BOUGIE

Jean-Claude SEGUIN

Bougie est une ville d'Algérie.

1896

Cinématographe (Grand Café Glacier, 24-[31] décembre 1896)

L'appareil qui arrive à Bougie en décembre 1896 parcourt l'Algérie depuis plusieurs semaines. Peu avant, il a organisé des projections à Tlemcen. Nous ne connaissons pas l'origine de l'appareil et si l'opérateur n'a pas changé, il pourrait s'agir de M. Poordy. A priori, les séances prévues ont lieu les 27 et 28 décembre. Il s'agit d'un spectacle qui combine les projections cinématographiques et les numéros de magie et de divination conduits par le professeur Marga :

Le Cinématographe. — M. Georges Demeny songeait, il y a quelque temps,à utiliser l’appareil chronophotographique, pour enregistrer les mouvements élémentaires d'un sujet parlant ; le résultat fut si complet que des élèves de l'École des Sourds-muets, amenés devant la série photographique, purent reconstituer le cri de Vive la France et le Je vous aime, qu’avait prononcés le sujet photographié.
De là à obtenir la photographie animée, il n'y avait qu'un pas à faire. Ce pas, le cinématographe l'a franchi.
Nous pouvons donc annoncer à nos lecteurs et lectrices qu'ils pourront admirer dans deux ou trois jours, de merveilleuses projections de photographies vivantes et animées, donnant l'illusion complète de la vie.
Ils pourront voir défiler sous leurs yeux Un régiment en marche, Une scène de lutte, Les laveuses sur la Seine, etc., etc., etc.
La soirée sera complétée par les curieuses expériences du professeur Marga, magnétiseur de l'École de Paris, et son incomparable sujet Mademoiselle Blanche, pour la première fois en cette ville, les transmissions musicales sur le violon exécutées par le sujet à l'état d'hypnose, suivies de écritures sous dictée mentale.
Cette charmante soirée, à laquelle nos concitoyens tiendront à assister en foule aura lieu dans la salle du grand café Glacier le dimanche 27 à huit heures du soir.


L'Oued-Sahel, Bougie, 27 décembre 1896, p. 3.

Le succès du spectacle et des vues animées explique que l'équipe prolonge son séjour pour deux nouvelles présentations en toute fin d'année : 

Café Glacier. — Dimanche et lundi les familles sont venues en foule au café Glacier y applaudir les excellents artistes qui les avaient conviées à un spectacle intéressant entre tous.
Le programme était, au reste, des plus variés.
M. Marga a d'abord émerveillé l'assistance par ses tours de prestidigitation si habilement exécutés.
Il nous a ensuite présenté Mlle Blanche dont la stupéfiante mémoire st certainement beaucoup plus sûre que la fidélité féminine.
Les expériences de suggestion et de transmission musicale sur le sujet à l'état d'hypnose ont par-dessus tout émerveillé les spectateurs.
Quant au cinématographe, il suffirait à lui seul à expliquer l'empressement extraordinaire du public à suivre les merveilleuses séances qui nous ont été offertes.
Citerons-nous le Buveur de bière, Défense d'afficher, La partie de saute-mouton, L'entrée d'un train en gare, etc., etc.
Cédant aux pressantes sollicitations de nos concitoyens les imprésarios ont décidé que deux soirées seraient encore offertes au public ce soir à 8 heures et le jeudi 31 courant au café Glacier.


L'Oued-Sahel, Bougie, 31 décembre 1896, p. 3.

Il est probable que le propriétaire de l'appareil soit passé par un revendeur car on trouve à la fois des vues Pathé et des vues Méliès.

1897

Le Cinématographe Joly de Louis Vernet (16-21 mars 1897)

Louis Vernet, accompagné de Jean Prinsac, arrive à Bougie le vendredi 12 mars 1897 afin de chercher un local pour pouvoir présenter le cinématographe Joly :

Nous sommes restés à Alger jusqu’à jeudi soir ou nous avons pris le bateau qui nous a apporté ici d'ou nous avons failli repartir sans pouvoir faire quoique ce soit point de local ou du moins on ne voulait pas nous louer le seul qui put nous servir sous prétexte qu'on était en pourparler avec une personne qui est venue ici lundi et qui n'a pas vu d’inconvénients a retarder de 5 j. l'ouverture de sa salle qui est celle de l'ancien café de la Bourse nous sommes magnifiquement installés, on ne peut mieux placés.
[...]
Là enfin nous sommes a Bougie installés nous avons l'électricité et ça a l'air de vouloir marcher pour notre 1ere soirée nous avons fait 56 f.
Bougie est bien le plus beau pays que l'on puisse voir et que nous ayons encore rencontré sur notre route la mer forme un golfe bien fermé, on dirait un lac, entouré de montagnes du plus magnifique pittoresque et d'une très grande élévation, leurs flancs sont couverts de neige qui descend très bas. je ne puis mieux te comparer ce pays ci qu'à la Suisse, c'est admirable nous n'avions encore rien vu de pareil.


Jean Prinsac, À Gaston Prinsac, Bougie, 17 mars 1897.

La presse se fait l'écho de l'arrivée de cet appareil et annonce que les séances vont bientôt commencer :

Le Cinématographe.-Nous sommes heureux d'annoncer à nos lecteurs, qu'un cinématographe fonctionnera dans notre localité pensant trois ou quatre jours.
Parmi sa belle collection figure le cortège complet du tzar à Paris, souvenir inoubliable des fêtes franco-russes, ainsi que de nombreuses scènes comiques et de bon goût.
Nous souhaitons aux possesseurs de ce merveilleux appareil le grand succès qu'ils ont remporté dans leur tournée en Algérie.
Des bulletins et des publications donneront ultérieurement le lieu et l'heure des séances.


L'Oued-Sahel, Bougie, 14 mars 1897, p. 3. 

1898

1899

Le graphophone de M. Morier (avril 1899)

M. Morier, ouvrier de la Compagnie Général des Cinématographes - il pourrait s'agit de la maison Pathé -, propose des auditions à Bougie :

CHRONIQUE LOCALE ET RÉGIONALE
M. Morier, principal ouvrier de la Cie Générale des cinématographes de Paris étant de passage à Bougie se tiendra jusqu'à mardi, à la disposition des familles qui désireraient entendre 13 morceaux différents de son répertoire sur le grafophone.
M. Morier ne prend que quatre francs par soirée. Réclamer l'adresse au bureau du journal.


L'Oued-Sahel, Bougie, dimanche 9 avril 1899, p. 3.

Le Cinématographe de M. David (Café de la Bourse, <6->9 juillet 1899)

J. David présente son cinématographe à Bougie en juillet 1899. Sa présentation de la Passion de N. S. Jésus Christ.

CHRONIQUE THÉÂTRALE
AUTOUR
d'une Séance de Cinématographe
M. le Professeur David est un habile homme.
Par une savante alliance du sacré au profane, il a su composer un programme de soirées attrayantes pour les familles.
Regrettons à ce sujet, car M. David nous a fait part de ses nombreux déboires au cours de l'organisation de ses soirées dans notre pseudo Théâtre, que les tarifs appliqués par notre municipalité soient beaucoup trop élevés et éloignent bien souvent des troupes, qui nous aideraient à passer plus agréablement les longues soirées d'hiver.
Ce n'est point que ces tarifs soient exorbitants, mais ils ne répondent nullement à ce que l'on donne aux artistes en échange : un hall très petit, mal éclairé et dont les somptueuses décorations pourraient plaire seulement à des sauvages de l'île de Bornéo ou à des Papouas. Les frais d'organisation d'une soirée s'élèvent à près de 80 francs y compris les droits d'auteurs. C'est un joli profit pour la Ville, qui devrait lui permettre de restaurer les remarquables tableaux d'un Maître ignoré qui encadrent si aimablement la scène.
Mais revenons au véritable sujet de notre chronique.
Le clou du programme de M. David est la représentation cinématographique de la Passion de N. S. Jésus Christ. Il est inutile de rappeler à mes bienveillants lecteurs que les tableaux photographiés n'ont pas été pris sur nature, pour la bonne raison que le cinématographe n'était pas inventé, mais en tous les cas, c'est rudement bien imité.
Tellement bien imité, que quelques rares spectateurs, emportés par une belle ardeur religieuse, se sont laissés aller jusqu'à proférer des cris injurieux contre les juifs. Si leur instruction religieuse avait été complète, s'ils avaient été pénétrés de la belle philosophie qui se dégage de l'Evangile, ils auraient compris que Jésus fut le premier socialiste du Monde, que son amour du prochain fit la force de sa doctrine morale qui repose sur ces belles paroles :
" Aimez-vous les uns les autres ! "» Mais se les rappelant cette fois, ils me pardonneront ce léger rappel aux convenances.
La plupart des tableaux des scènes de la Passion sont d'une netteté et d'une expression remarquables, et l'on ne sait ce que l'on doit le plus admirer, de la richesse et de l'exactitude des costumes ou du jeu parfait des artistes qui représentèrent les différents personnages de la lugubre tragédie de la vie de Jésus. Pendant la prière sur le Golgotha, l'on croirait entendre les sanglots et les appels désespérés du Rédempteur à Dieu, réclamant le pardon et la pitié pour les hommes qu'il aima tant. La chair souffre et y palpite sur la croix, le corps est secoué, se tord dans les affres de l'agonie et l'impression qui se dégage de cette émouvante scène est le prosélytisme universel qui résultera de ce long martyr.
Et je pensais avec stupeur que si Morinaud eût songé à accompagner ses discours aux Napolitains, de ces vues du cinématographe, il l'eût emporté avec une bien plus grosse majorité.
Voilà donc un nouveau moyen de propagande électorale recommandé aux candidats qui se servent des passions religieuses, pour obtenir un mandat, d'électeurs qui n'ont certainement jamais entendu souffler mot de Renan, non plus que du véritable socialisme.
C'est ce que nous nous proposons de leur apprendre bientôt.
Et je termine en félicitant vivement M. David du choix heureux qu'il a su faire de tous les sujets représentés.
Le Pompier a.


L'Oued-Sahel, Bougie, 6 juillet 1899, p. 2. 

L'origine de la Passion est incertaine, il pourrait s'agir de la version Pathé ou de celle de maison Lumière. Un autre bref article annonce une nouvelle séance de cinématographie :

Attractions.-Nous rappelons à nos lecteurs que ce soir au café de la Bourse, le professeur David donnera une représentation de cinématographe et de phonographe.


L'Oued-Sahel, Bougie, 9 juillet 1899, p. 2.

1900

Le Royal Biographe (Place Gueydon, [25]->29 novembre 1900)

Le Royal Biographe s'installe à Bougie dans les derniers jours de novembre 1900 :

Le Royal Biographe. Nos concitoyens verront avec plaisir l'installation sur la place Gueydon, du Royal Biographe ou Cinématographe perfectionné.
Le programme que nous avons reçu, [com]porte de grandes attractions, entre autres l'Episode de la guerre du Transwal.
Nous engageons les familles à se rendre au Royal Biograph; elle seront enchantées de leur soirée.


L'Oued-Sahel, Bougie, 25 novembre 1900, p. 3.

Il continue à proposer des films au cours des jours suivants :

Au Royal Biographe.-Tous les soirs grande séance du Cinématographe perfectionnée. Le Tout-Bougie se donne rendez-vous le soir, dans son salon, place de Gueydon.
Tous les trois jours, changement de spectacle.


L'Oued-Sahel, Bougie, 29 novembre 1900, p. 3.

bougie place-gueydon

J. Gleiser. Alger, Bougie-Place de Gueydon (c. 1900)

1901

Le Cinématographe de M. Magis (Place de la Marine, 16 janvier 1904)

M. Magis présente son Palais des Singes sur la Place de la Marine. Le spectacle se termine par des projections cinématographiques : 

Palais des Singes. Place de la Marine.
Une bonne nouvelle pour nos concitoyens M. Magis vient d'arriver dans notre ville avec ses pensionnaires.
On se souvient des agréables soirées que nous a fait passer M. Magis lors de son dernier passage à Bougie; aussi lui présageons-nous le plus franc succès. C'est ce soir samedi 16 courant à 8 heures 1/2 du soir qu'aura lieu le première représentation.
Chaque représentation sera terminée par le Cinématographe Lumière.


L'Oued-Sahel, Bougie, 17 janvier 1904, p. 4.

bougie place de la marine

ND Phot., Bougie.-La Place de la Marine (début XXe siècle)

1902

1903

1904

1905

Le Royal Cinématographe d'Antoine Caravano (Place de la Sous-Préfecture, 1er->6 octobre de 1905)

Le Royal Cinématographe, propriété d'Antoine Caravano, s'installe sur la place de la Sous-Préfecture, le jeudi 28 septembre 1905 :

Royal Cinématographe.-Depuis jeudi soir, le Royal Cinématographe dont les journaux de Philippeville et de Bône nous ont tant vanté les succès, fonctionne sur la place de la Sous-Préfecture de 7 h. 1/2 à 11 heures du soir.
Nous avons le plaisir de constater que la réputation de cet établissement n'est nullement surfaite. Le programme est on ne peut plus intéressant et la variété des tableaux rend le spectacle attrayant pour tous les goûts.
Les scènes de la guerre du Japon ont un succès considérable.
Les farces des clouwn anglais provoquent le fou rire.
Des représentations théâtrales, en plusieurs actes y sont figurées.
Samedi, la grande attraction sea le Voyage de M. Loubet à Rome.
Dimanche, il y aura matinée à 3 h. de l'après-midi et soirée à 7 h. et demie. Le motif principal des représentations sera: Don Quichotte et son Ecuyer Sancho Pansa, grande pièce équestre en onze tableaux.
Lundi soir, jusqu'à 9 heures, le spectacle sera public pour tout le monde, mais à partir de cette heure il y aura séance noire réservée aux grandes personnes !
Les distractions sont tellement rares à Bougie que le Cinématographe est accueilli avec enthousiasme par le public. Il mérite véritablement le succès qu'il détient.


L'Echo de Bougie, Bougie, dimanche 1er octobre 1905, p. 2.

Outre des vues cinématographes, on trouve dans le spectacle des représentations théâtrales comme Don Quichotte et son écuyer Sancho Pansa. Des séances "noires" - dont on image que le contenu est destiné à un public adulte - sont réservées aux grandes personnes. Grâce à un autre article, on connaît quelques autres films du répertoire :

Au Royal Cinématographe. — Le Royal Cinématographe continue, avec un succès bien mérité, à avoir la visite des familles de notre ville.
Chaque soir, il y a foule, et il faut vraiment que le spectacle soit attrayant pour provoquer un tel mouvement de population dans une ville où généralement l'insuccès le plus immérité est le résultat de toute tentative de distractions publiques.
Dimanche, les représentations de Don Quichotte et Sancho ont eu un nombre considérable de spectateurs enthousiastes.
Lundi, les séances noires pour grandes personnes ont été très courues et très goûtées.
La soirée de mardi fut l'occasion d'un succès particulier. De tout ce que le Cinématographe nous avait fait admirer de beau, les tableaux de l'Etoile Mystérieuse et l'Adoration des Mages étaient certainement ce qu'il y avait de plus sincèrement exact et de plus artistiquement rendu.
Ce soir, mercredi, la Guerre Russo-Japonaise déroulera ses vues nouvelles en 6 longs tableaux : 2 pour l'embuscade, 2 pour le combat sur le Yalou et 2 pour le combat naval devant Port-Arthur. Des scènes comiques inédites précéderont et suivront les scènes pathétiques de la guerre.
Jeudi, la Belle au Bois Dormant, féerie en 12 tableaux.
Vendredi, la Fin d'une Royauté: Louis XVI et Marie-Antoinette, la Révolution, etc.
Et il paraît que plus nous irons, plus ce sera joli et intéressant.


L'Echo de Bougie, Bougie, jeudi 5 octobre de 1905, p. 3.

1906

Le Nouveau Cinématographe (Place de Gueydon, 17 janvier->25 janvier 1906)

Le Nouveau Cinématographe s'installe sur la place de Gueydon et l'inauguration a lieu le 17 janvier 1906 :

Sur la place de Gueydon.-Hier soir débuts du Nouveau Cinématographe, place Gueydon. Impression excellente, salle coquettement aménagée, tableaux très intéressants et extra-comiques, appareil parfait.
En raison de l'emplacement restreint la direction a mis toutes les places au même prix; mais désireuse de contenter tout le monde, nous annonce que le lundi et le vendredi de 8 h 1/2 à 9 h 1/2 une soirée réservée aura lieu où sera donnée tout le programme des 3 jours suivants, au prix de 1 franc, enfants 0 fr. 50.
Nous rappelons que le Nouveau Cinématographe donne une séance à 5 h. et à partir de 7 h 1/2 toutes les 1/2 heures. Prix ordinaire 0 fr. 30, enfants 0 fr. 20.


L'Écho de Bougie, Bougie, 18 janvier 1906, p. 3.

bougie place-gueydon

J. Geiser. Alger, Bougie.-Place de Gueydon (c. 1900)

Les enfants et les adultes forment le public du cinématographe :

Le cinématographe.-Chaque soir, au cinématographe, charmantes séances familiales dans ce coquet établissement.
C'est un spectacle que l'on doit offrir en récompense à tous les enfants; c'est amusant et instructif.
Mais n'allez pas croire que les enfants seuls s'y amusent.
No [...] vieux papas, des rigides fonctionnaires et rire de bon coeur et s'intéresser à toutes les vues.


L'Écho de Bougie, Bougie, 21 janvier 1906, p. 3.

Il semble pourtant que le responsable du cinématographe s'occupe plus particulièrement du jeune public :

Au cinématographe.-Malgré le mauvais temps, les représentations du cinématographe de la place de Gueydon se continuent avec succès.
A ce propos, pour être agréable à la population, le cinématographe offre jeudi à 4 heures, aux enfants des écoles, une très longue représentation de tableaux instructifs, amusants et comiques.
Pour que tous les enfants puissent y assister le prix est abaissé à 0 fr. 15.
Tous les enfants qui auront bien travaillé à l'école ont le droit de solliciter de leurs parents la permission et les trois sous pour s'offrir cet intéressant spectacle.


L'Écho de Bougie, Bougie, 25 janvier 1906, p. 3.

Le Royal Cinématographe d'Antoine Caravano (Place Gueydon, Grande Salle des Fêtes, > 2 août-9 septembre 1906)

Le Royal Cinématographe, propriété d'Antoine Caravano, s'annonce, en juillet 1906, et doit offrir des projections de vues animées dans la grande salle des Fêtes de la place Gueydon :

Heureuse nouvelle.-Nous apprenons qu'un superbe cinématographe fonctionnera sous peu dans la grande salle des fêtes place Gueydon.
Des vues et scènes locales seront représentées par cet appareil muni des derniers perfectionnements. Cette nouvelle fera certainement sensation parmi la population bougiote privée de bonnes et saines distractions.


L'Écho de Bougie, Bougie, 5 juillet 1906, p. 3.

Finalement, ce n'est qu'en août que le Royal Cinématographe ouvre ses portes à Bougie :

Le Cinématographe de la Salle des Fêtes.- Nous sommes heureux d'annoncer que l'appareil qui doit fonctionner dans quelques jours dans la Salle des Fêtes est enfin arrivé.
C'est une bonne nouvelle pour notre population, trop privée de but de sortie. Nous ne pouvons que féliciter la société d'artistes qui va installer le cinématographe, sous la direction de notre ami Caravano, de son heureuse initiative.
C'est sous le nom de Royal Cinématographe que sera exploitée cette entreprise de distractions publiques.
Les travaux d'installation vont être poussés avec activité et peut-être arrivera-t-on à fonctionner dimanche prochain.
Toute une cargaison de vues et scènes animées sont arrivées; en plus de cela un grand nombre de clichés de notre région et de spectacles de la rue de notre ville seront projetés sur l'écran. Chacun pourra y reconnaître des personnes de connaissance.
Pour corser les représentations, un phonographe perfectionné, à disques, fera entendre des airs variés. Cet instrument, unique à Bougie, n'est pas le banal phonographe nasillard. C'est un instrument atteignant les derniers degrés de la perfection.


L'Écho de Bougie, Bougie, jeudi 2 août 1906, p. 3.

La nouveauté réside, bien sûr, dans la présence de vues locales mais dont on ne connaît pas de façon précise le contenu. Le succès est au rendez-vous :

Au Cinématographe.-Succès fou. La salle fut envahie. Projections très jolies. Les vues de Bougie provoquèrent la joie. Les vues animées en couleur furent trouvées admirables.
Jeudi, nouveaux sujets encore plus intéressants.


L'Écho de Bougie, Bougie, jeudi 9 août 1906, p. 2.

Un dernier article permet d'apprécier le succès des projections et tout particulièrement des vues de Bougie :

Au Cinématographe.-Le succès remporté par nos concitoyens qui ont installé le Royal Cinématographe de la salle des Fêtes, se continue.
Jeudi, malgré l'accablante chaleur, la salle des Fêtes fut très garnie, et le grand balcon fut constamment occupé par une partie du public, qui tout en respirant les rares souffles de brise, suivaient des yeux les projections.
Dimanche le spectacle sera des plus curieux. Les petites imperfections de détail des premières séances ayant été corrigées, l'intensité électrique du foyer lumineux du projecteur se trouvant enfin mis au point précis où l'on obtient le maximum d'éclairage, les tableaux seront absolument parfaits et très brillants.
Les vues de Bougie et les scènes de la rue et du port provoquent la joie et les exclamations. On reconnaît les gens, on les interpelle; parfois quelque spectateur est absolument surpris de voir sa personne figurant dans une scène de la rue, prise au moment où il passait ne se doutant pas qu'il était photographié.
Le spectacle de dimanche sera absolument nouveau.


L'Écho de Bougie, Bougie, dimanche 12 août 1906, p. 3.

Le cinématographe rencontre un succès qui se confirme, mais n'échappe pas aux petits accidents mécaniques:

Au Cinématographe.-Dimanche dernier succès complet. La grande salle des Fêtes fut trop petite pour contenir toutes les personnes qui se présentèrent au contrôle. Les vues de Bougie eurent un accueil des plus enthousiaste. Les vues cinématographiques furent également très prisées. Une petit accident, causé par l'allongement d'une chaîne Vaucanson, entrava un instant la bonne marche de l'appareil. Une réparation sérieuse empêchera désormais cet accident.
Demain dimanche, brillante représentation avec au programme une foule de vues animées ainsi que le 15 août aux Aiguades, le rêve à la lune, discours d'un candidat, etc. etc.


L'Écho de Bougie, Bougie, dimanche 19 août 1906, p. 3.

De nouvelles vues sont annoncées la semaine suivante :

Au Cinématographe.-Le programme de la soirée de demain dimanche sera le même que celui de la soirée de jeudi dernier.
Les spectateurs peuvent être assurés qu'ils seront pleinement satisfaits de l'exécution des projections animées.
Les plus scrupuleuses précautions ont été prises pour que le succès soit complet.
La grande féerie "La poule aux oeufs d'or" est l'objet de la vigilance et des soins des opérateurs. Une répétition générale, faite vendredi soir, a merveilleusement réussi.
"La poule aux oeufs d'or" est le plus beau spectacle cinématographique qui est jamais été montré à Bougie.
Il offre une quantité de trucs et d'escamotages qui font l'admiration des connaisseurs en cinématographie. En outre les tableaux sont des chefs d'oeuvre de reconstitution artistique de la vie au moyen âge.


L'Echo de Bougie, Bougie, dimanche 26 août 1906, p. 2-3.

Certaines vues sont renouvelées, même si La poule aux oeufs d'or reste à l'affiche :

Au Cinématographe:-Du nouveau ! Nous aurons du nouveau pour jeudi.
Le Roi des Dollars, grande scène animée tirée de la prestidigitation d'Amérique.
Rires et pleurs,-merveilleuse bioscopie mimée et rendue avec une vérité frappante.
Départs et arrivées de bateaux, spectacle nautique pleine de mouvement et de grandeur.
Et une quantité d'autres sujets des plus réussis.
On terminera par la Poule aux Oeufs d'Or, qui a eu un succès fou dimanche dernier. Cette féerie en quatre parties et douze tableaux a fait l'admiration de tous.


L'Echo de Bougie, Bougie, 30 août 1906, p. 3.

La presse publie régulièrement les programmes et annonce les nouveaux films :

Au Cinématographe.-Dimanche, programme nouveau.
Avec beaucoup d'autres vues, nous aurons comme nouveaux sujets animés: le Salut de Dranem, la Curiosité d'un Collégien, Arrivée d'un train par temps pluvieux, le Roi des Dollars, Sortie du Port, la Bataille de boules de neige, etc.
Le succès de la Poule aux Oeufs d'Or s'affirme de plus en plus.


L'Écho de Bougie, Bougie, 2 septembre 1906, p. 3.

Le répertoire du Royal Cinématographe apparaît comme assez importants :

Au cinématographe.-Encore du nouveau ! Après les grands succès déjà remportés, d'autres succès se préparent.
La séance de jeudi réunira le Rêve à la Lune et les Fleurs animées qui ont tant charmé les spectateurs aux nouvelles vues inédites: Bonsoir Messieurs dames ! Le petit Poucet; le monde céleste etc., etc.
Il faut profiter de cette soirée pour voir pour la dernière fois: Le Rêve à la Lune.


L'Echo de Bougie, Bougie, 6 septembre 1906, p. 7.

C'est finalement le dimanche 9 septembre qu'a lieu la clôture des séances :

Clôture du Cinématographe
Le Cinématographe va fermer pour un mois.
Dimanche, il donne sa soirée de clôture avec une grande nouveauté: La Métamorphose du Papillon.
Pour remercier la population de son excellent accueil, la Direction du Cinématographe prépare pour ce dernier soir un spectacle exceptionnel.
Tout Bougie y sera.


L'Écho de Bougie, Bougie, dimanche 9 septembre 1906, p. 3.

Le Royal-Cinématographe d'Antoine Caravano (Grande Salle des Fêtes, 13-28 octobre 1906)

Le Royal-Cinématographe d'Antoine Caravano reprend ses représentations en octobre avec un programme renouvelé :

CHRONIQUE LOCALE ET RÉGIONALE
Royal-Cinématographe.-C'est ce soir, samedi 13 octobre, qu'a lieu la reprise des représentations du royal-Cinématographe.
Parmi les nombreuses vues animées qui figurent au programme nous avons le transatlantique La Lorraine sortant du port du Havre, spectacle maritime imposant; "La revanche de Gugusse" et "Le cireur distrait", grande scène comique désopilante.
"La métamorphose du papillon" illusion optique du plus gracieux effet et du plus brillant coloris, ainsi qu'un très grand nombre de projections nouvelles.


L'Echo de Bougie, Bougie, 14 octobre 1906, p. 3.

bougie 1906 royal cinematographe 01

L'Écho de Bougie, Bougie, 21 octobre 1906, p. 2.

La clôture est annoncée pour le dimanche 28 octobre 1906 :

Clôture du Cinématographe.-La société Caravano et Cie nous informe que Dimanche Soir aura lieu la clôture du Royal-Cinématographe.
Quoi qu'ayant fait salle comble Dimanche MM. Caravano & Cie ne veulent pas continuer les projections avant que la nouvelle organisation, qu'ils sont en train de constituer, ne soit réalisée.
Dans cette nouvelle exploitation les vues cinématographiques une fois vues seront constamment renouvelées par de nouvelles n'ayant pas été montrées.
En attendant, pour laisser à la population un bon souvenir ils lui offrent dimanche une soirée monstre où tous les clichés fixes et toutes les vues animées qu'ils possèdent seront projetés une dernière fois.


L'Écho de Bougie, Bougie, jeudi 25 octobre 1906, p. 3.

Répertoire (autres titres) : Sortie de la Grand'Messe, Industrie des Figues, Sortie des Ouvrières, Embarquement et Débarquement à la Société des Chaux, Marché aux Poissons et aux Huîtres, Partie de Manille, Joies du ménage, Mésaventures de Contrebandiers, Les Fleurs animées, L'Arrivée d'un train, Bonsoir Messieurs Dames, Le Désopilant Dranem, Massacre d'Arméniens, La revanche de Gugus, La Chambrée à la Caserne, Bougie: Les Nouveaux Quartiers et les Personnages Populaires, De la Terre à la Lune (L'Écho de Bougie, Bougie, 21 octobre 1906, p. 2.)

Le Royal-Cinématographe d'Antoine Caravano (Grande Salle des Fêtes, 30 décembre 1906-1er janvier 1907)

Le Royal-Cinématographe d'Antoine Caravano reprend ses activités pour trois soirées en fin d'année 1906 :

Royal Cinématographe.-A l'occasion des fêtes du nouvel an la direction du Royal Cinématographe nous prie d'annoncer à nos lecteurs que trois grandes soirées seront données les dimanche, lundi et mardi 1er janvier, dans la grande salle des fêtes.
Toute une série de vues fixes et animées nouvellement arrivées seront projetées pendant ces trois soirées.
Nous engageons tous nos concitoyens à assister à ces spectacles entièrement de famille qui seront, nous dit-on, des plus variés et des plus choisis.
Voici le programme :
Looping-Thélop (ou la boucle en bicyclette)
La loupe de grand'maman
Séance de guignols.
Joute lyonnaise.
Mon premier cigare.
Le Tourlourvu [sic] embarassé [sic]
Confrontations (scène dramatique).
Décapitation en Chine.
28 Jours de Dranem.
Manille à trois
Les chiens savants.
Défilé des chars le jour du carnaval de Nice.
On terminera par le Diable au couvent.
Prix des places ordinaires.


L'Echo de Bougie, Bougie, 30 décembre 1906, p. 3.