TROYES

Jean-Claude SEGUIN

Troyes, chef-lieu du département de l'Aube (France), compte 47.551 habitants (1894).

1896

Le Cinétographe (30 mai-14 juin 1896)

Le cinétographe qui arrive à Troyes, au printemps 1896, est un appareil construit par les frères Werner et que présente monsieur Arnould. L'inauguration a lieu le samedi 30 mai sur la rue Thiers :

La photographie animée
Nous apprenons avec satisfaction que nous allons posséder, dans quelques jours, une attraction des plus intéressantes :il s'agit du Cinématographe, qui est la photographie animée. Nous avons eu le plaisir de voir cette merveille, à Paris, il y a quelques jours ; c'est, pour la capitale, un engouement tel que l'on fait queue.
Bon succès ! Les Troyens sont aussi amateurs que les Parisiens de ces découvertes.
11, rue Thiers, en face la rue du Cirque.
Ouverture, samedi 30 courant, à 8 heures.


Le Petit Troyen, Troyes, 29 mai 1896, p. 2

L'appareil n'est pas connu pour être l'un des meilleurs cinématographes du moment. Il est vendu avec un petit nombre de films ce qui limite, en tout état de cause, la durée et le nombre des séances. Un second article - plutôt publicitaire - fait l'éloge du spectacle : 

Photographies animées
Si le succès du Cinématographe dans notre ville est immense, il est justement mérité.
Ce spectacle, en effet, intéresse tout le monde, il fait en ce moment courir la capitale et cet engouement est justifié.
Les scènes représentées donnent l’illusion absolue de la vie réelle. Remarquez les grands boulevards de Paris, on s’y croirait transporté grâce à cette dernière création de la science moderne.
Ses séances ont lieu tous les soirs à partir de 8 h. 1/2 et se succèdent sans interruption toutes les 20 minutes. Jeudi, samedi et dimanche, matinées à partir de 3 heures. Entrée : chaises, 0 fr. 50.
Le Cinématographe est installé, 11, rue Thiers.


Le Petit Troyen, Troyes, 3 juin 1896, p. 2.

Le nombre de vues présenté par séance n'est pas indiqué, mais il ne dépasse guère les 12 vues. Quelques jours plus tard, on annonce une nouveauté, l’arrivée d’un train en gare, un classique des premiers temps : 

Vingt minutes en plein Paris
Grâce au merveilleux instrument que chacun peut admirer 11, rue Thiers, on peut assister au spectacle qu’offre Paris à deux heures de l'après-midi.
Un tableau qui laisse une impression profonde, c’est l’arrivée d’un train en gare, que l’on ne voit que depuis hier.
Le tableau est d’une telle vérité qu’instinctivement, à l’arrivée de la locomotive, les spectateurs se reculent, craignant d’être écrasés par le monstre d’acier.
Le cinétographe n’est plus à Troyes que pour trois jours seulement, qu’on se hâte donc d’admirer cette dernière merveille, ce dernier progrès de la photographie.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 juin 1896, p. 2.

Un dernier article nous révèle le nom du propriétaire et semble indiquer, en creux, que des problèmes d'éclairage ont pu avoir lieu puisque désormais, il est plus intense : 

Aux Folies-Bergères
Inutile d’aller rue Richer ; il suffit pour admirer la danse serpentine par la Loïe Fieller [sic] en personne d'aller 11, rue Thiers. 
M. Arnould, cédant aux sollicitations d’un grand nombre de personnes, a bien voulu consentir à rester et à continuer ses intéressantes expériences publiques jusqu’à dimanche soir.
Les images, éclairées par une lumière plus intense, gagnent encore en exactitude ; on se trouve non par la pensée, mais bien réellement au milieu de Paris à l’heure de la grande animation.
Il ne reste plus à souhaiter qu’un phonographe puissant faisant entendre les voix, le brouhaha de la foule, et alors ce sera la perfection même.


Le Petit Troyen, Troyes, 12 juin 1896, p. 2.

Toutefois, si des problèmes techniques ont eu lieu, la presse les a passés sous silence et, en tout état de cause, le tourneur Arnould va poursuivre sa route vers Romilly-sur-Seine.

Le Cinématographe Lumière (Ancien café des Boulevards, Boulevard Gambetta, nº 24, 3 octobre-2 novembre 1896)

Le Cinématographe Lumière, encore sous le système des concessions, s'installe à Troyes dans les premiers jours d'octobre. L'opérateur - dont le nom ne nous est pas connu - est directement sous l'autorité de la maison de Monplaisir. La salle qui accueille l'appareil se trouve sur le boulevard Gambetta. Dès la première annonce, le programme est décliné et nous y retrouvons des classiques du catalogue :

Le Cinématographe-Lumière
Le magnifique appareil installé boulevard Gambetta, dans l’immeuble de l'ancien café des Boulevard, est le même qui, depuis plusieurs mois, fait courir tout Paris.
Le spectacle offert, car grâce à la photographie dit mouvement, on assiste à un véritable spectacle, est la cérémonie du couronnement du tzar, en 5 tableaux, d’un réalisme absolu.
Cosaques de l’escadre du tzar, le comte de Montebello et le général de Boisdeffre se rendant au Kremlinle carrosse de la Tzarine et de la grande-duchesse Eugéniele tzar et la tzarine se rendant à l’église de l’Assomptiondéputation asiatique.
Puis quelques compositions et reproductions de genre :
Arrivée en voiturecyclistes et cavalierscuirrassiers fourrageurs, jardin d’acclimatation. querelle enfantinebain à Milan, arrivée d’un train en gare, écriture à l’envers ; d’un effet à la fois merveilleux et surprenant.
Tous les jours, il y a séance de 3 à 5 heures et de 8 heures 1/2 à 9 heures 1/2 ; le dimanche la salle sera ouverte à partir de 2 heures. 
Nous engageons les promeneurs à visiter le cinématographe, certain qu’ils en sortiront émerveillés.


Le Petit Troyen, Troyes, 3 octobre 1896, p. 2.

Le poste Lumière va continuer à fonctionner durant un mois environ. Les fêtes franco-russes constituent le plat fort de ces projections qui permettent à l'opérateur de présenter des vues d'une actualité très récente :

Les fêtes franco-russes par le Cinématographe lumière
Ancien Café des Boulevards (Boulevard Gambetta, nº 24).
1. Cherbourg, entrée des souverains russes et de M. Félix Faure sous le hall. - 2. Paris, Souverains et M. Félix Faure. — 3. Tzarine revenant de l’église russe; pont de la Concorde. — 4. Voiture de gala. — 5. Cortège de chasseurs et spahis. —6. Défilé de turcos se rendant à la revue.
NOUVEAUX TABLEAUX
7. Abreuvoir. — 8. Jeux de boules. — 9. Démolition. — 10. Cuirassiers français (la mêlée). — 11. Le Repas de bébé. — " 12. Cortège anciens Germains (Budapest). — 13. Danse au bivouac (armée espagnole). - 14. Un prêté pour un rendu. — 15. La baignade en mer. — 16. Pigeons de Saint-Marc (Venise).— 17. Cuirrassiers fourrageurs (Français). — 18. Bain à Milan.
Dernière semaine. Clôture irrévocable. —Dernière séance, lundi 2 novembre, à 9 h. 1/2 du soir.
Séances tous les jours à 3 heures et 5 heures après midi; le soir, à 8 heures 1/2 et à 9 heures 1/2.
Le dimanche, séances à 2, 3, 4 et 5 heures après-midi. Le soir à 8 h. 1/2 et 9 h. 1/2, ancien café des Boulevards, 24, boulevard Gambetta.
Prix des places, 1 fr.; les enfants et les militaires, paieront demi-place.


Le Petit Troyen, Troyes, 28 octobre 1896, p. 2.

Le prix des places et les conditions faites aux enfants et aux militaires sont celles que pratiquent généralement les opérateurs de la maison lyonnaise. C'est finalement au bout d'un mois que le cinématographe Lumière quitte Troyes.

Répertoire (autres vues) : Les fête- franco-russesCherbourg, Paris, camp de Châlons (Le Petit Troyen, Troyes, 18 octobre 1896, p. 3), Les fêtes franco-russesCherbourg, entrée des souverains russes et de M. Félix Faure sous le hallSouverains et M. Félix FaureCortège de la tzarineretour de l'égliseplace de la ConcordeCortège des chasseurs et spahisDéfilé des turcos (Le Petit Troyen, Troyes, 23 octobre 1896, p. 2).

Le Cinématographe parisien de M. Lailler (Annexe des Magasins Réussis, Ancien café des boulevards, 20 décembre 1896)

Le cinématographe parisien, dont le constructeur est Georges Mendel, est la propriété de M. Lailler, un possible tourneur local, qui après l'avoir présenté dans la salle Fraillery, compte le faire à Troyes :

Le cinémnatographe
M. Lailler vient d'installer à Sainte-Savine, salle Fraillery, un cinématographe parisien
Séances aujourd’hui jeudi et dimanche prochain. de 9 à 11 heures du soir.
M. Lailler se propose de venir la semaine prochaine à Troyes.


Le Petit Troyen, Troyes, 17 décembre 1896, p. 2.

Quelques jours plus tard un entrefilet confirme la présence du cinématographe parisien : 

Le cynématographe
C'est dans l'annexe des Magasins Réunis, ancien café des boulevards, qu'est installé le cynématographe parisien.
Séances à 5 heures, 8 h. 1/2 et 9 h. 1/2 du soir.


Le Petit Troyen, Troyes, 20 décembre 1896, p. 2.

Nous ne disposons d'aucune autre information sur ce cinématographe parisien.

1897

Le Théâtre américain (Place du lycée, 14 mars-14 avril 1897)

Le Théâtre Américain est une baraque foraine qui parcours, en particulier, l'Est de la France, depuis 1891 au moins. La foire de mars commence le deuxième lundi de Carême et dure trente jours. En 1897, la foire se tient du 14 mars au 14 avril 1897. Le nom du forain ne nous est pas connu, mais il semble concentré son spectacle sur les représentations cinématographiques. Le Théâtre américain est installé sur la place du Lycée :

Th. américain-cinématographe
Une foule nombreuse s’est portée toute la journée de dimanche dernier au cinématographe du Th. américain. La photographie animée a vivement intéressé tout le monde, unanime à reconnaître le bon fonctionnement de l'appareil de cet établissement. Les diverses vues originales comiques et particulièrement intéressantes, s’animant graduellement avec l’illusion de la vie réelle, ont été vivement applaudies. Ce spectacle est un de ceux que l’on doit voir. Aussi, nul doute que la population de notre ville ne multiplie ses visites au Th. américain dont le cinématographe est à tous égards digne d’éloges.


Le Petit Troyen, Troyes, 17 mars 1897, p. 2.

Si l'on peut penser que cet article est l'oeuvre d'un journaliste, cela n'est sans doute pas le cas du suivant qui apparaît surtout comme une réclame :

Cinématographe — Théâtre américain
Une foule nombreuse n’a cessé de se porter toute la journée de dimanche au cinématographe du Théâtre américain, et a vivement applaudi les magnifiques vues animées qui se sont déroulées devant elle avec une netteté parfaite.
Nous avons pu constater qu’à l’encontre des divers appareils cinématographiques, le tremblement qui brouille la vue à vous donner mal de tête, ne se produit pas au Théâtre américain. (Pas de tremblement ! Pas de trépidation !). Cet appareil bien conduit, par une main habile, fonctionne admirablement. Nous sommes heureux d’en témoigner ; aussi engageons-nous la population de notre ville à honorer de ses visites le cinématographe du Théâtre Américain.


Le Petit Troyen, Troyes, 23 mars 1897, p. 3.

La publicité porte sur la qualité de la projection, sans tremblement, ni trépidation si l'on en croit l'article. On est droit d'en douter, malgré tout, dans la mesure où ces questions resteront d'actualité pendant presque dix ans, ce qui montre que la fameuse " stabilité absolue " reste encore un espoir.

troyes foire 1897

Le Petit Troyen, Troyes, 23 mars 1897, p. 3. 

Les quelques articles suivants n'apportent guère d'informations - en particulier sur les programmes dont nous ignorons tout -  et le dernier entrefilet ne précède que de quelques jours le départ du Théâtre Américain :

Théâtre américain, — Le succès du cinématographe du Th. Américain va toujours croissant. La photographie animée grandeur naturelle, reproduite avec une correction qui ne s’est jamais démentie depuis ses débuts, attire tous les soirs une foule nombreuse et choisie.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 avril 1897, p. 2.

*Le Cinématographe de M. Camby (14 mars-14 avril 1897)

Curieusement, L'Industriel forain (4-10 avril 1897, p. 1) cite parmi les établissements présents à la foire de mars de Troyes, le " cinemato et aquarium Camby ". Alexandre Camby est effectivement un forain connu, mais la presse troyenne ne le mentionne pas. Inversement, le Théâtre Américain n'est pas cité par l'Industriel forain. Faut-il penser que Camby a appelé sa baraque " Théâtre Américain " ? C'est en tout cas l'hypothèse la plus probable. Toujours est-il qu'à la foire de mars 1897, il n'y a qu'un seul établissement qui présente des vues animées.

1898

Le Théâtre des Visions d'Art de Joseph Potel (Champ de Foire, [1]-[30] septembre 1898)

C'est à l'occasion de la foire de septembre, que le Théâtre des Visions d'Art de Joseph Potel s'installe sur le Champ de Foire.

Théâtre des Visions d’art 
Aujourd’hui, sur le Champ de Foire, inauguration du Théâtre des Visions d’art (direction Potel). Ce théâtre, entièrement éclairé à l’électricité, offre aux spectateurs le plus curieux spécimen de cinématographe qui existe.
Indépendamment des photographies animées, on remarquera le Gioscope, activé par un moteur à gaz de sept chevaux et qui fait défiler sous les yeux du public des scènes de voyages et scènes comiques, grandeur naturelle, d’une façon tellement saisissante que l’on croit se trouver en face de la réalité même.
Le grand succès du Théâtre de l’Olympia, Miss Darling-Chromo, dans ses merveilleuses transformations. Innovation dans l’application des projections électro-lumineuses.


Le Petit Troyen, Troyes, 10 septembre 1898, p. 2.

Il est probable qu'il soit resté jusqu'à la fin de la foire.

1899

Le Royal Viograph de Constantin Daue (Café de l'Harmonie, <6> décembre 1899)

En provenance de Dijon, le Royal Viograph de Constantin Daue présente, pour quelques jours, au Café de l'Harmonie, une projection de vues animées, dans les premiers jours de décembre :

Café de l’Harmonie. — Aujourd’hui, mercredi, à 8 heures du soir ; L’inimitable ventriloque Trick-Haart et sa famille automatique de poupées parlantes, avec le concours de miss Ellen et son théâtre miniature de nains vivants.
Première partie : Voyage à travers la fantaisie.— Deuxième partie : Les nains vivants. —Troisième partie : Séance de ventriloque.
La représentation sera terminée par " Le Royal Viographe " appareil perfectionné sans aucun tremblement (Photographies animées et en couleurs). — Entrée libre.


Le Petit Républicain de l'Aube, Troyes, 6 décembre 1899, p. 3.

Le Royal Viograph retourne à Dijon peu après.

Le Cinématographe de H. Jorry-Prieur, Fils et Cie (Bon Marché, 107, rue Notre-Dame, <28> décembre 1900)

Des séances cinématographiques ont lieu au Bon Marché en décembre 1900 :

Chaque soir
Projections cinématographiques au Bon Marché, 107, rue Notre-Dame, H. Jorry-Prieur, fils et Cie.


Le Petit Républicain de l'Aube, Troyes, 28 décembre 1899, p. 2

Le Royal Viograph de Constantin Daue (Cirque Troyen, 30-31 décembre 1899) → 1900

De retour de Dijon, le Royal Viograph de Constantin Daue revient à nouveau à Troyes pour une série de séances cinématographiques :

Le Royal Viographe
On nous prie d’annoncer les prochains débuts, au Cirque Troyen, boulevard Victor-Hugo, du Royal Viographe, avec des séries de tableaux animés de grandeur naturelle, qui donneront l’illusion complète de la réalité.
Ce spectacle, qui a obtenu à Paris un succès sans précédent, est encore inconnu à Troyes. Il n’y a pas de doute qu’il ne fausse courir toute la ville.


Le Petit Républicain de l'Aube, Troyes, 28 décembre 1899, p. 2.

troyes cirque municipal

Troyes-Le Cirque Municipal (début XXe siècle)

Curieusement, le récent passage, certes rapide, au café de l'Harmonie, n'est pas signalé par le journaliste. L'inauguration a finalement lieu le samedi 30 novembre comme le précise le compte rendu publié peu après :

Au Cirque Troyen. — Le Royal Viograph
Nous avons assisté samedi soir à la première représentation offerte aux autorités et à la presse. C’est un spectacle merveilleux qui a vivement intéressé la nombreux se et brillante assistance qui avait répondu à l’invitation de la Direction.
Pendant près de deux heures les spectateurs ont ôté émerveillés par les scènes variées qui se sont déroulées sous leurs yeux. Le Royal Viograph est un cinématographe, mais un cinématographe absolument perfectionné, qui laisse loin derrière lui la première invention du genre. Avec celui-ci, qui nous montre les sujets de grandeur naturelle, on a l’illusion complète de la réalité.
Nous ne pouvons raconter en détail cet intéressant spectacle, il nous faudrait plusieurs colonnes. Mais nous engageons vivement nos concitoyens à assister à l’une des prochaines représentations ; ils verront que nous n’exagérons pas, et ils ne regretteront ni leur temps ni leur argent.
Voici quelques-unes des à-côtés qui nous ont le plus vivement intéressé : Le Derby d’Epsom, la course des chevaux, l’arrivée du gagnant...— La Fête des Fleurs au Bois de Boulogne. — L’incendie de l’hôtel Windsor, tableau des plus émouvants. — Une grande fête à Séville, scène très intéressante, où l’on assiste à une véritable course de taureaux.
Nous en passons, et des plus sensationnelles. Il nous faut cependant encore citer : Les luttes fin de siècle, scène tout à fait comique. — Une Fabrique de saucissons de Francfort, qui a fait se tordre littéralement l’assistance. — L'Arrivée du Bleu au régiment, etc., etc. Tous les genres sont réunis et s’est là, mieux encore que chez Nicollet, qu’on peut dire que c’est de plus fort en plus fort.
Le Royal Viograph ne peut malheureusement donner à Troyes que quelques représentations. Nous engageons vivement nos lecteurs à profiter de cette occasion, qui ne se représentera pas de sitôt.
Aujourd’hui lundi, grande matinée à trois heures ; le soir, à huit heures et demie, grande représentation. Les familles peuvent sans crainte y conduire leurs enfants.
La location est ouverte au Cirque, de dix heures à onze heures du matin et de trois à quatre heures du soir.


Le Petit Républicain de l'Aube, Troyes, lundi 1er janvier 1900, p. 2-3.

Les séances se prolongent pendant une bonne partie du mois de janvier 1900.

1900

1900

1899 ← Le Royal Viograph de Constantin Daue (Cirque Troyen, 1er-21 janvier 1900)

1899 

Les projections du Royal Viograph se prolongent au cours du mois de janvier 1900.  

SPECTACLES, FÊTES ET CONCERTS
Le " Royal Viograph " au Cirque troyen
Sans vouloir cependant faire de la réclame, nous sommes forcés de reconnaître que la direction du Royal Viograph offre aux Troyens un spectacle vraiment exceptionnel et tel qu‘à Paris même il n’en existe pas de semblable.
Dans notre numéro de mardi nous avons parlé trop brièvement des épisodes de la guerre du Transvaal ; la soirée d’hier nous réservait encore des surprises. Nous avons pu voir la retraite des lanciers anglais, après a défaite de Modder River (8 décembre 1899) conduite par le général Gatacre ; un train blindé ; l’enlèvement des morts sur le champ de bataille ; les troupes passant sur un pont volant construit par les Anglais ; après la bataille, l’enlèvement des blessés par les ambulances. Le" Royal Viograph " nous montre également plusieurs transports en pleine mer, le panorama du Cap et l’arrivée d’un des navires de guerre à quai.
Les épisodes pris sur le champ de bataille sont d’une netteté absolue ; seul M. C. Urban de la maison Warwick, Trading et Cie, de Londres, est autorisé par la reine à faire prendre les vues dont nous parlons.
Il est fort regrettable que la série des représentations soit limitée, ces messieurs parlent de nous quitter lundi prochain. Donc avis aux retardataires.
Mentionnons une nouvelle série de tableaux où seront présentés cet après-midi jeudi, à 3 heures, et pour une représentation seulement : " La Vie et la Passion du Christ ", 15 tableaux en couleur.
Comme on peut le voir, le programme est varié et se prête à tous les goûts.


Le Petit Troyen, Troyes, jeudi 11 janvier 1900, p. 3.

Si les vues de la guerre du Transvaal ne provoquent que l'approbation du public, il en va autrement du Coucher de la mariée qui fait réagir les familles :

[...] A la demande des familles, le coucher de la mariée a été retiré du programme.
Le cinématographe n'est plus qu'un jouet d'enfant, aujourd'hui, à côté du merveilleux appareil inventé par M. C. Urban. Les photographies qui défilent sous les yeux du public sont des plus nettes et sans trépidation aucune.Le Petit Troyen, Troyes, 13 janvier 1900, p. 3.

Généralement, ces vues sont à l'origine de problème soit avec les spectateurs, soit avec les autorités locales. L'article suivant précise, par ailleurs, que Constantin Daue est constamment en contact avec la Warwich et Charles Urban et qu'il voyage régulièrement à Londres :

SPECTACLES, FÊTES ET CONCERTS
Le " Royal Viograph " au Cirque troyen
A la demande générale, la direction du Royal Viograph a remis son départ à lundi prochain.
Malgré le désir ardent de plaire au public troyen, toujours avide de spectacles artistiques, le Royal Viograph ne pourra donner que six représentations. Il les commencera jeudi 18 courant, à 3 heures 1/2, grande matinée.
Ainsi que nous l’avons dit hier, M. R. C. de Daue, célèbre opérateur diplômé attaché au Royal Viograph (Cº Lted), vient d’être appelé à Londres pour examiner les tableaux, arrivant du Transvaal.
Ces tableaux sont pris sur le théâtre de la guerre par les opérateurs de la maison Warwich et Cie qui traversant les lignes anglaises et transvaaliennes risquent à chaque instant d’être victimes de leur courage.
Plusieurs opérateurs même ont été déjà blessés en prenant des vues pendant certains combats.
Jeudi, à 3 heures 1/2. M. Daue présentera une grande série de tableaux nouveaux, de toutes sortes, qui certainement obtiendront autant de succès que les tableaux précédents. Six représentations seulement.


Le Petit Troyen, Troyes, 17 janvier 1900, p. 3.

En l'occurrence, le voyage semble avoir été de courte durée :

SPECTACLES, FÊTES ET CONCERTS
Le " Royal Viograph " au Cirque troyen
M. R.-G. de Daue est de retour de son voyage de Londres. Il rapporte, ainsi que nous l’avons dit, une magnifique collection de tableaux.
Aujourd'hui, à 3 heures 1/2, reprise des représentations au cours desquelles seront exposées 65 vues nouvelles.
C'est, malheureusement, la semaine de clôture et les retardataires feront bien de se hâter. Le Royal Viograph ne peut plus nous donner que cinq représentations.


Le Petit Troyen, Troyes, jeudi 18 janvier 1900, p. 3.

Un compromis a été trouvé au sujet de la vue, Le Coucher de mariée qui ne sera présenté qu'en fin de spectacle :

SPECTACLES, FÊTES ET CONCERTS
Le " Royal Viograph " au Cirque troyen
Jeudi a recommencé, avec un programme des plus choisis, ia série des dernières représentations du Royal Viograph. Les tableaux sont d'un goût et d’une variété parfaits et sont accueillis par des salves d’applaudissements. La direction du Royal Viograph a l'honneur d'informer le public qu'elle n’a plus que deux représentations à lui offrir.
Nota.— Le " Coucher de la Mariée " passera à la fin du spectacle. A chaque représentation, plusieurs tableaux nouveaux seront présentés.


Le Petit Troyen, Troyes, samedi 20 janvier 1900, p. 3.

Les dernières séances ont lieu dans la seconde quinzaine de janvier :

Cirque Troyen. — La Direction de Royal Viograph a l’honneur d’informer le public qu’elle ne donnera plus que deux représentations, ce soir samedi et demain, en matinée, à trois heures. Bile s’appliquera, pour ces deux séances, à varier le plu possible le programme.
A la fin du spectacle, le " Coucher de la Mariée ", tableau rétabli à la demande générale et qui chaque fois est accueilli par les applaudissements unanimes de l'assistance.


Le Petit Républicain de l'Aube, Troyes, samedi 20 janvier 1900, p. 3.

Répertoire (autres titres) : Les épisodes de la guerre hispano-américaine, combats sur terre et sur mer, Une corrida de toros à Madrid, avec mise à mort par le célèbre matador Guerrita, Un voyage en chemin de fer entre New York et Chicago (panoramas, tunnels, ponts, viaducs, etc.), Le diable au couvent (grande féerie), Les Kremo's, les plus forts acrobates du monde, dans leurs numéros (Le Petit Troyen, Troyes, 3 janvier 1900, p. 3).

Le Royal Viograph  de Cyprien Lacabane (Cirque, 13 octobre-4 novembre 1900)

Le Royal Viograph, dont le responsable est Cyprien Lacabane, s'installe à Troyes à la mi-octobre 1900. Son arrivée est annoncée quelques jours avant : 

Le Royal Viograph
Nous apprenons avec un plaisir qui sera certainement partagé par toutes les familles le retour parmi nous du Royal Viograph.
Le Royal Viograph que dirige M. Cyp. Lacabane a, on s’en souvient, obtenu un grand et mérité succès en janvier dernier au Cirque. Il nous revient avec de nouveaux tableaux parmi lesquels nous citerons Excelsior, ballet américain, 430 personnes, l’Exposition de Paris, les transformations du professeur Frégoli qui fait en ce moment courir tout Paris à l’Olympia, Les 3 Bacchantes, le grand succès du Théâtre Robert Houdin.
Les débuts du Royal Viograph auront lieu samedi soir au Cirque. Et maintenant souhaitons lui beaucoup de visiteurs.


Le Petit Troyen, Troyes, jeudi 11 octobre 1900, p. 2.

Le répertoire est composé de vues provenant de différents éditeurs de films dont Méliès et la Warwick Trading Company. L'inauguration, prévue pour le samedi 13 octobre, donne lieu à un bref compte rendu :

Le " Royal Viograph "
Samedi soir ont eu lieu, au Cirque, les débuts du " Royal Viograph ", qui n’était pas un inconnu pour nous. L’affluence du public était considérable et témoignait de l’intérêt que porte la population troyenne à tout spectacle d’intelligence et de progrès.
Le "Royal Viograph " nous est revenu avec un programme des plus captivants et entièrement nouveau. Le» transformations de Fregoli, la gracieuse fantasmagorie des trois bacchantes et surtout le grand ballet américain Excelsior, dansé par 150 ballerines de grand talent avec de merveilleux costumes, ont absolument charmé l’assistance.
L’intéressante promenade à travers les merveilles de l’Exposition de Paris ne l’a pas moins enthousiasmée.
Peur permettre à tous d’assister à cet intéressant spectacle, la direction a résolu de donner une matinée tous les jeudis et dimanches, à trois heures, sans préjudice de la représentation qui aura lieu le soir.


Le Petit Républicain de l'Aube, Troyes, lundi 15 octobre 1900, p. 3.

Quelques problèmes d'éclairage semblent avoir marqué les premiers séances :

Le "Royal Viograph "
Le "Royal Viograph " continue au Cirque la série de ses représentations avec un très grand succès.
La lumière électrique, qui manquait d’intensité aux premières représentations, est aujourd'hui suffisante, les tableaux sont d’une clarté et d’une netteté parfaites.
Jeudi prochain, matinée à trois heures, particulièrement réservée aux familles. A cette matinée seulement seront données la vie et la passion du Christ, drame colorié du plus puissant effet, et cela en plus du programme ordinaire.Le Petit Républicain de l'Aube, Troyes, mercredi 17 octobre 1900, p. 2.

Le renouvellement s'effectue au bout d'une semaine et constitue, à sa façon, un argument publicitaire :

Les personnes qui ne sont pas encore allées voir le merveilleux défilé des palais et des attractions de l’Exposition universelle de Paris au "Royal Viograph " n’ont pas de temps à perdre, car la direction va entièrement renouveler son programme et aucun des tableaux donnés jusqu’à ce jour ne reparaîtra sur l’affiche.
Le "Royal Viograph " qu’un brillant engagement appelle à Nancy ne sera parmi nous que très peu de temps encore. Nous engageons donc vivement nos concitoyens à ne pas laisser passer l’occasion qui leur est offerte de passer quelques soirées agréables, captivantes et instructives en assistant à un spectacle qui est sans contredit la plus merveilleuse invention du siècle.


Le Petit Troyen, Troyes, samedi 20 octobre 1900, p. 2.

L'approvisionnement en nouvelles vues impliquent l'interruption des séances et le départ de Cyprien Lacabane :

Le Royal Viograph
Nous avons assisté de nouveau hier aux représentations du Royal Viograph au Cirque, et c'est toujours la même impression que nous en avons rapportée.
Ces intéressantes représentations vont être interrompues deux jours de suite. M. Lacabane, le sympathique directeur du Royal Viograph, quitte la ville demain, mais pour y revenir mercredi soir avec une importante collection de tableaux nouveaux : ballets, féeries, etc.


Le Petit Troyen, Troyes, lundi 22 octobre 1900, p. 3.

Pourtant nous ignorons précisément de quelles manières le responsable obtient ces nouveaux films. La reprise, deux jours plus tard, est également l'occasion pour le journaliste pour annoncer le prochain départ du Royal Viograph, ce qui constitue habituellement un argument commercial :

Le Royal Viograph au Cirque
Le Royal Viograph, après deux jours de relâche nécessités par la préparation du nouveau programme, que nous savons être des plus somptueux, reprend ce soir la série de ses représentations qui sera malheureusement trop courte, cinq on six au plus.
La grande et riche cavalcade du cirque Sanger, le plus important du monde, défilant devant la reine et la cour d’Angleterre ; le Rêve du Radjah, conte oriental mis en action et d’une mise en scène merveilleuse ; les Miracles du Brahmine, grande féerie indoue ; le gracieux Chevalier Mystère, qui a fait courir tout Paris au théâtre Robert Houdin, nous donnent une idée de ce que seront ces soirées, que le Directeur sait toujours rendre si captivantes.
N'oublions pas de dire aux nombreuses personnes qui ont redemandé L'Exposition que pour les satisfaire, elle sera donnée supplémentairement à chaque spectacle.


Le Petit Troyen, Troyes, mercredi 24 octobre 1900, p. 3.

Le public qui répond favorablement aux vues animées est également constitué de lycéens. Le programme du jeudi 25 octobre est résolument constitué de vues religieuses :

Le Royal Viograph au Cirque
Délicieuse soirée, hier, au Cirque, où le "Royal Viograph " nous a conduit, deux heures durant, de surprises en enchantements. Le nombreux public qui remplissait la salle n’a pas ménagé ses bravos et chaque nouveau tableau a été accueilli par des acclamations. Ajoutons que les élèves du lycée assistaient en grand nombre à la représentation.
Aujourd’hui jeudi, en matinée, à 2 heures et demie, programme absolument spécial. Pour la dernière fois, la " Vie et la Passion du Christ ", suivies du magnifique tableau : " Le Christ marchant sur les flots. "
Ce soir, grande représentation avec le nouveau programme : ballets, féeries, trucs, voyages, etc., etc.


Le Petit Troyen, Troyes, jeudi 25 octobre 1900, p. 3.

C'est au tour des écoliers d'assister aux séances du Royal Viograph :

Le Royal Viograph au Cirque
Les élèves de nos écoles ont fait un accueil tel au nouveau programme du Royal Viograph que papas, mamans, grandes soeurs et grands frères, ont voulu absolument se rendre compte de visu si le récit des merveilles racontées n’avait pas été exagéré. Et tous en ont jugé.
Le Royal Viograph nous transporte en plein Orient, parmi les Radjahs, les Houris, les forêts enchantées où des personnes merveilleuses s’évaporent avec la fumée des cassolettes et des brûle-parfums. Il nous fait voir les Miracles du Brahmine, le titre en dit assez ; le Chevalier Mystère qui décapite les jeunes pages, embrochant leur tête avec son épée et roucoulant de délicieuses romances ; les arbres qui prennent vie, etc., etc.
Croyez-moi, si vous voulez vivre deux heures d’une vie de rêve, allez passer une soirée au Cirque et surtout hâtez-vous, car il n’y a aura plus que trois ou quatre soirées au plus.


Le Petit Troyen, Troyes, samedi 27 octobre 1900, p. 3.

À la fin octobre, le départ du Royal Viograph est déjà annoncé, un argument commercial pour ranimer l'intérêt du public. Une nouvelle vue est présente qui représente une Chasse au cerf :

Le Royal Viograph au Cirque
Pour ses quatre dernières représentations qui auront lieu ce soir mercredi, demain jeudi, samedi et dimanche prochain, la direction du Royal Viograph, reconnaissante du chaleureux accueil que lui a fait la population troyenne, donnera une chasse au cerf absolument inédite : La meute de Mme la duchesse d’Uzès poursuivant le cerf en forêt ; la traversée de l'étang ; l’hallali ; la curée aux flambeaux et enfin le repas des 450 chiens entourés d’une brillante assistance de chasseurs et chasseresses, constitueront le spectacle le plus beau et le plus sensationnel qui ait été vu, dans ce genre, jusqu’à ce jour.
Ajoutons que la direction, pour que l’illusion soit complète, s’est assurée le concours d’une fanfare composée des meilleurs sonneurs de la ville.
Dimanche soir, clôture irrévocable.Le Petit Troyen, Troyes, mercredi 31 octobre 1900, p. 3.

La présentation de ce film coïncide avec la Saint-Hubert, patron des chasseurs, qui est fêtée le 3 novembre. Quant à la duchesse d'Uzès, il s'agit d'une chasseresse passionnée :

Le Royal Viograph au Cirque
Le Royal Viograph a donné hier l’illusion d’une chasse au cerf qui a transporté l’auditoire dans les forêts de Chelles, le jour de la Saint-Hubert, avec accompagnement d'éclatantes fanfares sonnées par les meilleurs artistes de la ville.
De nombreux tableaux, les uns humoristiques, les autres fantastiques, ont achevé de mettre le public en belle humeur, et le Royal Viograph peut être assuré, avec un tel programme, de refuser du monde pour les quelques représentations qu’il donnera encore.
La clôture irrévocable est en effet fixée à dimanche soir. Qu’on se hâte.


Le Petit Troyen, Troyes, vendredi 2 novembre 1900, p. 3.

La fanfare du Rally Troyen apporte le complément musical à la chasse à courre :

Le Royal Viograph au Cirque
Une foule nombreuse se presse tous les soirs au cirque pour admirer la belle chasse au cerf qui s’y déroule aux sons joyeux de la fanfare du Rallye Troyen. Artistes et sonneurs doivent être satisfaits car des tonnerres d’applaudissements témoignent de l’enthousiasme général.
Irrévocablement dimanche soir aura lieu la dernière représentation du Royal Viograph.


Le Petit Troyen, Troyes, samedi 3 novembre 1900, p. 3.

La dernière a lieu le dimanche 4 novembre :

Le Royal Viograph au Cirque
Aujourd’hui, journée d’adieu du "Royal Viograph ". Grande matinée à 3 heures, avec le même programme que le soir.
Ce soir à 8 heures 1(2, représentation de clôture.


Le Petit Troyen, Troyes, dimanche 4 novembre 1900, p. 3.

Répertoire (autres titres) : Le panorama de l'Exposition, Vues de voyages en mer,  Paysages parcourus en chemin de fer (Le Petit Troyen, Troyes, mardi 16 octobre 1900, p. 3).

À la fin de ses représentations, Cyprien Lacabane et son Royal Viograph quittent Troyes pour Reims.

1901

Le Phono-Cinéma-Théâtre (Cirque Plège, 12-14 avril 1901)

Après avoir connu un succès relatif à l'Exposition Universelle de Paris, le phono-cinéma-théâtre va être présenté en France comme à l'étranger. Si les films ont été tournés, pour l'essentiel, par Clément-Maurice, l'inspiratrice de ce spectacle novateur est Marguerite Vrignault, directrice artistique. Lors de ces tournées, elle est accompagnée de l'opérateur Félix Mesguich. En provenance de Dijon, l'inauguration a lieu à Troyes au Cirque Plège, le 12 avril 1901 et nous disposons de la totalité du programme :

PHONO-CINEMA-THEATRE
Vendredi 12, Samedi 13 et Dimanche 14 avril
PROGRAMME
Vues panoramiques et animées de l’Exposition
Les Invalides — Le Petit Palais — Le Grand Palais — Les serres — La Seine — Palais des nations étrangères — Pont de l’Alma .— Vieux Paris — Trocadéro — Le Champ-de-Mars — L’Algérie — Ia Tunisie — La tour Eiffel —Palais de la Navigation— Palais des Eaux et Forêts — Globe céleste — Le Château-d’Eau — Palais de la Métallurgie — Pavillon bleu -— Le Tour du Monde.
On verra et on entendra :
PREMIÈRE PARTIE.. — L’Enfant prodigue, pantomime, musique de Wormser, par Mlle Felicia Mallet. — Danses slaves. — Roméo et Juliette (Ch. Gounod), M. Cossira, de l’Opéra. — Brunin, dans son répertoire. — Duel d’Hamlet : Mme Sarah Bernhardt ; Laërte, M. Pierre Magnier. — Ballet du Cid, dansé par Mme Zambelli, de l'Opéra. — Les Précieuses ridicules : Coquelin aîné, rôle de Mascarille ; Mlle Esquilar. Modelon ; M. Karwick, Cathos. — Footitt et Chocolat, du Nouveau-Cirque. 
DEUXIÈME PARTIE. — Les obsèques de la reine Victoria : Le char funèbre. A cheval ; le roi Edouard VII, l’empereur Guillaume, le duc de Connaught. les rois de Grèce et de Portugal, les princes étrangers. — Cyrano de Bergerac, Coquelin aîné. — Little Tich. intermède comique. — Danse Directoire (William Marie), dansée par Mlles Mante, de l’Opéra. — Le chapeau récalcitrant. — Mlle Mily-Meyer (chanson en crinoline). — Terpsychore, ballet du Palais de la Danse. — Mason et Forbes (excentrics américains) scène chez le photographe.


Le Petit Troyen, Troyes, 12 avril 1901, p. 3.

Si certaines vues sont d'origine incertaine - celle de l'Exposition Universelleou des obsèques de la reine Victoria -, la plupart des films présentés sont des vues qui appartiennent à la collection du Phono-Cinéma-Théâtre et donc aisément identifiables. Aprèes trois journées passées à Troyes, le Phono-Cinéma-Théâtre se rend à Chalon-sur-Sâone.

troyes mail saint nicolas

B.F. Paris, Troyes, Mail Saint-Nicolas (début XXe siècle)

1902

Le Cinématographe Camby (23 février-[23] mars 1902)

Alexandre Camby, l'une des figures importantes parmi les exploitants forains de cinématographe, propose à Troyes, des projections cinématographiques, à l'occasion de la foire de mars :

La foire de mars
On commence à dresser les baraques sur le champ de foire. Nous donnons ci-après la liste des principaux établissements qui y prendront place dès l’ouverture, qui aura lieu le 23 février :
Théâtres: Gallici Rancy, Cohen, Hazotte, veuve Canu, Clam, Carmelli, Remy, Gensons.
Cirque : Stellmann et Ercolé.
Manèges : Steppe, Béraud, Lambsrty, Berthereau.
Ménagerie : Pianet frères.
Cinématographe: Camby.
Pommes de terre frites: veuve Baudry, François Vitrant, Togoy, Douine, Vincent Bonta, Lepori Jean, Lepori Michel.
Choux de Paris: Lallement.
Musées et panoramas: Cambrésy, Hubert, Enjalbert, Délbauve, Mottard, Weber, Ralu, Lozeroff, Lemaire.


Le Petit Troyen, Troyes, 8 février 1902, p. 2.

Le théâtre Carmelli (Champ de foire, 23 février-[23] mars 1902)

La foire de mars commence le deuxième lundi de Carême, mais dans le fait, en 1902, les baraques ouvrent dès le dimanche. Au nombre des forains, on trouve le Professeur Carmelli :

La foire de mars
On commence à dresser les baraques sur le champ de foire. Nous donnons ci-après la liste des principaux établissements qui y prendront place dès l’ouverture, qui aura lieu le 23 février :
Théâtres: Gallici Rancy, Cohen, Hazotte, veuve Canu, Clam, Carmelli, Remy, Gensons.
Cirque : Stellmann et Ercolé.
Manèges : Steppe, Béraud, Lambsrty, Berthereau.
Ménagerie : Pianet frères.
Cinématographe: Camby.
Pommes de terre frites: veuve Baudry, François Vitrant, Togoy, Douine, Vincent Bonta, Lepori Jean, Lepori Michel.
Choux de Paris: Lallement.
Musées et panoramas: Cambrésy, Hubert, Enjalbert, Délbauve, Mottard, Weber, Ralu, Lozeroff, Lemaire.


Le Petit Troyen, Troyes, 8 février 1902, p. 2.

Aucune information ne permet de savoir si Carmelli compte un cinématographe au nombre de ses attractions, mais on peut penser qu'il en est ainsi, car il a l'habitude de proposer des projections cinématographiques.

1903

Le Cinématographe Lumière d'Alexandre Camby (Place du Lycée, 8 mars-avril 1903)

Alexandre Camby présente depuis de nombreuses années son cinématographe Lumière dans de multiples foires. Les loges et baraques ouvrent leurs portes le 8 mars 1903 :

Le Cinématographe Lumière
Parmi les nombreuses attractions qui, dimanche prochain, ouvriront leurs portes au public troyen, il en est une que nous assurons d'un gros succès. Nous voulons nommer le Cinématographe Lumière qui, sous la direction Camby, nous revient chaque année, place du Lycée, nous offrir de nouvelles féeries et faire revivre sous nos yeux les plus sensationnelles actualités de l'année.


Le Petit Troyen, Troyes, 5 mars 1903, p. 3.

Comme le souligne l'article, l'établissement de Camby est un habitué.

Le Théâtre Carmelli (Foire, 8 mars-avril 1903)

Le Professeur Carmelli, figure qui a acquis une notoriété certaine dans le monde de l'illusion, compte au nombre de ses numéros, des projections cinématographiques :

Le Théâtre Carmelli
Parmi les nombreuses attractions, nous devons citer le théâtre Carmelli qui nous apporte du nouveau. Citons d'abord Isoline, la Voyante musicienne, un prodige, dont le succès s'est grandement affirmé, sa puissance de mémoire est extraordinaire et dépasse ce que l'imagination peut concevoir. Citons encore le cinématographe perfectionné de M. Carmelli qui, dans plusieurs numéros, se révèle comme un opérateur doublé d'un magicien.


Le Petit Troyen, Troyes, 5 mars 1903, p. 3.

Un article publié quelques jours plus tard propose quelques compléments d'informations sur les attractions proposées :

Salon Carmelli
Le théâtre Carmelli a ouvert ses portes dimanche, et les nombreux visiteurs ont été agréablement surpris d’y trouver un confortable de bien-être aussi luxueux pour un théâtre forain, mais encore par le spectacle charmait et de bon goût qui y est présenté, car il y a là de vrais artistes, voire même des réputations de maître. Le professeur Carmelli, opérateur du théâtre Robert-Houdin, à Paris, est un maître dans l’art de la Magie, ainsi que l’attraction sensationnelle de la Voyante, musicienne Isoline de la Scala et des Folies-Bergère de Paris, qui est un sujet de curiosité remarquable. Le cinématographe perfectionné termine ce joli spectacle qui se fera dans notre ville une véritable réputation. En résumé, très beau spectacle pour les familles.
Aujourd’hui jeudi, le théâtre Carmelli donnera une grande soirée de gala. Ce sera une représentation brillante.


Le Petit Troyen, Troyes, 12 mars 1903, p. 3.

Même s'il est question de " cinématographe perfectionné ", l'expression est très souvent utilisé à des fins simplement publicitaires. Un autre entrefilet indique que l'appareil pourrait être un Lumière :

Le Théâtre Carmelli
Au théâtre Carmellli, on marche de merveille en merveille. Le spectacle est vraiment extraordinaire. Outre le célèbre professeur Carmelli dont la dextérité, l'adresse incomparable avec laquelle il présente ses tours en ont fait depuis longtemps le rara avis du genre, il y a aussi Isoline, miss Isoline, la sorcière, qui est absolument stupéfiante dans ses expériences extatiques de magnétisme. Ce remarquable sujet est une de nos grandes curiosités et attire au Théâtre Carmelli un grand nombre de spectateurs.
Les soirées, au Théâtre Carmelli, sont charmantes et se terminent agréablement par une série de vues cinématographiques Lumière des mieux choisies.


Le Petit Troyen, Troyes, 25 mars 1903, p. 3.

Mais aucune information sur les vues présentées par le cinématographe qui est une attraction parmi d'autres.

Le Royal Vio de Constantin Daue (Cirque Plège, 19 août-20 septembre 1903)

Le Royal Vio de Constantin Daue arrive à Troyes à la mi-août. La presse annonce la venue du responsable du cinématographe en rappelant que c'est la troisième fois que l'appareil vient à Troyes. Des éléments du programme sont également signalés :

Le Royal Vio au Cirque Plège
Le Royal Vio, que nous avons tous applaudi iI y a trois ans, nous revient, après une tournée triomphale, avec une collection considérable de tableaux nouveaux. Noue n’en citerons que quelques-uns qui feront partie du programme prochain, l'énumération complète en serait trop longue. Entr’autres :
Grand carrousel militaire; A travers les Indes; Les Walton, acrobates; Le miracle du Brahmine, grande féerie en couleurs; Rallye paper Hunt, couru à New-York le 15 juillet 1903; Les Omer’s dans leurs pantomimes américaines " Les Cambrioleurs modernes " ; La vie d’un joueur, grand drame en 6 actes.
Le Royal Vio annonce qu'il a l’intention de rester quelque temps à Troyes. Ce sera certainement des jours à succès.


Le Petit Troyen, Troyes, jeudi 13 août 1903, p. 3.

Quant à La Tribune de l'Aube, elle rappelle que le "Royal Vio" n'est autre que le "The Royal Viograph". Les séances ont lieu au  cirque Plège  :

Le Royal Vio. — Le Royal Vio, anciennement « The Royal Viograph » le même qui a obtenu à Troyes, il y a trois ans, un si grand succès, débutera de nouveau au Cirque Plège demain soir mercredi. Ses spectacles se composeront de tableaux sensationnels et absolument inédits.
Le Royal Vio mimera des pièces dramatiques à grand spectacle.


La Tribune de l'Aube, Troyes, mardi 18 août 1903, p. 3.

Le même journal, va consacrer un long article à l'inauguration des séances. Le journaliste se plaît à distinguer les films qui enregistrent "le réel" et ceux qui combinent des "scènes imaginaires" :

THE ROYAL VIO. — Le grand cinématographe connu sous le nom de Royal Vio, qui vint nous rendre visite il y a trois ans et qui laissa parmi nous une si bonne impression, nous est revenu.
Déjà deux représentations ont confirmé la nouveau succès de cette attraction, d’un modernisme si spécial et d’une si originale variété. Le public était nombreux au Cirque mercredi et hier soir et les bravos nourris des spectateurs ont salué chacune des trente et quelques scènes cinématographiques dont se compose chaque séance.
Ce genre de spectacle est aujourd’hui assez universellement connu pour que nous n’ayons pas à le décrire. On sait en quoi consistent ces scènes animées qui reproduisent fidèlement et avec la précision de la photographie les faits et gestes des gens et les incidents de l’existence. On en trouve maints exemples dans les sujets que nous met sous les yeux le Royal Vio. Nous citerons de ce nombre des manoeuvres de cavalerie, une charge de cuirassiers, des exercices acrobatiques exécutés par des équilibristes chinois, le Voyage en mer, et surtout une Course pédestre dans la campagne des environs de New York, qui avec ses sauts d'obstacles, ses plongeons dans des mares, etc. constitue, certes l’un des plus intéressants numéros du programme.
Mais la cinématographie ne se contente plus d’enregistrer seulement le réel. Elle est arrivée à combiner des scènes imaginaires et à leur donner l'intensité et le prestige de l’illusion du vécu. C’est ainsi que le Royal Vio nous a montré hier plusieurs scènes de féerie tout à fait captivantes par la prestesse des changements à vue et l'étrangeté des apparitions diaboliques et fantastiques, comme le Diable au Couvent, la Fée aux Choux, la Poule d’Or, poule qui pond des oeufs d’où sortent des poussins, que le préposé à la poule fait rentrer dans l’oeuf, qui rentre à son tour dans le... postérieur de la poule Citons encore dans ce genre fantaisiste les Sept Péchés capitaux, le Cake Walk dansé par des nègres, etc.
Du mélodrame en plusieurs tableaux, la Vie d’un Joueur, nous fait assister aux phases de l'existence et d’un malheureux, possédé du démon du jeu, qui assassine un usurier et finit sur l’échafaud.
D’autres numéros encore, amusant ou sérieux, complètent cette intéressante série de récréations à l’usage des grands et des petits. Bref c’est un spectacle bien fait pour plaire à tous et lotis et qui ne manquera pas, comme il l’a déjà fait jusqu'ici, d’amener au Cirque en grand nombre les amateurs de ces distractions artistiques.


La Tribune de l'Aube, Troyes, vendredi 21 août 1903, p. 3.

 Un autre compte rendu, publié par Le Petit Troyen permet de compléter l'information sur l'inauguration du Royal Vio :

The Royal Vio
Le Viograph qui, il y a quelque trois ans, a donné à Troyes une série de représentations de cinématographie, nous est revenu. C’est avant hier soir qu'il a donné au Cirque Plège sa première soirée et tout nous porte à croire qu’il retrouvera, cette année, le succès qu’il avait obtenu jadis dans notre ville. Le programme de cette première soirée ne comportait pas moins de trente numéros dont plusieurs ont duré plus de cinq minutes, ce qui est énorme, quand on songe au nombre de clichés successifs qu’il a fallu réunir pour arriver à de pareils résultats.
Il y a trois ans, les vues cinématographiques accusaient des vibrations qui nuisaient à l’effet : aujourd’hui elles ont acquis toute la fixité et la netteté désirables. Les scènes animées se déroulent sous les yeux du public avec une telle précision et une telle homogénéité que l’illusion est complète. On est en pleine réalité : on a la sensation de la vie même, et c’est ce qui rend tout à fait extraordinaire ce spectacle si varié, si attachant par le choix heureux des sujets tantôt comiques, tantôt dramatiques ou simplement pittoresques.
Nous citerons notamment les scènes de la Vie d’un Joueur qui constituent un véritable drame mimé, le Voyage aux Indes qui nous transporte en pleine vie asiatique, les transformations fantasmagoriques qui constituent à elles seules un spectacle dont aucune des féeries représentées sur nos théâtres ne peut donner une idée, les épisodes comiques tels que : Laisses-moi rêver, Batailles de dames, nos bons moines, etc., les reproductions d’exercices acrobatiques (les Waltors. — Miss Latour et son chien, Sauvetage extraordinaire, etc.), les pantomimes, les inénarrables clowneries des Omer’s, les charges de cavaleries, les courses pédestres à New-York, etc., etc. Nous nous arrêtons, car il nous faudrait citer tous les numéros.
Le succès a été complet et il ira grandissant de soirée en soirée. Le public, qui était nombreux avant-hier soir au cirque Plège, le sera plus encore aux représentations qui vont suivre et dont chacune comportera de nouveaux éléments d'attraction. Avec le Viograph, le cirque Plège va redevenir le rendez-vous des familles, car tout le monde, petits et grands, prendra le plus grand plaisir à un spectacle qui n’est pas seulement amusant, et parfois émouvant, mais qui encore est instructif.
Le Royal Vio a l’honneur d’informer le public que le bureau de location est ouvert tous les jours, de 2 heures à 5 heures du soir.


Le Petit Troyen, Troyes, vendredi 21 août 1903, p. 3.

Le changement de programme se produit une fois par semaine. La nouvelle série est présentée le mercredi 26 août :

The Royal Vio
La nouvelle série de tableaux inaugurée hier au Royal Vio est des plus remarquables. Elle a obtenu, c’était prévu, un fort joli succès.
La salle, d’ailleurs, était bien garnie et les spectateurs, intéressés au suprême degré, n’ont pas ménagé leurs bravos aux... artistes qui semblent, — tant l’illusion est complète, — se mouvoir derrière un écran transparent.
Citons parmi les 39 tableaux offerts chaque soir : L’Enterrement du chien, le Chevalier mystérieux, les Brothers, Chasse à l’homme, le Cake-walke [sic] chez les nains, la belle Otero, la Danse du feu, Incendie des Docks de New York (sensationnel), Jeanne d’Arc (grande féerie en 42 tableaux), etc.
A la demande générale, les numéros « Les Locataires désagréables » et « Les Omers » sont redonnés.


Le Petit Troyen, Troyes, jeudi 27 août 1903, p. 3.

Par ailleurs, le Royal Vio est conduit à adapter sa source d'énergie en fonction des situations. Dans le cas présent, il renonce à l'électricité pour préférer une énergie produite par une "machine à vapeur" :

Le Royal Vio:- Le succès du Royal Vio s'affirme de plus en plus, les images animées défilent chaque soir devant de nombreux spectateurs. Le programme, souvent renouvelé, permet aux personnes qui rendent plusieurs visites au cirque, d’y voir les tableaux qui n’avaient point passé aux soirées précédentes.
Quelques notes scientifiques :
On emploie de préférence l’électricité. Mais pour le cinématographe le courant de la Compagnie de Troyes était loin d'être suffisant. Aussi le directeur du Royal Vio, M. Daüe, a-t-il dû produire lui-même son électricité, A cet effet, il a installé dans une salle construite tout exprès, adossée au Cirque, une machine à vapeur d’une force de 12 chevaux. L’énergie mécanique est transmise à une dynamo qui la transforme en énergie électrique. Un courant de 75 ampères, sous tension de 110 volts, traverse les fils et donne la lumière nécessaire pour le projecteur et l’éclairage de la salle, Il faut donc, comme on le voit, un outillage important pour donner l’intéressant spectacle que les Troyens vont applaudir chaque soir.


La Tribune de l'Aube, Troyes, dimanche 30 août 1903, p. 2.

Il arrive que l'on puisse avoir une idée de l'auteur des articles publiées. C'est le cas de celui-ci :

The Royal Vio
La variété est le secret de plaire. En s’inspirant de ce principe, le Royal Vio a conquis e succès.
Il n’est pas douteux, en effet, que l’accueil fait par nos concitoyens à cet établissement est dû pour la plus large part à la composition du programme qui fait tour à tour passer le spectateur de l’intérêt éveillé à l’émotion poignante et au rire.
Ce soir le directeur, M. Daüe, offrira au public une nouvelle série de tableaux.
Aimez-vous l’original, la fantaisie comique ? La désopilante pantomime, l'Escargot et la Grenouille, vous servira à souhait.
Voulez-vous des impressions vécues ? Voici une Chasse au Cerf très mouvementée, et le Voyage de M. Loubet en Algérie. Vous éprouverez un réel plaisir à suivre pour ainsi dire pas à pas le président de la République et vous admirerez la superbe charge finale des spahis au Kreider.
Les différents épisodes de la guerre de Chine vous procureront également une émotion des plus intenses.
Les tableaux se succéderont ainsi tous aussi intéressants, mais tous avec une note variée. Nous ne les énumérerons pas ; ils sont trop nombreux. Nous préférons conseiller d’aller les voir.


Le Petit Troyen, Troyes, 2 septembre 1903, p. 3.

Il se trouve que les interrogations et les tournures des phrases sont semblables aux article que l'on retrouve dans la presse de Clermont-Ferrand, lors de la présentation du Royal Vio en mai 1902. On imagine qu'alors,  comme maintenant, l'auteur de ces lignes n'est autre que Constantin Daue lui-même.

La semaine suivante, un nouveau programme est proposé aux spectateurs troyens. Parmi les films, ceux du voyage du président Loubet en Algérie  et de la Guerre de Chine sont présentés en quelques lignes. On notera aussi le sens de l'humour du journaliste à propos de la tortue... et de M. Lièvre :

The Royal Vio
L’assiduité du public à chacune des représentations données par le manager du Royal Vio est à constater, mais elle s’explique d’elle-même par la beauté et l’imprévu du spectacle.
La troisième série inaugurée mercredi soir devant une salle bien garnie vaut les deux autres et certaines scènes obtiennent un vif succès de curiosité.
Ceux qui n’ont eu ni le temps ni les moyens de suivre M. Loubet, en Algérie, sont transportés par le cinématographe dans notre grande colonie africaine où ils assistent aux diverses phases du voyage présidentiel. L’illusion est complète et pour une somme modique, nos concitoyens prennent part à la Revue de l’escadre, à l’Arrivée du canot présidentiel, à la Réception du Président à la gare de Tlemcen, à l’Arrivée de M. Loubet à Constantine, à la Danse du ventre, exécutée devant le Président, à l’Arrivée de M. Loubet à la revue, au Défilé des zouaves, de l’infanterie et des tirailleurs, et enfin à la brillante Charge des spahis et des chasseurs.
Il en est également peu à Troyes qui aient, soit comme soldat, soit comme simple curieux, vu la guerre de Chine. Or, le Royal Vio fait manœuvrer devant vous les troupes alliées et vous introduit dans Tien-Tsin bombardée par la flotte internationale. Les monuments, les cases croulent sous les volées de mitraille et sur tous les points de la ville chinoise apparaissent les fulgurantes lueurs de l’incendie. L’effet est saisissant.
Une quantité de scènes comiques ou fantaisistes encadrent les superbes tableaux dont nous venons de parler L’une d'elles notamment, un pugilat de grenouilles et d’escargots, où la tortue intervient comme juge, est des plus cocasses. Bref, il faut voir tout cela. Et si, pour avoir trop ri à de certains moments, vous vous trouvez altéré, M. Lièvre, dans les entr’actes, ne demandera pas mieux que de vous servir des bocks bien frais. Rendez-vous donc, chaque soir, au Cirque.


Le Petit Troyen, Troyes, vendredi 4 septembre 1903, p. 3.

Les problèmes techniques sont le lot des responsables des appareils cinématographiques. Le Royal Vio n'échappe pas à ces difficultés :

Au Royal Vio
Un accident s’étant produit hier soir à la machine qui actionne les appareils projecteurs, la représentation n’a pu avoir lieu.
La direction nous prie de faire savoir au public que la réparation sera faite dans la matinée et que les représentations seront reprises ce soir.
Ajoutons, puisque nous parlons du Royal Vio, que.parmi les tableaux offerts au cirque au public, il en est un des plus intéressants; « La chasse au cerf ». Une douzaine de membres du Rallye troyen sonnant du cor, complètent absolument l’illusion.


Le Petit Troyen, Troyes, samedi 5 septembre 1903, p. 2.

La quatrième série des vues cinématographiques est présentée au cirque Plège, le mercredi 9 septembre. Pour l'occasion Le Petit Troyen publie la totalité du programme :

The Royal Vio
C’est devant une fort jolie salle qu’hier soir la direction du Royal Vio a inauguré sa quatrième série de tableaux.
Le programme ne comporte que des scènes absolument nouvelles pour Troyes. Le voici d’ailleurs au complet :
Première partie. — Voyage aux Indes anglaises : Fête des fleurs à Nice ; Voyage de noces désagréable ; Marché des bonnetiers à Yokohama ; La maison que Jacques a construite ; Pêcheur récalcitrant ; Fabrique de saucissons à Francfort ; Lutte de femmes ; 1870 ; Le président Krüger à Marseille et à Paris ; Illusionnistes fin de siècle.
Deuxième partie. — S. M. Nicolas II en France ; La Belle et la Bête (féerie) ; Une ferme dans l’Aube ; Ce que je vois ; Les éléphants dressés par Sam-Lockhard ; Le chien et la pipe ; Magie noire ; Chevaux plongeurs ; Le livre magique ; Grande course de taureaux à Madrid ; Sortie et entrée dans un collège américain ; Coucher de la mariée ; Le Salut de Dranem.
Troisième partie. — Le voyage de Chicago à San-Francisco, où se déroulent les panoramas pris du train et où on a la sensation de s'engouffrer soi-même dans des tunnels, sur des ponts de fer, entre de hauts talus, sur les chutes du Niagara, dans une course vertigineuse de 120 kilomètres à l'heure. Puis, pour clore le spectacle : Bébé gourmand ; Le Santos-Dumont nº 13 ; Les deux bavards ; Le premier cigare du collégien ; Entrée à Windsor du cirque Saüger [sic] ; Une tempête dans une chambre à coucher ; Bonsoir ! par Mlle Junita.
Dérangez-vous. Allez au Royal Vio. Vous ne perdrez ni votre argent, ni votre temps.


Le Petit Troyen, Troyes, jeudi 10 septembre 1903, p. 3.

Le titre Une ferme dans l'Aube laisserait penser qu'il s'agit d'une vue locale, mais le Royal Vio a présenté, ailleurs, un film sous le titre Une ferme en Normandie (Le Journal de Caen, Caen, jeudi 27 juin 1901, p. 2). Or, il n'est pas exceptionnel que les exploitants "actualisent" des vues difficilement localisables pour les ancrer dans telle ou telle région. L'hypothèse se conforte lorsque l'on sait que les responsables ont l'habitude de mettre en avant les vues locales, ce qui n'est pas le cas en l'occurrence.

Au cours des derniers jours de présentation, cédant en cela à une pratique habituelle pour le Royal Vio, Constantin Daue réduit le prix d'entrée. Le public ciblé est celui de "la classe ouvrière" :

The Royal Vio
Après une longue série de spectacles fort intéressants et auxquels la grande majorité de nos concitoyens ont assisté, M. Daüe, directeur du Royal Vio, vient de décider de faire profiter de ses représentations la classe ouvrière de notre ville. A cet effet, il a réduit, pour la soirée d’aujourd'hui, ses prix de moitié. Deux personnes entrant ensemble et munies du bon prime que nous publions d’autre part ne paieront donc que pour une place, soit aux premières, soit aux secondes, soit aux troisièmes. Félicitons M. Daüe de la mesure, empreinte de la plus délicate attention à l’égard des gens peu aisés, qu’il vient de prendre, et remercions-le au nom de la grande et intéressante famille des travailleurs qu’il a spécialement voulu favoriser.


Le Petit Troyen, Troyes, mardi 15 septembre 1903, p. 3.

troyes 1903 royal vio

Le Petit Troyen, Troyes, mardi 15 septembre 1903, p. 3.

Le départ du Royal Vio s'annonce et c'est l'occasion pour le journaliste anonyme - peut-être s'agit-il ici encore de Daue - de vanter les mérites de l'appareil cinématographique :

The Royal Vio
Encore quelques jours et le Royal Vio nous quittera pour continuer à travers la France sa tournée triomphale.
Le succès qui l'accompagne ne s’est pas démenti un seul instant. Partout où il passe il plaît, car il instruit, amuse, et intéresse toujours, petits et grands.
Le Royal Vio est entré dans sa semaine de clôture. Ses dernières soirées comporteront des programmes renouvelés et augmentés. Et, excellente aubaine dont les retardataires — s’il en reste encore — profiteront, le prix d’entrée demeurera invariablement réduit de 50% : 75 centimes les stalles; 0,50 les premières; 0,25 les secondes.
Ce soir de nouveaux tableaux viendront grossir le programme ordinaire.


Le Petit Troyen, Troyes, mercredi 16 septembre 1903, p. 3.

La clôture a lieu le dimanche 19 septembre et Constantin Daue reprend sa tournée :

Les adieux du Royal Vio
Après un long mois de succès ininterrompus, le Royal Vio qui, à Troyes, a fait courir petits et grands, va nous quitter.
Sa dernière représentation aura lieu ce soir. Inutile de dire que pour ses adieux à nos concitoyens, le spectacle qu’il leur offrira sera des plus importants et des plus intéressants tant par le nombre des tableaux que par le choix des sujets. On sait que le Royal Viograph avait déjà donné à Troyes, il y a 3 ans, une série de brillantes soirées. Après ce nouveau départ, reviendra-t-il encore? On ne le sait, pas même le directeur lui-même, qui va continuer sa tournée en France et à l’étranger. Il faut profiler du dernier spectacle du Royal Vio. A ce soir, donc. Et souhaitons à M. Daüe de trouver, comme à Troyes, partout où il passera, la même faveur populaire.


Le Petit Troyen, Troyes, dimanche 20 septembre 1903, p. 3.

Répertoire (autres titres) : Le Couronnement d'Edouard VII (avec ses extraordinaires et interminables défilés de troupes au milieu d’une population en délire, acclamant son nouveau roi), Manœuvres navales, La Loïe FullerLa Danse du feu (La Tribune de l'Aube, Troyes, lundi 31 août 1903, p. 3), Course de taureaux à Madrid (par Manzzantini, Bambito et Gerita, réunissant toutes les péripéties d’une course de taureaux, depuis l’entrée de la quadrilla jusqu’à la mort et l’enlèvement de la bête, le taureau est estoqué avec maestria par le célèbre matador Gerita) (Le Petit Troyen, Troyes, mercredi 9 septembre 1903, p. 2).

 

1904

Le Salon Carmelli (Champ-de-Foire, avril 1904)

Une nouvelle fois, le Professeur Carmelli est de retour à Troyes pour la foire de mars :

La foire de Pâques.-Aujourd'hui le Jard retentit des joyeuses fanfares des nombreux forains installés pour la foire : c'est le théâtre Hector, si avantageusement connu ; le salon du prestidigitateur Carmelli, l'émule de Robert Houdin ; le grand cirque de Mme veuve Caron, composé de 45 artistes et 35 chevaux ; les Montagnes russes ; le manège Charton, etc.
Puisse le beau temps se maintenir pendant toute la durée de ces fêtes.


Le Petit Troyen, Troyes, 3 avril 1904, p. 2.

1905

Le Cinématographe-Lumière (Place du lycée, 18 mars 1905)

Les foires de Troyes attirent de nombreux forains dont  le propriétaire du Cinématographe-Lumière :

LES FOIRES
PLACE DU LYCÉE
[...]
Le Cinématographe-Lumière
Dernières actualités de la guerre russo-japonaise. Vues locales. Blanche de Paunac, la moderne pythonisse et Laurencio dans ses scènes à transformations.


Le Petit Troyen, Troyes, 18 mars 1905, p. 4.

Le forain a la capacité de tourner des vues locales, dont les titres ne nous sont pas parvenus. En outre, il peut compter sur la célèbre voyante, la " mystérieuse " Blanche de Paunac, également connue comme la " Dame blanche "

paunac blanche

La Mystérieuse Blanche de Paunac (c. 1902)

Le Théâtre-Salon Carmelli-Ancillotti (Place du lycée, 18 mars-avril 1905)

Le prestidigitateur Carmelli parcourt depuis plusieurs années les foires et présente, parmi d'autres attractions, un cinématographe. Pour la foire de mars, il présente ses dernières attractions :

Théâtre-salon Carmelli
Carmelli, le plus fort prestidigitateur du monde ; Les Gaby's dans leurs excentricités ; Le Royal Vito, illusion à grand spectacle.


Le Petit Troyen, Troyes, 18 mars 1905, p. 4.

L'appareil porte le nom de Royal Vito. Au bout de quelques jours le Théâtre-Salon Carmelli et l'établissement Anciollotti vont fusionner, pour des raisons inconnues :

FOIRES Carmelli et Ancillotti Les établissements Carmelli et Ancillotti ont fusionné. Très intéressants dans l’un comme dans l’autre, les spectacles fondus désormais en un seul, sur la même scène, vont acquérir une importance exceptionnelle. Aujourd’hui, à 8 heures ½, inauguration de la nouvelle combinaison par une grande soirée de gala qui se recommande tout particulièrement aux familles. Douze numéros au moins seront présentés, notamment Carmelli, le plus fort prestidigitateur connu, les Gaby’s, le Royal Vito, le Chien voyant, Fregoli dans ses merveilleuses scènes à transformations, la petite chanteuse Ida, etc., etc. Comme on le voit, Carmelli et Ancillotti vont, à partir d’aujourd’hui, donner une série de remarquables spectacles. Puisse leur théâtre de la place du Lycée être assez spacieux pour contenir la foule qu’un tel programme attirera à ses portes.


Le Petit Troyen, Troyes, 21 mars 1905, p. 3.

L'un des succès du moment est le numéro du " "chien voyant " qu'apporte Ancilotti. Quant à " Fregoli ", il s'agit de l'un des nombreux imitateurs du célèbre transformiste italien Leopoldo Frégoli qui n'en est pas à parcourir les foires et qui se trouve à ce moment-là à Madrid.

LES FOIRES
Théâtre Carmelli
La première séance donnée au charmant petit théâtre Carmelli, avec le concours de M. Ancillotti a été vraiment des plus curieuses. Le chien voyant, phénomène tout à fait extraordinaire, constitue un numéro qui, à lui seul, suffirait à attirer la foule. Les scènes à transformations exécutées par M. Ancillotti sont un nouvel attrait pour le public. La rapidité avec laquelle M. Ancillotti, véritable Protée, change de personnage, est inouïe. Les exercices de prestidigitation si élégamment présentés par M. Carmelli tiennent, en quelque sorte, du prodige. Il n’est pas jusqu’à la petite Ancillotti, une fillette de six ans, qui ne mérite d’être signalée. Avec un talent d’imitation surprenant pour son âge, elle reproduit les gestes, les intonations de nos chanteuses des cafés-concerts à la mode ; c’est amusant et gracieux au possible. Enfin, les vues cinématographiques qui terminent la représentation sont des plus variées et des plus intéressantes. Elles font revivre, sous les yeux des spectateurs, des scènes aussi mouvementées que dramatiques. Les familles ont de bonnes soirées à passer au Théâtre Carmelli ; qu’elles en profitent.


Le Petit Troyen, Troyes, 23 mars 1905, p. 2.

En réalité, le transformiste n'est autre que M. Ancillotti lui-même. Pour le reste, l'article est fort élogieux, mais il arrive souvent que les forains eux-mêmes fassent passer des articles dans la presse.

Théâtre hollandais (Boulevard Victor-Hugo, 18 mars-avril 1905)

Le Directeur Cohen, qui dirige son établissement depuis au moins 1890, a intégré tardivement le cinématographe à ses attractions, sans doute en cette année 1905 :

Théâtre hollandais
Cinématographe et attractions diverses. (Direction. Cohen).


Le Petit Troyen, Troyes, 18 mars 1905, p. 4.

Théâtre des attractions modernes (Boulevard Victor-Hugo, 18 mars-avril 1905)

Membre d'une grande famille de forains, Maurice Dulaar a monté une loge foraine, le " Théâtre des attractions modernes " qui tourne depuis peu :

Théâtre des attractions modernes
Grand succès. Cinématographe américain populaire. Spectacle irréprochable malgré la modicité de ses prix.


Le Petit Troyen, Troyes, 18 mars 1905, p. 4.

Les qualificatifs " américain " et " populaire " doivent être pris pour ce qu'ils sont, des effets publicitaires.

Le Cinématographe automobile (Cirque Municipal, 10 octobre- novembre 1905)

Provenant de Sedan, une voiture de la société " le Cinématographe automobile ", une entreprise originale d'Alfred Bréard, va s'installer pour plusieurs semaines à Troyes. C'est la première fois que cela se produit, car habituellement le responsable donne quelques séances avant de repartir. La première annonce, à caractère publicitaire est publiée dans les premiers jours d'octobre :

Cirque municipal de Troyes
Mardi 10 octobre 1905 et jours suivants : Cinématographe automobile, pour la première fois à Troyes. Le plus grand et le plus important des cinématographes connus à ce jour avec vues en couleurs. Concessionnaire du Petit Journal. Exploité en ce moment à Paris à Bataclan, avec un très grand succès.


Le Petit Troyen, Troyes, 7 octobre 1905, p. 2.

Un compte rendu, un peu plus étoffé, nous permet d'obtenir un certain nombre d'informations complémentaires, en particulier sur le programme de films proposés au public troyen :

Cirque Municipal
La première représentation du " Cinématographe Automobile " a eu lieu mardi soir au Cirque municipal et a obtenu un franc succès, Le " Cinématographe Automobile " est une des curiosités du jour : il défie toute comparaison, peut-on dire, avec les spectacles similaires. 
Les projections sont d’une pureté et d'une fixité absolues : pas de trépidation, par la moindre solution de continuité : le spectateur éprouve réellement la sensation de la réalité.
Les représentations du " Cinématographe Automobile " se succéderont sans interruption, M. Dauriac ayant traité avec la Compagnie propriétaire du brevet pour une assez longue période : le spectacle sera changé toutes les semaines. Le programme des représentations de cette semaine est des plus copieux et des plus variés.
Parmi les numéros à sensation qui ont été particulièrement applaudis, mardi soir, nous citerons La pêche à la baleine, La Revanche d’Auguste, fantaisies des plus gaies, La Vengeance d’un père, véritable drame mimé en 8 tableaux.
Nous avons vu le désopilant Dranem en mitron, Dranem qui fait aujourd’hui courir tout Paris à l’Eldorado.
La Fausse Accusation, drame en 9 tableaux, à grand effet, a été non moins applaudi que l'Incendie de ChicagoUn Intérieur de Coulisses et le Retour des Vacances, numéro amusant au possible.
Il nous est agréable de constater que M. Dauriac, le nouveau directeur de notre théâtre, qui s’est en même temps chargé de la direction du cirque, s’efforce de procurer au public troyen l’occasion de passer d’excellentes soirées. Son spectacle du cirque est tout à fait attrayant et nous permettra d’attendre sans trop d’impatience la construction de la scène que M. Jandelle, l’architecte bien connu, doit ériger au cirque pour les représentations et les concerts qui seront donnés ultérieurement. 
Voici le programme des soirées de cette semaine :
Première partie.— La pêche à la baleine. — Omnibus des fous.— Saumur (carrousel des officiers). — Déjeuner de Minet. — Revanche d’Auguste.—  " Vengeance d’un Père ", drame en 8 tableaux. 
Deuxième partie.— La revue du 14 juillet.— Le mitron.— Santos-Dumont.— Un duel manqué. — " Fausse Accusation ", drame en 9 tableaux.
Troisième partie. — L’incendie de Chicago. — La cible.— Tobbogan.— Trop rogner nuit. — Derrière les coulisses.— Retour des vacances.


Le Petit Troyen, Troyes, 12 octobre 1905, p. 3.

Même si l'essentiel du programme est constitué de vues Pathé, nous trouvons également des films Méliès ou Gaumont. Le cinématographe automobile va interrompre ses projections à Troyes, pour se rendre à Bohain où deux séances sont organisées les 17 et 18 octobre. Dans les jours suivants, les quelques entrefilets n'apportent aucune information particulière, à l'exception du chauffage mis en route pour le confort des spectateurs (Le Petit Troyen, Troyes, 19 octobre 1905, p. 2). Comme cela est une habitude adoptée depuis les origines, une soirée est organisée pour les enfants des écoles :

Cirque Municipal
Ce soir, au cirque municipal, une matinée enfantine est offerte aux élèves des écoles de Troyes. Le prix en est fixé à 30 centimes par enfant. Les personnes qui désireraient accompagner les enfants ne paieront que demi-place cette représentation.
Le cinématographe automobile sera ce soir un très grand succès qui sera d’ailleurs mérité.


Le Petit Troyen, Troyes, 27 octobre 1905, p. 3.

Une offre malgré tout payante... Après trois semaines de spectacle, le Cinématographe Automobile annonce son départ prochain : 

Cirque Municipal
Le Cinématographe automobile cède la place aux constructeurs qui établissent la scène érigée au cirque municipal par les soins de M. Jandelle, l'architecte parisien et qui sera inaugurée le samedi 11 novembre.
C’est donc le dernier programme et les dernières représentations du cinématographe. II n’y aura plus que trois séances au cirque municipal : mercredi 1er novembre, samedi 4 et dimanche 5.
Le programme qui clôture est encore plus intéressant que les précédents et laissera des regrets aux habitués du cinématographe.


Le Petit Troyen, Troyes, 30 octobre 1905, p. 2.

Avant son départ définitif, le Cinématographe Automobile va proposer une vue inédite tournées en Espagne à l'occasion du voyage du président Loubet :

Cirque Municipal
A partir de ce soir, dans le nouveau programme, sera intercalé une vue de toute actualité.
C’est la course de taureaux qui a été donnée à Madrid en l’honneur de M. Loubet, président de la République.
Les courses ont été cinématographiées par les soins du Cinématographe Automobile, et pour sa dernière semaine la Société nous donne cette primeur. Soirées jeudi, samedi et dimanche clôture.


Le Petit Troyen, Troyes, 1er novembre 1905, p. 2.

L'annonce d'un tournage par le Cinématographe Automobile, toujours possible, pourrait, en l'occurrence, être d'ordre plutôt publicitaire. Mais une erreur semble s'être glissée dans les informations :

Cirque Municipal
C’est par erreur que nous avons annoncé une représentation du Cinématographe automobile pour ce soir. Les deux dernières représentations auront lieu samedi et dimanche avec l’actualité " La course de taureaux offerte à Madrid à M. Loubet, président de la République. "
On peut voir en ce moment les travaux qui se font au Cirque municipal, pour la construction de la nouvelle scène qui sera inaugurée le 11 novembre, par M. Dauriac avec une troupe de music hall.


Le Petit Troyen, Troyes, 2 novembre 1905, p. 3.

1906

Alhambra Théâtre (Mail du Lycée, 9 mars-avril 1906)

L'Alhambra-Théâtre, dont le nom semble directement inspiré de la salle londonienne, s'installe sur le champ de foire. Le cinématographe fait partie des attractions, même s'il ne semble pas occuper une place prépondérante : 

Alhambra-Théâtre
tous les soirs à 9 heures spectacle complet et varié. Matinées jeudis, dimanches et jours fériés. Photographie animée des grands événements mondiaux. Vision d'art. Enigme vivante. Fantaisie cosmopolite. Léo d'Aley, la Brahmine, le radium et autres attractions.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

Le Palais des Fantoches de Philippe Nicolas (Mail du Lycée, 9 mars-avril 1906)

Le Palais des Fantoches présente de multiples attractions dont un cinématographe Gaumont :

Palais des fantoches
Jewel Holden. Direction Philippe Nicolas. Troupe merveilleuse d'artistes automates. Danses, acrobatie, scènes comiques, métamorphoses, ballets pantomimes, Cinématographe Gaumont. Vues récentes. Représentation tous les jours à 3 h. et à 8 h 1/2.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

 Si les vues sont annoncées comme récentes, nous n'en connaissons ni le titre, ni le contenu.

Salon-Lumière (Mail du Lycée, 9 mars-avril 1906)

Alexandre Camby est un habitué des foires, et il présente depuis longtemps son cinématographe Lumière :

Salon-Lumière
Direction Camby. Cinématographe Lumière. Vues nouvelles et inédites à Troyes.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

Si nous connaissons le nom de l'appareil, tel n'est pas le cas avec les titres des vues animées.

Théâtre hollandais (Boulevard Victor-Hugo, 9 mars-avril 1906)

Déjà présent l'année précédente, le Théâtre hollandais propose, entre autres attractions, un Royal-Vito, appareil pour projections animées similaires à celui qu'a présenté, en mars 1905, le prestidigitateur Carmelli :

Théâtre hollandais
Direction Cohen. Numéros nombreux et attrayants. Intermèdes variés par les clowns. Chaque soir pantomime et le Royal-Vito.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

troyes foire de mars

J.M., Troyes- Foires de Mars-Boulevard Victor-Hugo (circulée en 1910)

Le Théâtre féerique Bénévol (Boulevard Victor-Hugo, 9 mars-avril 1906)

L'artiste Bénévol, surtout connu par ses tours dont la très célèbre " décapitation ", inclut dans ses spectacles un cinématographe américain :

Théâtre Féerique Bénévol
160 minutes à passer agréablement. Les 4 plus grandes merveilles de notre époque Le roi des illusionnistes, miss Ida, la sorcière Fosca, et le cinématographe américain.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

Théâtre des Attractions Modernes (Boulevard Victor-Hugo, 9 mars-avril 1906)

Maurice Dulaar, frère d'Abraham et Jérôme, dirige depuis deux ans un établissement forain, le Théâtre des Attractions Modernes qui offre des projections animées :

Théâtre des Attractions Modernes
Direction Du Laar. Cinématographe populaire, visions idéales 10 centimes.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.