.
De plus hier soir le spectacle a été changé, et ce sont des vues nouvelles qui sont projetées devant le public.
A citer spécialement une vue toute d’actualité, après la malheureuse corrida d’Enghien, avec course complète de taureaux à Madrid, par le célèbre toréador Mazantini [sic], en douze tableaux.
Puis encore, les Crémaux, les plus célèbres acrobates du monde, dans leurs exercices, présentés en cinq tableaux, d’une réalité et d’une vie frappantes.
Et enfin les exercices de cavalerie française, en cinq tableaux, précédés d'une scène de chambrée (passage à la couverte, etc.)
On ne peut que recommander à nos compatriotes une visite à ce spectacle, qui a tout l’attrait d’une nouveauté pour les Stéphanois, car le cinématographe d’autrefois, avec ses rapides projections, ses réductions par trop minimes des scènes de la vie et le peu de durée de la représentation n’était qu’un acheminement vers la découverte dernière, que chacun voudra voir, the royal viograph.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 10 octobre 1899, p. 2

L'article le plus personnel est sans doute celui publié par "Le Domino Noir" intitulé Billets du Soir :

BILLETS DU SOIR
" THE ROYAL VIOGRAPH "
C'est un spectacle qui n'est pas banal, que celui offert actuellement, sous cette enseigne, aux stéphanois émerveillés. Le " The royal Viograph " n'est autre chose qu'un agrandissement considérable du primitif cinématographe.
Ici, tous les personnages sont de grandeur naturelle, et quelques-uns des tableaux représentés sont véritablement surprenants de réalisme. Ils ont une puissance évocatrice des milieux qui, véritablement, émeut, passionne, éblouit.
Allez-y voir, lecteurs, sans croire qu'il s'agit ici d'une réclame dont le spectacle n'a nul besoin, et vous en reviendrez comme nous, en vous faisant la promesse d'y retourner.
Il y a là, pour ne citer que quelques tableaux, la reproduction de l'incendie de l'hôtel Windsor à New-York, le voyage en rapide de cette dernière ville à Chicago, où les paysages se succèdent en un Kaléidoscope prestigieux de variété et d'imprévue... Suit une série de tableaux burlesques, comme la tentation de Saint-Antoine, puis des voyages en mer, des manœuvres de cavalerie, des embarquements de marins,qui se déroulent dans des panoramas immenses, tels que la vue semble embrasser toute l'étendue d'une vaste plaine de plusieurs lieues de superficie...
C'est un véritable résultat obtenu, un effort créateur, couronné d'un plein succès, et l'imagination, la curiosité, la raison du public sont irrésistiblement attirées, fascinées. Aussi ne nous reste-t-il qu'à remercier l'aimable impressario qui nous offre d'aussi complets sujets d'admiration...


LE DOMINO NOIR.Le Stéphanois, Saint-Étienne, mardi 10 octobre 1899, p. 1.

Avec le Royal Viograph, les projections se font sur un très grand écran qui est ce qui impressionne le plus le journaliste. Il souligne en outre le succès que les projections rencontrent. Selon une technique déjà bien éprouvée, la fin des séances est annoncée dans le but d'attirer le public :

The royal viograph. — Cette semaine verra la clôture de l’intéressant spectacle : le Royal Viograph qui depuis plusieurs semaines était installé cours Victor Hugo et attirait une foule incessante de visiteurs.
Les Stéphanois profiteront du répit qui leur est donné pour aller voir les vues nouvelles qui seront projetées et feront un spectacle absolument nouveau.
Demain mercredi, il y aura soirée de gala et un spectacle absolument inusité : la foire de Séville, faisant partie des scènes d'Espagne, à elle seule ne comprendra pas moins de 30 tableaux !
Il faut aller voir çà !
Rappelons qu’une seule représentation est donnée chaque soir à 8 heures ct demie, le jeudi et dimanche à 2 heures et demie une matinée avec programme identique à celui du soir permettra à tous les amateurs d’aller voir avant son départ le Royal Viograph.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 17 octobre 1899, p. 2.

On s'en doute, il ne s'agit que d'une fausse-sortie puisque peu après la presse précise que les séances vont se prolonger quelque peu :

The royal Viograph, — A la demande générale et pour satisfaire aux réclamations des personnes qui n'ont pas encore vu les vues animées du Royal Viograph, la Direction a décidé de rester encore 8 jours à St-Etienne.
C’est donc la dernière semaine, irrévocablement, où l'on pourra voir dans notre ville cet intéressant spectacle.
Parmi les tableaux nouveaux, il y aura plusieurs scènes en couleurs et, à la demande unanime du public le voyage entre New-York et Chicago avec le Diamond Express.
Ces vues de trains en marche sont stupéfiantes de vérité et arrachent des cris d’admiration aux spectateurs.
La direction a été bien inspirée en les donnant à nouveau, car c’était vraiment la meilleure et la plus impressionnante des projections.
Tout Saint-Etienne passera cours Victor Hugo les voir... et les revoir.
Les représentations du Royal Viograph ont lieu le soir à 8 heures et demie ; dimanche et jeudi il y aura de plus une matinée à 2 heures 1/2.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 21 octobre 1899, p. 3.

Intéressant le court article publié dans Le Stéphanois où le journaliste signale la concurrence que le Royal Viograph fait au théâtre :

Le " Royal Viograph "
Cette semaine est bien définitivement, la semaine de clôture du Royal Viograph ;aussi chaque soir la foule est grande qui se presse aux abords du coquet établissement et vient jouir du spectacle vraiment merveilleux qui lui est offert.
Nos compatriotes semblent même délaisser le théâtre pour le Royal Viograph et celui-ci fait vraiment une concurrence désastreuse à celui-là.
Le public a de ces préférences, et à tout prendre, en la circonstance, ses préférences s'expliquent : il nous faut du nouveau, n'en fût-il plus au monde.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, mercredi 25 octobre 1899, p. 3.

Finalement, les dernières séances ont lieu dans les premiers jours de novembre, preuve sans doute du succès remporté par le Royal Viograph :

The " Royal Viograph ". — Cédant à la demande générale, la direction du " Royal Viograph " a consenti à rester une semaine encore à Saint-Etienne.
Pour cette dernière semaine toutes les vues et projections seront renouvelées, cc qui permettra aux personnes qui sont déjà allées voir le " Royal Viograph " d’y retourner et d'assister à un spectacle absolument nouveau.
Aujourd’hui' et toute la semaine, trois nouveautés en couleur : Les dernières Cartouches, le Spectre, le Bombardement de la Flotte américaine par les forts devant Santiago-de-Cuba, et les grands succès : Automaboulisme et Autorité, Napoléon et la Sentinelle, etc., etc.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 1er novembre 1899, p. 2.

Le dernier avis est publié le 3 novembre 1899. Le nom de l'appareil est orthographié différemment :

THE ROYAL WIOGRAPH.-Semaine de clôture. Tous les soirs, à 8 h 1/2, projections sensationnelles. Jeudi et dimanche, matinée à 3 heures.


Memorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 3 novembre 1899, p. 3.

Répertoire (autres titres) : Les Dernières cartouches, Le Spectre, Le Bombardement de la flotte américaine par les forts devant Santiago (Le Stéphanois, Saint-Étienne, mardi 31 octobre 1899, p. 3).

Le Cosmographe Faraud (Eden-Théâtre-Concert, [15]-[28] décembre 1899)

Le cosmographe Faraud, un appareil qui connaît un succès certain à l'époque, va présenter des vues cinématographiques, à Saint-Étienne, dans le cadre d'un spectacle varié où intervient Nita Darbel, une diseuse à la renommée limitée. Lorsque le premier article retrouvé paraît, le cosmographe a déjà donné des séances :

EDEN-THÊÂTRE-CONCERT. — Aujourd'hui. — Soirée de gala. — La direction prévient le public que son nouvel appareil de chauffage fonctionne, donnant une température de 15º au-dessus de zéro. Représentations de Nita Darbel dans son répertoire ; Cosmograph Faraud, nouvelles vues : Le Président de la République à Saint-Étienne, La guerre au Transvaal ; Succès de toute la troupe.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 15 décembre 1899, p. 3.

Très peu d'informations, centrée surtout sur les conditions climatiques... nous sommes le 15 décembre à Saint-Étienne. Dans les jours suivants, des entrefilets pratiquement identiques sont publiés sans apporter de nouvelles informations. Le dernier article est publié le 28 décembre 1899.

darbel nita

Nita Darbel (Paris 1er, 05/12/1862-Paris 14e, 07/10/1927)

1900

Le Royal-Viograph (Grand Théâtre, 22 juin-> 14 juillet 1900)

En provenance de Bordeaux, le Royal Viograph, dont on ignore le nom des responsables - peut-être Edmond OgerConstantin Daue et/ou Cyprien Lacabane -  se rend à Saint-Étienne. Sa prochaine venue est annoncée dans les premiers jours de juin : 

"Le Royal Viograph ". — Sous peu de jours le Royal Viograph qui a obtenu l'année dernière un si vif succès revient nous donner une brillante série de représentations.
Chaque spectacle durera de 8 h. 1/2 à 11 heures et comprendra trois parties consacrées à la fantaisie, à l’actualité, à la féerie,, entre autres : divers épisodes de la guerre du Transvaal pris sur le champ de bataille, qui intéresseront le public au plus haut degré. Nul doute qu’il n’obtienne la même faveur que l’année dernière auprès de la population stéphanoise.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 11 juin 1900, p. 2.

L'inauguration est finalement annoncée pour le samedi 23 juin :

Théâtre municipal Le Royal Viograph qui l'année dernière a obtenu un si vif succès sur le cours Victor-Hugo, va donner une série de représentations au théâtre ; les débuts auront lieu samedi soir à 8 h. 1/2. Ce spectacle, si intéressant déjà, nous revient avec une série extraordinaire de tableaux nouveaux. Les épisodes de la guerre du Transvaal seront le clou de cette attraction unique, car pendant 45 minutes vous êtes transportés au Sud de l'Afrique ; nous ne citerons que quelques scènes, — la série en serait trop longue—entre autres : la défense de Ladysmith par l'artillerie anglaise, un avant-poste boer attaqué à trois reprises différentes par les Basutos insurgés, et dans le dernier engagement, la mort de tous ces braves commandés par le major Wilson.
Le passage d'un gué par l'artillerie, un train blindé, ramenant une partie des troupes de Buller après son écrasement, traversant la Moder River sur un pont provisoire ; les lanciers en déroute passant la même rivière ; les ambulances après la bataille, la cavalerie du général French essayant de prendre position et de mettre leurs Maxims en batterie, repoussée par les Boers etc. etc. Ce ne sera plus à des séances de trois quarts d'heure que l'en assistera, mais à de vraies représentations en trois parties, qui commenceront à 8 heures 1/2 pour finir entre 11 heures et 11 heures 1/4. Les prix seront les mêmes que l'année dernière malgré cela.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, jeudi 21 juin 1900, p. 2.

saint-etienne theatre

Collection ND. Phot., Saint-Étienne-Le Théâtre (c. 1900)

Le même quotidien va offrir un article très long sur la soirée réservée aux autorités et à la presse stéphanoise où se mêlent les réflexions sur le public et les descriptions de certaines vues du programme :

Au théâtre
Noblesse oblige...
La direction du Royal Viograph fait royalement les choses. Elle avait hier, fort aimablement convié les autorités et la presse stéphanoise à la représentation de gala spécialement donnée à leur intention et qui était en quelque sorte comme la préface avant la lettre ou mieux la répétition générale d'une partie d'un programme on ne peut plus intersting qui sera servi chaque soir au public à partir d'aujourd'hui samedi.
Et si hier, la chambrée était complète, car journalistes et autorités qui connaissaient l'amabilité du directeur, en avaient profité pour se faire escorter de toute la nichée, des pères et des sœurs, des cousins et des cousines, des neveux et des nièces, des oncles et des tantes, des papas et des grands mamans, des amis et des amies, en un mot de toute la smalah patriarchale et amicale, nul doute que les pièces blanchent [sic] ne tombent désormais dru comme grêle dans les caisses directoriales.
Et le spectacle mérite d'être couru,d'abord parce qu'un réel progrès a été réalisé dans cet art, arrivé aujourd'hui à la perfection, ensuite parce qu'il apporte le charme d'une nouveauté superlativement attrayante, n'ayant d'égale que sa belle variété, et qui je n'en doute pas, fera courir tous les Stéphanois qui, dès qu'ils l'auront vu, ne regretteront ni leur temps, ni leur argent.
Mais des éloges et des généralités passons aux détails des principales attractions du programme. Assurément, tous les tableaux seraient à citer ; toutefois nous nous bornerons à ne rappeler que ceux qui excitèrent le mieux notre hilarité, ou frappèrent le plus notre imagination.
Dans la première partie, où des intermèdes des plus comiques alternaient avec des tableaux tragiques ou des scènes de famille, nous avons surtout remarqué une chasse au cerf, qui accompagnait, pour rendre l'illusion complète, une sonnerie de cors de chasse. Le tableau suivant —3 minutes à Londres — montrait au public les principaux monuments de cette capitale. Un grand ballet, du Palais de Cristal de New-York, Exelsior, nous initie à la mise en scène luxueuse des concerts d'Amérique, aux entrechats et pirouettes légères des danseuses américaines.
Les spectateurs étaient sous le coup d'une folie gaieté, lorsqu'un naufrage de pêcheurs, isolés au milieu de l'Océan luttant contre les flots furieux, fait frissonner le public, d'ailleurs vite rappelé à la plus franche humour par une scène très drolatique, " le fiacre diabolique " dans lequel on entasse le père,la mère, la nourrice, jusqu'à la belle-mère,— gendres I voilez-vous la face — qui reçoit les bourrades d'un cocher peu galant,— gendres ! applaudissez. — Enfin, pour terminer, on nous fait voir l'incomparable Frégoli, de l'Olympia, dans ses transformations successives, réellement extraordinaires.
Le meilleur de la soirée était consacré aux épisodes de la guerre du Transvaal et-nous avons assisté au départ de lord Roberts pour Le Cap sur le Roslin Castle. L'écran reproduit tous les exercices d'embarquement et de débarquement, les manœuvres et les passe-temps des marins anglais à bord, et nous conduit sur le théâtre des opérations. Défilé des Higlanders [sic], revue des troupes par lord Roberts, passage d'un gué, attaque des Anglais, portraits des principaux acteurs, tout cela défile sous nos yeux. Puis c'est le passage d'un train blindé ramenant des blessés, une attaque des Basutos contre les Boers, la mort du major Wilson, le passage de la Modder-River par un régiment de lanciers et par toute la cavalerie anglaise. Bref, tous les principaux épisodes de la guerre sont reproduits devant nous et attirent des applaudissements mérités.
Dans la troisième partie, apparaît d'abord la grande cavalcade du plus grand cirque du monde, celui de lord Sanger : des éléphants, des dromadaires, toute une suite d'animaux exotiques ; des chars majestueusement luxueux attirent les les regards. Une petite scène comique, qui mérite d'être signalée, dilate alors la rate des assistants : ce sont deux tourtereaux qui se becquètent dans un train, sous un tunnel, et je gage que ce tableau a dû suggérer à d'aucuns d'en faire autant, car il faisait nuit. Puis, vint Cendrillon, la grande féerie qui eut un succès si considérable au Châtelet ; les seize tableaux sont coloriés avec goût ; très jolie la scène du bal à la Cour, et très applaudie. Le triomphe et l'apothéose ont eu aussi leur part de succès. Les spectateurs sont transportés ensuite au Nouveau Monde et font de leur place le voyage de Chicago à San- Francisco. On traverse avec le train des ponts, des viaducs ; on grimpe des rampes très dures ; on passe sous un tunnel où un couple de jeunes mariés profite de l'obscurité pour s'embrasser et se parler à l'oreille. Il est vrai que cette fois l'illusion est complète, et que dans la salle les amoureux peuvent en faire de même, et ils ne gênent pas, à mon humble avis.
Erifm, la direction, par l'organe d'un clown très adroit, adresse ses meilleurs remercîments aux spectateurs, dont les applaudissements se sont succédé ininterrompus, et qui ne lui manqueront pas plus aujourd'hui qu 'ils ne lui ont manqué hier, car c'est aujourd'hui, à 8 heures 1/2, qu'aura lieu la première. Allez voir, et vous m'en direz des nouvelles.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, dimanche 24 juin 1900, p. 3.

The Royal Viograph est particulièrement bien reçu par le public stéphanois et le succès est au rendez-vous : 

The " Royal Viograph " au Grand Théâtre. — Comme nous le prévoyions dans notre compte-rendu de la première représentation, le succès n’a fait que s'accentuer et chaque soir. C’est devant des salles fort bien garnies que se développe le programme si agréable de cette attraction.
Hier soir encore, malgré le vide qui se produit généralement le lundi dans les salles de spectacle, un public nombreux s’y était donné rendez-vous.
La Guerre au Transvaal obtient toujours le même succès. Pendant les quelques instants nécessités par le changement des séries de tableaux, la photographie de divers généraux ou personnages Anglais est projetée sur le tableau, ce qui a le don de provoquer une bordée de sifflets à leur adresse. Mais le moment où la salle éclatait surtout en applaudissements, c’est à l’apparition sur l’écran des traits du colonel de Villebois-Mareuil, mort au Transvaal.
Nous recommandons également le grand Ballet Excelsior, la cavalcade et Cendrillon. une merveille.
La location est ouverte tous les jours au Théâtre. La direction nous informe que le nombre des représentations est limité, elle ne restera donc que peu de jours parmi nous.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 27 juin 1900, p. 2.

Le Royal Viograph apparaît comme un appareil de bonne qualité qui obtient le succès du public :

Le Royal Viograph.— Le Royal Viograph qui obtient en ce moment un si brillant succès au théâtre et qui, malgré le beau temps dont nous jouissons, voit chaque soir toutes les places prises ; vient de renouveler entièrement son programme.
Citons d’abord une splendide course aux taureaux prise à Bordeaux avec mise à mort du taureau par le célèbre matador Bambita Chico.
Nous citerons enfin l'Exposition universelle dont tous les monuments et toutes les attractions défilent devant nos yeux avec une telle exactitude que l’on se croit transporté en plein Champ-de-Mars et qu’il devient superflu de faire le voyage de Paris pour admirer toutes les merveilles qu'elle contient.
Jeudi, vendredi et samedi, le Royal Viograph fera relâche.


Memorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, mardi 3 juillet 1900, p. 2. 

La vue tournée à Bordeaux (A Spanish Bull-Fight) est proposée aux spectateurs stéphanois :

Le Royal Viograph au Théâtre. — Salle archicomble hier soir au Royal Viograph, succès sans précédent. Les tableaux si artistiques de l’Exposition universelle de Paris et la sensationnelle mise à mort du taureau dans la grandiose course de Bordeaux, ont porté l’enthousiasme du public à son paroxysme.
Demain et samedi relâche, pour les représentations de l'Aiglon.
Dimanche reprise des représentations du Royal Viograph, grande matinée et soirée. La location est ouverte dès aujourd’hui au Théâtre.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 6 juillet 1900, p. 2.

Comme d'habitue, on annonce la fin prochaine des séances pour stimuler l'intérêt des spectateurs :

Le "Royal Viograph".-Encore salle comble hier au Théâtre, en matinée et en soirée.
Le Royal Viograph y obtient un succès qui n’est pas près de s’éteindre. On ne saurait en effet rêver un spectacle plus beau, plus instructif et récréatif tout à la fois.
La population stéphanoise dont le bon goût est connu ne voudra pas laisser partir cette intéressante attraction sans être allée l’admirer encore une fois. 
Nous conseillons de se hâter, car d'après nos informations particulières, le Royal Viograph vient de contracter un brillant engagement à Lyon.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, mardi 10 juillet 1900, p. 2.

Annoncé comme un événement exceptionnel, le Royal Viograph propose une Passion du Christ :

Le « Royal Vlograph » au Théâtre. — Outre le programme actuel qui obtient, un succès de plus en plus grand et mérité : le « Royal Viograph », afin de donner satisfaction à un grand nombre de personnes qui en ont fait la demande ; donnera jeudi en matinée la Vie et la Passion de Jésus-Christ, vrai chef-d'œuvre d’art et de coloration.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, jeudi 12 juillet 1900, p. 2.

Peu avant son départ, le Royal Viograph, sollicité par la mairie de Saint-Étienne, va offrir des séances pour les enfants de la ville à l'occasion du 14 juillet :

La Mairie nous communique les notes que voici :
[...]
La municipalité offre aux enfants des écoles communales, à l’occasion de la fête du 14 juillet, deux représentations de "Royal Viograph" au Théâtre. 
La première de ces représentations aura lieu, vendredi, à une heure pour les filles, à quatre heures pour les garçons.


Mëmorial de la Loire et de la Haure-Loire, Saint-Étienne, vendredi 13 juillet 1900, p. 3.

Les séances durent sans doute encore quelques jours avant le départ du Royal Viograph pour Lyon.

L'American Electric Palace d'Étienne Sabatier (Place , 25 octobre 1900-)

Le tourneur Étienne Sabatier, qui parcourt la France avec son American Electric Palace doit s'installer à Saint-Étienne, sur la place Saint-Louis, à partir du 25 octobre :

American Electric Palace. — C’est demain soir, jeudi, qu’auront lieu les débuts de l’American Electric Palace, installé place Saint-Louis.
L’American Electric Palace sera le plus grand théâtre de vues animées que nous ayons eu dans notre ville. Nous avons vu son programme, il est des plus complets, il est des plus variés, il sera des plus goûtés.
Dès à présent, le succès s’annonce certain : ce sera justice.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 24 octobre 1900, p. 3.

Des difficultés semblent s'être produites puisque l'inauguration est repoussée de quelques jours :

Américan Electric Palace.-C'est à demain soir, qu'a été définitivement fixée l'ouverture, place Saint-Louis, de l'Américan Electric Palace. On aura attendu, mais on n'aura rien perdu : tout au contraire. 


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 26 octobre 1900, p. 2.

Et c'est finalement Place Gambetta - également appelée place Saint-Louis - qu'ont lieu les séances de projections de vues animées :

American Electric Palace (place Gambetta). — Aujourd’hui jeudi, fête de la Toussaint, grandes matinées à 2 heures et à 4 heures, à prix réduits.
Au programme : La Passion de N.-S. Jésus-Christ, grand drame biblique du Théâtre d’Oberarnmergau.
La guerre au Transvaal.
Voyage à l’Exposition.
L’agent plongeur, la plus jolie scène comique à ce jour.
Voyage au port du Hâvre.
Le soir, grande soirée à 8 heures.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 1er novembre 1900, p. 2.

Les films proposés aux spectateurs proviennent, en particulier, de chez Pathé. Comme il le fait habituellement, le tourneur propose des séances pour les écoles ainsi que des soirées dites " mondaines " où sont présentées également des vues plus audacieuses, même si elles n'apparaissent pas dans la presse :

L'American Electric Palace poursuit le cours de ses légitimes succès. Bien que très vaste, la salle est encore insuffisante pour contenir toutes les personnes qui voudraient assister au spectacle à elles offert. Hier après-midi, c’étaient les élèves du pensionnat Sainte-Marie qui s’émerveillaient à la matinée, demain c’en seront d’autres — sans que pour cela soit oublié le grand public : c’est ainsi que, ce soir, aura lieu une grande soirée mondaine, avec programme spécial.
Succès, succès.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 9 novembre 1900, p. 3.

Les dernières séances connues ont lieu le 17 novembre 1900 :

American Electric Palace. — Ce soir et demain soir, à 8 heures 1/2, l’American Electric Palace donnera ses deuxième et troisième soirées mondaines. Outre les numéros habituels, le programme comprendra des vues toutes nouvelles. C’est un gros succès en perspective — d’autant plus que le prix des places ne sera nullement augmenté.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 16 novembre 1900, p. 2. 

saint etienne place gambetta

Edit. Nouvelles Galeries. Saint-Étienne.-Place Gambetta (c. 1900)

1901

Le Phono-Cinéma-Théâtre (Grand-Théâtre/Eden Théâtre, 22 avril-8 mai 1901)

Après avoir connu un succès relatif à l'Exposition Universelle de Paris, le phono-cinéma-théâtre va être présenté en France comme à l'étranger. Si les films ont été tournés, pour l'essentiel, par Clément-Maurice, l'inspiratrice de ce spectacle novateur est Marguerite Vrignault, directrice artistique. Lors de ces tournées, elle est accompagnée de l'opérateur Félix Mesguich. En provenance de Chalon-sur-Saône, l'inauguration a lieu  le 22 avril :

Le Phono-Cinéma-Théâtre installé au Grand-Théâtre a attiré hier soir un nombreux public qui n'a pas ménagé ses applaudissements, mérités du reste,car le résultat obtenu par la combinaison du phonographe et du cinématographe est tout simplement merveilleux. L'illusion est complète. Les personnages se dessinent sur l'écran avec une netteté extraordinaire, et, quand Cossira attaque le Ah ! lève-toi, soleil de Roméo et Juliette, on se demande en toute sincérité si le ténor n'est pas vraiment là en chair et os. On applaudit, Cossira reparaît, sourit, salue et rentre dans la coulisse.
Puis voici Félicia Mallet qui mime avec une émotion poignante l'Enfant prodigue, de Michel Carré. C'est ensuite Sarah Bernhardt dans le duel d'Hamlet, la scène est admirablement saisie ; Coquelin aîné dans un acte des Précieuses ridicules ; Little Tich, le célèbre comique anglais ; Footitt et Chocolat, les fameux clowns ; enfin Mlles Mante, Rosita Mauri, de l'Opéra, Chasltes, de l'Opéra-Comique, dans des danses variées,etc.
Tels sont les principaux sujets de la troupe hors de pair que nous présente le Phono-Cinéma-Théâtre. Tout Saint-Etienne voudra voir, ces visions animées, jouant et chantant tout comme les artistes dont elles reproduisent fidèlement la voix et les gestes


.Le Stéphanois, 23 avril 1901, p. 3.

La dernière séance est prévue pour le 26 avril (Le Stéphanois, Saint-Étienne, 26 avril 1901, p. 3), mais le succès public conduit à donner de nouvelles projections, mais dans une nouvelle salle, le Grand-Théâtre commençant sa saison artistique :

Phono-Cinéma-Théâtre. — En raison du succès considérable que le Phono-cinéma-théâtre vient de remporter et par suite de l’impossibilité de continuer au théâtre ses représentations, la saison d’opéra commençant samedi, la direction du Phono-cinéma-théâtre a l’honneur de prévenir le public stéphanois qu’elle donnera ses représentations du 1er au 8 mai, à l’Eden-Théâtre aux prix habituels de cet établissement : 2 fr., 1,50, 0,60.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 27 avril 1901, p. 2.

C'est donc à l'Eden-Théâtre, plus populaire, que les projections vont reprendre à partir du 1er mai 1901. La presse en profite pour décrire à nouveau la nature du spectacle et le programme qui est proposé :

Phono-Cinéma-Théâtre 
Le Phono-Cinéma-Théâtre,installé à l'Eden;a été l'une des attractions les plus goûtées de la rue de Paris à l’Exposition universelle ; son succès, dû à l'ingénieuse adaptation du phonographe au cinématographe,obtenue par Mme Vrignault, permet d'assister à un spectacle absolument nouveau.
C'est ainsi qu'au Phono-Cinéma-Théâtre, on peut voir et entendre tout à la fois les plus grands artistes ; par exemple, Sarah Bernhardt, dans le duel d'Hamlet, est d'un effet saisissant ; Coquelin aîné joue les Précieuses ridicules, comme lui seul a su les jouer à la Comédie-Française,et il en est de même de Mily Meyer dans ses chansons anciennes ; du ténor Cossira, si apprécié de l'Opéra dans Roméo et Juliette ; de Mlle Hatto, dans Iphigénie ; de Polin, le joyeux tourlourou, et des danseuses réputées : Zambelli, Rosita Mauri,  Cléo de Mérode, des sœurs Mante,etc.,etc.
Le spectacle, que nous offre le " Phono-Cinéma-Théâtre " est donc une véritable merveille artistique,et il a de plus cet attrait inappréciable de faire applaudir, dans une seule représentation, toutes les étoiles des grandes scènes parisiennes.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, 1er mai 1901, p. 2. (article similaire : Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 30 avril 1901, p. 3.

Il ne semble pas que le changement de salle de spectacle ait fait évoluer globalement le programme qui est probablement très voisin d'un lieu à un autre. Mais le public stéphanois répond toujours présent et il semble même que les séances se soient prolongées au-delà de la date annoncée, le 8 mai : 

Eden-Théâtre. — Les représentations du Phono-Cinéma-Théâtre se continuent tons les soirs avec le même succès. L’assistance encore plus nombreuse de jour en jour applaudit chaleureusement ce spectacle à la fois artistique et amusant. Nous savons gré à la Direction de nous avoir fait chaque jour la surprise de nous donner des numéros nouveaux. Le Phono-Cinéma-Théâtre devant terminer ses représentations vendredi soir, nous ne saurions trop engager les retardataires à venir entendre et applaudir nos artistes célèbres. 
Jeudi matinée à 2 h. 1/2. Les élèves des écoles conduits en groupe à cette matinée seront admis à toutes les places au prix de 0 fr. 25 ; entrée gratuite pour le personnel enseignant les accompagnant.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, jeudi 8 mai 1901, p. 2.

La présence d'un autre Phono-Cinéma-Théâtre, à Reims, à partir du 3 mai 1901, laisse à penser qu'il y a deux équipes différentes qui ont tourné à ce moment-là.

Répertoire (autres films) :  Un étourdissant ballet espagnol avec accompagnement de tambours de basque (Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 23 avril 1901, p. 2), La Poupée (Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, 24 avril 1901, p. 2), Ma Cousine (Le Stéphanois, Saint-Étienne, 26 avril 1901, p. 3).

1902

Le Biographe français (Place Gambetta, [15] février 1902)

La seule information dont nous disposons, relative au Biographe français, concerne le tournage de deux vues le 9 février 1902 :

Stéphanois cinématographiés
Les fidèles qui ont assisté à la grand-messe, Dimanche dernier à l'église St-Louis, ont été cinématographiés à leur insu au moment de la sortie à midi.
Ont été pris également par l'opérateur les promeneurs qui passaient à ce moment-là, parmi eux se trouve la fédération des joueurs de boules, marchant musique en tête.
D'autre part il a été fait une sortie des ouvriers de la Manufacture d'armes.
Nos concitoyens pourront donc se voir projeter sur l'écran du Biographe Français, place Gambetta.
Avis aux amateurs du sensationnel.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, 15 février 1902, p. 3.

Il semble bien que les vues aient existé, mais la presse ne signale pas de projection dans les jours suivants...

1903

Le Royal Vio (Cours Victor-Hugo, 29 août-11 octobre 1903)

Le Royal Vio, qui est déjà venu à Saint-Étienne, annonce son arrivée prochaine dans la presse locale :

Le « Royal Vio » — Nous apprenons l’arrivée dans notre ville du célèbre « Royal Viograph », que nous avons déjà eu l’occasion d’admirer en 1899 et en 1900 au théâtre de notre ville où il obtint un succès que les Stéphanois n’ont certainement pas encore oublié.
Le « Royal Viograph » qui installe en ce moment son coquet établissement cours Victor-Hugo, nous arrive, paraît-il, avec de véritables merveilles et des nouveautés absolument inédites.
Ce cinématographe est le plus parfait de ceux qui existent et nous donne la perspective de soirées charmantes organisées surtout avec le plus grand soin pour les familles.
A bientôt les débuts.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, vendredi 21 août 1903, p. 2.

Finalement, l'inauguration est repoussée de quelques jours :

THE ROYAL VIO.-L'ouverture de cet intéressant spectacle, annoncée pour hier soir samedi, est renvoyée, par suite de diverses circonstances, à samedi prochain 29 courant.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, dimanche 23 août 1903, p. 4.

La première a donc lieu, cours Victor-Hugo, le samedi 29 août, en soirée :

Le Royal-Vio. — Le Royal-Vio, si bien aménagé et dont les débuts sont attendus avec tant d’impatience, nous prie d’annoncer qu’il donnera, ce soir samedi, sa première représentation, avec un programme exceptionnel, tableaux absolument merveilleux de netteté, d’actualité et d’originalité. Aussi prédisons-nous à ce spectacle, comme les années précédentes, un énorme succès, très compréhensible, du reste.


Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, Saint-Étienne, samedi 29 août 1903, p. 2.

saint etienne cours victor hugo

Cherí-Rousseau, Saint-Étienne.-Le Cours Victor-Hugo (1904)

Le compte rendu de la soirée, publié le surlendemain, souligne le succès retentissant du Royal Vio :

Le Royal Vio
C'est devant une salle archi-comble -on a refusé du monde— que la direction du Royal-Vio a procédé hier aux projections cinématographiques annoncés depuis plusieurs jours et dont l'énumération avait certainement provoqué l'empressement qu'il nous a été donné de constater.
Le public n'a pas été déçu, chacune des scènes sont d'un réel intérêt.Citons parmi celles qui ont produit le plus d'impression, à un degré différent, il est vrai : la vie d'un jouer [sic] où on assiste à une exécution capitale d'un réalisme effrayant ; les exercices de cavalerie la course pédestre, les omers, cambrioleurs acrobates ; voyage en mer, les miracles de Brahmines et nombre d'autres qu'il serait trop long d'énumérer ici.
Ajoutons, que la projection est, irréprochable, le papillotement constaté trop souvent au cours des séances cinématographiques qui nous ont été présentées, n'existent pas au Royal-Vio, on a donc l'illusion complète de la vie, illusion d'autant plus grande que dans nombre, de production, les couleurs. réelles remplacent la grisaille de la photographie.
Nous pouvons donc prédire, au Royal-Vio une longue suite de succès.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, lundi 31 août 1903, p. 3.

L'un des points forts du Royal Vio - qui est souligné régulièrement -est la qualité de la projection sans "papillotement", un défaut très fréquent dans les premiers temps du cinématographe. Peu après, un article du même journal complète les informations relatives au répertoires de vues projetées :

The Royal VIo
Le Royal Vio installé cours Victor-Hugo ne vous a pas fait mentir ; comme nous le lui avions prédit il a obtenu un succès colossal. Il faut reconnaître aussi que le programme qu'il donne mérite en tout point des éloges.
Jamais semblable spectacle cinématographique n'a été vu à Saint-Etienne. Cet établissement nous a déjà émerveillé en 1899 et 1900. Aujourd'hui, il se surpasse. Le voyage aux Indes, la vie d'un joueur, les Omers, les sept péchés capitaux, la poule enchantée, la fée aux choux, le Cake-Walk dansé par les Elks, etc., etc, sont des tableaux plus intéressants les uns que les autres.
Ce programme ne sera donné que jusqu'à jeudi soir inclusivement. — Avis aux retardataires. — Jeudi matinée à 3 heures.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, mercredi 2 septembre 1903, p. 3.

De nouveaux titres sont indiqués dans une édition postérieure du même journal :

The Royal Vio
Le succès obtenu par le Royal-Vio est toujours aussi vif que les premiers jours. Le programme est du reste, cette semaine, des plus attrayants signalons parmi les projections toutes intéressantes : Le voyage de M. Loubet en Algérie, l'expédition de Chine, les glishères nautiques ; ces trois numéros à eux seuls constituent une attraction.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, mardi 15 septembre 1903, p. 3.

Le programme est régulièrement renouvelé, mais l'intérêt principal est constitué par des vues locales dont on ne nous dit pas grand-chose :

The Royal Vio
Le succès obtenu par cet établissement va grandissant; chaque soir on fait salle comble, et les samedi et dimanche on doit donner deux représentations pour satisfaire les curieux.
En ce moment le programme est de nature à justifier cet empressement; indépendamment des courses de taureaux et du voyage en chemins de fer qu'on a dû redonner, on assiste à l'arrivée à Marseille du président Kruger, à cinq scènes locales au défilé desquelles on reconnaît maints personnages du cru, quelquefois un intime, et enfin, brochant sur le tout, quantité d'autres tableaux aussi intéressants.
Il n'est pas besoin d'être grand prophète pour émettre l'opinion que le succès du Royal Vio n'est pas prêt de s'éteindre.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, dimanche 27 septembre 1903, p. 3.

Le cake-walk, danse à la mode, constitue un excellent argument commercial pour inciter les Stéphanois - surtout les jeunes - à se rendre au Royal Vio pour voir les Elks qui se sont fait une réputation en dansant le cake-walk :

The Royal Vio
C'est toujours devant une salle comble qu'ont lieu les séances du Royal Vio. Le programme est du reste toujours aussi intéressant, tant par la perfection des projections que par leur variété.
En ce moment, ce sont les Elks, les créateurs du cake-walk, qui sont les favoris. Ceux et celles qui se sentent le désir d'exécuter cette danse fameuse au cours des soirées de l'hiver prochain ont une excellente occasion de venir prendre des leçons.
Indépendamment de cette production chorégraphique, il y a celles non moins intéressantes des
scènes locales, des glissoires nautiques, de la chasse à l'homme, le voyage au Mexique, Jeanne d'Arc et d'autres qu'il serait trop long d'énumérer.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, dimanche 4 octobre 1903, p. 3.

Au bout de six semaines environ, le Royal Vio annonce son prochain départ :

The Royal Vio
La variété est le secret de plaire; s'inspirant de ce principe, le Royal Vio a su s'acquérir le plus grand succès. Il est, au fait, incontestable que l'accueil fait par le public stéphanois à cette série de représentations est dû, pour une très grosse part, à la savante composition du programme, où chacun trouve le numéro de prédilection, intéressant, poignant, ou comique.
Aussi engageons-nous les retardataires à se presser s'ils veulent voir le programme actuel qui est l'un des plus beaux de sa riche collection, car la Direction annonce, ainsi que la dernière affiche, la clôture pour dimanche soir.
Un dernier conseil: s'y rendre ces derniers jours de la semaine, car il y aura foule dimanche et tout le monde n'aura pas de place.


Le Stéphanois, Saint-Étienne, mercredi 7 octobre 1903, p. 3.

Répertoire (autres titres) : La Course de taureaux, Les Chevaux plongeurs (Le Stéphanois, Saint-Étienne, dimanche 20 septembre 1903, p. 3.) 

1904

1905

1906