DIJON

Jean-Claude SEGUIN

Dijon, chef-lieu du département de la Côte-d'Or (France), compte 65.842 habitants (1894)

1896

1897

1898

1899

Le Royal Viograph de Constantin Daue (Cirque du Tivoli, 17 novembre- > 5 décembre 1899)

Le Royal Viograph de Constantin Daue annonce son arrivée prochaine dans les premiers jours de novembre et s'installe au Cirque du Tivoli. L'article permet de connaître quelques titres du répertoire :

C'est la semaine prochaine que nous aurons au cirque du Tivoli le spectacle nouveau dont nous avons déjà dit quelques mots.
Le Royal Viograph est une espèce de cinématographe, mais avec des proportions colossales ; les tableaux ont plus de 6 mètres de hauteur ; on voit quel intérêt doivent présenter ces tableaux.
Comme programme, nous ne pouvons citer tous les tableaux qui forment cette collection ; nos confrères de Limoges nous parlent avec admiration de divers épisodes de la guerre hispano-américaine pris sur le champ de bataille, entr’autres le bombardement de la flotte américaine par les forts de Santiago, un voyage entre New-York et Chicago avec ses panoramas, passage de tunnels, viaducs, croisement de trains, etc. ; l’incendie de l’hôtel Windsor à New-York, le sauvetage des victimes ; une grande Course de taureaux à Madrid avec mise à mort par le célèbre matador Mazantini [sic]. Comme féeries, Méphistophélès ou le Château hanté, le Diable au couvent. Comme tableaux historiques, Napoléon et la sentinelle, les Dernières cartouches (en couleurs) et une quantité d’autres qu’il serait trop long d’énumérer. Nous donnerons prochainement la date exacte du premier spectacle au cirque du Tivoli.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, 10 novembre 1899, p. 2.

 dijon cirque palace 01

B.F., Paris, Dijon, Cirque Palace [anciennement Cirque Tivoli](c. 1910)

Une première représentation de gala, réservée aux autorités et à la presse localeà un public, à lieu le vendredi 17 novembre :

Nous avons annoncé la prochaine installation, au Cirque du Tivoli, d'un spectacle nouveau et des plus intéressants : le Royal Viograph.
Le directeur offre ce soir, à 8 heures et demie, une représentation de gala aux autorités et à la presse locales. Après-demain dimanche première représentation publique.


Le Progrès de la Côte d'Or, Dijon, 17 novembre 1899, p. 2.

Deux jours plus tard, le même journal offre un compte rendu très détaillé de la soirée privéee :

Une Soirée au Royal Viograph
Vendredi a eu lieu au Cirque du Tivoli Ia soirée offerte aux autorités et à la presse par l'administration du Royal Viograph.
Il est déjà venu à Dijon de nombreux cinématographes. Eh bien, un seul mot suffira pour donner une idée du spectacle que nous avons eu vendredi. Tous les cinématographes que nous avons vus jusqu'ici ne sont que l'enfance de l’art à côté du Royal Viograph.
Les projections animées qu’il donne sont beaucoup plus nettes, plus lumineuses et plus grandes ; et elles durent beaucoup plus longtemps. Ajoutons enfin que les constructeurs de l’appareil ont su atténuer considérablement le fâcheux miroitement des images, si fatigant pour les yeux, et qu’on ne peut encore absolument éviter.
Voici maintenant quelques extraits du programme. Ils feront juger de la grande variété du spectacle et de l’Intérêt qu'il présente :
Voyage de Calais à Douvres : La jetée.— Départ du " Victoria ". — A bord. — En mer (deux tableaux). — Entrée du paquebot. — Arrivée. — Debarquement.
La foire de Séville : Danses andalouses et grande Course de taureaux à l'Espagnole (picadors, banderillos, mise à mort par le célèbre matador Guerrita.
Épisodes de la guerre hispano-américaine pris sur le champ de bataille : Défilé de 3,000 marins devant l’amiral Cervera. — Ravitaillement d’un cuirassé. — Un navire de guerre devant Matanzas. — Salut dans les vergues.— Branle bas de combat. — Explosion d’une torpille. — Débarquement et feu de mousqueterie. — Retour des marins à bord des cuirassés. — Bombardement de la flotte américaine par les forts de Santiago. — Retraite d’artillerie espagnole. — Charge du régiment Utah. — Les ambulances après la bataille. — Entrée du général Otiz à la Havane.
Voyage de New-York à Chicago : Départ de New-York (panorama pris du train). — Passage du Blach Diamond Express (marchant à 120 kilomètres à l'heure). — Panoramas divers : ponts, tunnels, arrivée d'un train en gare, débarquement des voyageurs. — Prise du courrier par le train en marche.— Rencontre de quatre trains express. — Arrivée en gare.
Incendie de l’hôtel Windsor à New-York : La sortie des pompiers. - L’hôtel en flammes.— Le sauvetage. — Les ruines.
Signalons encore des projections fort originales ; les Kremos (célèbres acrobates de» Folies-Bergère) ; une fabrique de saucissons à Francfort; le pécheur récalcitrant ; l’arrivée d’un bleu au régiment ; la bataille des oreillers : scènes comiques fort habilement combinées et qui ont soulevé l'hilarité du public.
A côté de cela, des scènes émouvantes ont donné le frisson : par exemple, le trop fameux combat du lion et du taureau, à Roubaix ; les Dernières Cartouches, excellente reproduction en couleurs de l’épisode historique. L’Histoire d'un crime (l’assassinat, le vol, le triomphe de la justice), et la grande féerie qui termine le spectacle, sont admirablement composées pour donner le cauchemar aux personnes impressionnables.
En résumé, tous les genres sont réunis dans le programme du Royal Viograph : l’historique, le comique, le tragique, le fantastique, et la grande actualité y joue un rôle assez important pour attirer au Cirque du Tivoli les Dijonnais qui aiment les spectacles intelligents et récréatifs à la fois.


Le Progrès de la Côte d'Or, Dijon, dimanche 19 novembre 1899, p. 1.

Dans un autre article, le journaliste signale le succès des représentations, mais également le départ prochain, une technique habituelle pour ranimer l'intérêt du public :

AU CIRQUE
Le Royal Viograph suit tous les soirs le cours de ses succès ; les nombreux spectateurs qui se sont rendus ces jours-ci au Cirque du Tivoli ont été unanimes à reconnaître le bon goût du spectacle que la direction offre chaque soir au public dijonnais.
Le Royal Viograph n’est pas pour longtemps parmi nous ; aussi faut-il se hâter pour le voir. Nous engageons nos lecteurs, pour être bien placés et jouir d'un coup d’œil unique, à retenir leurs places à l'avance.
Par la température hivernale que nous subissons en ce moment, il n’est pas de trop d’annoncer quo la salle est chauffée.
Aujourd’hui jeudi, à trois heures, aura lieu une grande matinée. Cette représentation est réservée aux familles qui ne peuvent assister au spectacle du soir.


Le Progrès de la Côte d'Or, Dijon, 23 novembre 1899, p. 2.

On connaît encore quelques titres du répertoire grâce à la presse locale :

Au Cirque du Tivoli, le Royal Viograph, dont le succès est toujours aussi brillant, continue la série de ses intéressantes représentations, avec un programme entièrement changé.
Nous signalons aux amateurs de ce spectacle artistique les nouveautés suivantes : Le Derby d’Epsom 1898 ; les Glissoires au Canada, scène comique ; grande course de taureaux, par Mazzantini et Reverte ; Méphistophélès, grande féerie en 3 actes et 18 tableaux ; l’explorateur Andrée au Pôle Nord, et le Coucher de la Mariée, scène comique en couleurs.
Ajoutons que la salle est parfaitement chauffée. Il y a là deux ou trois heures excellentes à passer au Cirque du Tivoli.


Le Progrès de la Côte d'Or, Dijon, 28 novembre 1899, p. 2.

dijon cirque palace 02

B.F. Paris, Dijon. Cirque Palace [anciennement Cirque Tivoli] (c. 1910)

Les dernières séances sont annoncées dans les derniers jours de décembre :

Il y a un monde fou tous les soirs au Royal Viograph où l’on applaudit les scènes animées. Dimanche, à la matinée et à la soirée, on a dû refuser des entrées, et cependant le Cirque est immense.
Le public dijonnais apprendra certainement avec regrets que la direction de cet intéressant spectacle nous annonce son prochain départ.
Cette semaine, le programme est parfait en tous points.
Parmi les tableaux nouveaux citons :
Cendrillon, grande pantomime en 16 tableaux ; la Boxe en Amérique; Duels d’actualité ; Léo, le célèbre dessinateur-express dans son répertoire ; Remorqueurs pendant la tempête ; la Tentation de saint Antoine ; Scènes militaires : manœuvres de chasseurs alpins, etc., etc.
Les personnes qui ont déjà tant admiré le merveilleux spectacle qu’est le Royal Viograph ne manqueront pas le nouveau spectacle que leur offre la direction, peut-être le dernier.


Le Progrès de la Côte d'Or, Dijon, 5 décembre 1899, p. 2.

Peu après, Constantin Daue et son Royal Viograph quittent Dijon pour se rendre à Troyes.

Le Royal Viograph de Constantin Daue (Cirque du Tivoli, < 11-25 décembre 1899)

Après un bref séjour à Troyes, Constantin Daue et son Royal Viograph est de retour à Dijon pour une nouvelle série de projection au Cirque du Tivoli aussi connu comme Cirque de Dijon :

Royal Viograph. — Un spectacle intéressant. — Un spectacle assurément captivant, c’est celui que nous offre tous les soirs le Royal Viograph. Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs la nouvelle série du Royal Viograph. Depuis 8 heures 1/2 jusqu'à 11 heures, c’est un véritable enchantement. Citons quelques tableaux remarquables entre tous : Les remorqueurs, La danse des nègres, La bataille de coqs, La boxe américaine, Les glissoires au Canada, La bataille des fleurs au bois de Boulogne, La traversée du grand pont de Brooklyn à New-York, Les chasseurs alpins ; dans la note gaie, Le coucher de la mariée, La tentation de Saint-Antoine, ajoutez à cela deux merveilleuses féeries admirablement truquées et encore mieux reproduites, Le diable au couvent et Cendrillon.
On juge par celte énumération, de la prodigieuse variété qui caractérise les soirées du Royal Viograph. Aussi bien n’est-il pas étonnant qu'il y ait foule tous les soirs au cirque du Tivoli.
Programme. — Tous les soirs, à 8 h. 1/2 précises, le grand succès: The Royal Viograph'. Représentation variée, spectacle nouveau.
Par suite de nouveaux aménagements, la salle est parfaitement chauffée.
Retenir ses places à l’avance au café du Cirque.
Matinée à 3 heures, les jeudis et dimanches ; même spectacle que le soir.


Le Progrès de la Côte d'Or, Dijon, 11 décembre 1899, p. 3

Selon une pratique bien installée, les responsables du Royal Viograph offre une soirée gratuite pour les femmes, mais dont le caractère commerciale n'échappe à personne :

Cirque du Tivoli. — Aujourd'hui, vendredi 15 décembre, la direction du Royal Viograph, en vue de remercier le public dijonnais de son concours généreux, offre une représentation gratuite aux dames dijonnaises.
Toute dame accompagnée sera admise gratuitement. à cette unique représentation de gala.
Dimanche 17 décembre, deux grandes représentations, les dernières irrévocablement.
Matinée, à 3 h. 1/2. Soirée, à 8 h. 1/2.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, vendredi 15 décembre 1899, p. 3.

L'annonce d'un prochain départ constitue également une pratique tout aussi courante visant surtout à ranimer l'intérêt du public pour les projections du Royal Viograph :

Cirque de Dijon. — Aujourd'hui dimanche, clôture irrévocable du Royal Viograph. A cette occasion, deux représentations extraordinaires seront données ; la première à 3 heures, spécialement réservée aux familles et aux enfants. Programme choisi et nouveau. Le grand succès actuel : La guerre au Transvaal et la féerie Cendrillon.
Le soir, à 8 heures 1/2, spectacle exceptionnel. Adieux de The Royal Viograph, lequel débute jeudi à Marseille.


Le Progrès de la Côte d'Or, Dijon, dimanche 17 décembre 1899, p. 2.

Et le caractère "irrévocable" n'empêche pas pour autant le Royal Viograph de rester une semaine de plus :

Cirque de Dijon. — A l’occasion des fêtes de Noël, aujourd'hui dimanche et demain lundi, irrévocablement et sans aucune remise, les quatre dernières représentations données à Dijon par le Royal Viograph’.
A 3 heures, matinée réservée aux familles, même spectacle que le soir, avec la Passion, en 15 tableaux, et 8 tableaux nouveaux de la guerre au Transvaal. Quantité de scènes nouvelles.
Le soir à 8 heures, grande représentation. La salle est chauffée.
Demain lundi, clôture définitive.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, dimanche 24 décembre 1899, p. 2.

Si cette fois le départ est bien réel, en revanche, les responsables du Royal Viograph ne se rendent pas à Marseille comme annoncé, mais reviennent à Troyes pour une série de projections animées.

1900

Le Royal Viograph (Cirque du Tivoli, 11->20 août 1900)

En provenance de Lyon, le Royal Viographe revient à Dijon en août 1900. Cette fois-ci, on ignore le nom des responsables, peut-être Edmond OgerConstantin Daue et/ou Cyprien Lacabane. La presse annonce à l'avance cette prochaine arrivée :

American Folie-Bergère. — C’est le samedi 11 août qu'auront lieu irrévocablement au cirque du Tivoli, les débuts de la tournée American Folies-Bergère.
Cette troupe nous offrira un spectacle de premier ordre et du meilleur goût. Parmi les attractions qui la composent et dont nous donnerons le détail dans quelques jours, nous citerons tout particulièrement le Royal Viograph américain, celui qui a obtenu dans notre ville au mois de novembre dernier un succès tel qu’on refusait du monde tous les soirs.
Il nous revient avec une quantité considérable de vues nouvelles. Nous pourrons faire un voyage à l’Exposition de 1900, en admirer les merveilles, et cela sans quitter notre chaise. Il nous donnera également une idée absolument exacte de la guerre du Transvaal.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, 2 août 1900, p. 3.

Un nouvel article confirme bien que l'inauguration a lieu le samedi 11 août : 

AU CIRQUE DU TIVOLI
C’est ce soir que débutera au Cirque, qui est le cadre approprié par excellence à ce genre de spectacle, la troupe des Folies-Bergère.
Le programme de cette soirée de gala sera, paraît-il, très intéressant ; des attractions très variées et surtout précédées d'une grande réputation le composent.
Le Royal Viograph sera encore le bienvenu des familles et des bébés qu’il a déjà charmés pendant un mois avec un succès soutenu.
Une matinée sera donnée dimanche à  3 heures pour les personnes qui ne peuvent assister aux soirées. Même spectacle que le soir.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, samedi 11 août 1900, p. 2.

Ce qui fait la singularité du spectacle, c'est que le Royal Viograph partage la scène avec de nombreux numéros de cirque. Quelques titres sont également repris dans la presse :

AU CIRQUE DU TIVOLI
Le succès de la troupe Américan-Folies-Bergère est un des plus éclatants que le Cirque du Tivoli ait jamais vus.
Samedi, soirée de débuts, et dimanche, la salle était fort belle. Il en sera de même pendant tout le séjour de cette troupe intéressante et merveilleusement composée.
Le trio Rixor, virtuoses du cor de chasse ; les Jupiter, étonnants de force et d'adresse à la barre fixe ; les Dakars, désopilants dans leurs excentricités ; et l'extraordinaire famille des Genis constituent des attractions de tout premier choix.
Nous y reviendrons.
Quant au Viograph, c’est une pure merveille d’intérêt scientifique et d’actualité.
On annonce les quatre dernières représentations. Pour la première fois, Exposition universelle de Paris 1900 ; vue panoramique de tous les pavillons ; Cendrillon, féerie en couleurs ; la grande cavalcade du cirque Sanger ; Méphistophélès, féerie en couleurs ; la Guerre au Transvaal (Nouveaux tableaux) etc., etc.
Mercredi 15 et jeudi 16, deux dernières grandes matinées à 3 heures avec même programme que le soir.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, mardi 14 août 1900, p. 2.

Le Royal Viograph propose principalement des vues en provenance de l'éditeur britannique de films, la Warwick Trading Company. Dans un programme complet du spectacle, on peut apprécier la place qu'occupent les projections animées, reléguées, malgré tout, à un rôle secondaire :

Les American Folies-Bergère
On sait la réputation qu'a laissée en notre ville, il y a quatre ou cinq ans, la troupe portant déjà ce nom.
Celle qui nous est revenue cette année ne le lui cède en rien : rarement on vit pareil programme composé de façon aussi adroite. Avec un ou deux exercices équestres, ce serait la perfection. Mais telle qu’elle est, en ses deux parties, la troupe des American Folies-Bergère a tout ce qu’il faut pour satisfaire les plus difficiles : première partie, d’attractions hors ligne ; deuxième partie, d’instruction distrayante, le Royal Viograph.
Les attractions sont, disons-nous, de premier ordre : de toute première force les Franck-Rackson ; il faut voir cet équilibriste jongler, au très gentiment naïf ébahissement de sa mignonne compagne, avec tous les meubles de sa chambre à coucher, depuis le lit jusqu'à l’armoire à glace ; et allez donc, la petite femme pédale sur une bicyclette toute fleurie que tient on ne sait par quel miracle son compagnon merveilleusement découplé, à la pointe de ses dents.
Le trio Rixors est des plus intéressant ; c’est plaisir à entendre le chef de famille sonner à la fois des deux cors et des deux trompettes, accompagné de sa femme et de sa fillette, une petite musicienne qui chante déjà très bien en mesure et a des gestes charmants. Le danseur du trio Marcel fait preuve d’une agilité surprenante qui aurait fait pâlir les danseurs célèbres des soirées Métra et de l'Elysée Montmartre, au beaux temps de Valentin le Désossé et de Grille d'Egout.
Les Jupiter, deux gars taillés en hercule, se jouent des plus terribles difficultés à la barre ; ils doivent venir plusieurs fois saluer l’assistance.
Quant aux Dakar's excentric’s, c’est charmant de leur voir exécuter avec une aisance, une grâce comique les sauts et les tours les plus ardus.
Avec les jeux icariens de la troupe Genis, il faut vous attendre à trembler ; sauts périlleux simples et doubles ne sont, pour les 7 membres de cette famille, qu’occasion de prouver leur force et leur agilité ; depuis le père, un gaillard aux jarrets d’acier, jusqu’à la mère, également taillée en athlète, en passant par les garçons et les filles, dont une très drôle, de 5 ou 6 ans, habillée en Gugusse. C’est un numéro palpitant. Le Royal Viograph, lui aussi, offre le plus grand intérêt et remplit on ne peut mieux la deuxième partie de la soirée. Il nous suffira de citer quelques-uns des spectacles qui défilent sans discontinuer sous les yeux du public pour prouver cet intérêt ; ce sont quelques scènes comiques de belle gaieté. L'illusionniste toqué, les transformations surprenants de Fregoli, le Voyage de noces interrompu, les Farces dans la cuisine, et des sujets d'instruction et d'observation, les courses de taureaux, trois minutes à Londres, des épisodes de la guerre au Transvaal et enfin une visite à l’Exposition.
On comprend qu’avec un tel programme le cirque soit comble tous les soirs ; lundi, mercredi, plusieurs personnes ont dû s’en retourner, le Cirque étant comble.
Aussi, devant ce succès bien légitime, la direction a décidé de prolonger son séjour en notre ville jusqu'à dimanche prochain, qui sera le jour irrévocable de clôture. Que nos lecteurs qui n’ont pas encore assisté à ce spectacle agréable et instructif se hâtent donc.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, vendredi 17 août 1900, p. 2.

Alors qu'il est sur le point de quitter Dijon, le Royal Viograph va participer à une soirée de gala et de bienfaisance au profit des sinistrés :

POUR LES SINISTRÉS DU 28
Une fêle au Cirque
Le programme de la soirée de gala organisée au profit des sinistrés du 28 est définitivement arrêté. La fête aura lieu, ce soir, dans la vaste salle de M. Simard, au Tivoli.
Rien n’a été négligé de ce qui pouvait donner le plus d'attrait possible au spectacle.
La musique du 27e de ligne, l'Harmonie du Commerce, les trompettes de l’Avant-Garde et la jeune société de fifres se chargeront de la partie musicale. Un tel concert suffirait, à lui seul, pour constituer le programme d’une soirée bien remplie.
Pourtant, ce n’est encore qu'une faible partie des attractions que l’on nous promet.
Les excellents prévôts de la garnison soulèveront les applaudissements du public dans un superbe assaut d’armes. Et ce ne sera pas le moindre clou de ce programme déjà si riche en numéros sensationnels.
Car il va sans dire que la merveilleuse troupe des American Folies-Bergère sera de la fête et les Dijonnais pourront acclamer de la sorle, une fois encore, les extraordinaires barristes Jupiter, l'étonnante famille des Genis, les désopilants Dakars, les Rixors et l'élégant trio Marcel.
Quant au Royal Viograph, il nous réserve dit-on, de véritables surprises, toute une série nouvelle de tableaux curieux et vivants qui se succéderont sur l’écran gigantesque, visions tour à tour amusantes, féeriques, émouvantes, imaginaires ou réelles, toujours captivantes...
Comme on le voit par ce rapide aperçu, les Dijonnais qui, ce soir, iront au Cirque, jouiront d’un spectacle sans précédent, et n’auront pas, comme on dit, à regretter leur voyage.
Mais il est quelque chose qui les décidera mieux encore que l'attrait d'un spectacle intéressant, à se rendre à l’appel des organisateurs de la fête. C’est la pensée qu’il s’agit de faire le bien, de soulager des misères.
Les Dijonnais ont tous compati à la détresse dans laquelle ont été plongés un grand nombre de cultivateurs et etc vignerons du département.
Le moment est venu de manifester d’une façon plus efficace tout l'intérêt dont est digne l’infortune de nos compatriotes.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, 20 août 1900, p. 2.

À la fin de leur séjour à Dijon, les responsables du Royal Viograph continuent leur route.

1901

Le Royal Viograph de Constantin Daue (Cirque, 6 avril-5 mai 1901)

Le Royal Viograph de Constantin Daue est annoncé dans la presse dijonnaise vers la fin du mois de mars : 

Nous sommes informés qu'à l'occasion des fêtes de Pâques, et à partir du samedi 6 avril prochain, le Royal Viograph donnera au Cirque, une série de brillantes représentations.
Chacun se souvient de l'immense succès obtenu par ce genre de spectacle il y a deux ans. Le programme est entièrement nouveau et comporte les plus grandes actualités de l'époque. Le cadre du Cirque où seront données ces représentations, se prête merveilleusement aux projections géantes qui nous seront données.
Il n'y a aucune comparaison à faire avec les cinématographes que nous avons vus depuis ou que nous serions appelés à voir.
Sous peu nous donnerons le programme de la première qui sera sensationnelle.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, jeudi 28 mars 1901, p. 2.

Quelques jours plus tard, un nouvel article dévoile un certain nombre de vues animées, dont celle des obsèques de la reine Victoria, qui vont être projetées par le Royal Viograph :

Au Cirque du Tivoli
Voici venir les fêtes de Pâques et les vacances si désirées des enfants. C’est pour cela que le Cirque rouvrira ses portes avec le véritable Royal-Vlograph pendant toute la semaine des fêtes des vacances.
La direction du Royal-Viograph a réuni un programme nouveau et absolument hors de pair, composé de réelles attractions et d’actualités; épisodes de la guerre de Chine, vues prises par les opérateurs du Royal-Viograph qui sont actuellement en Chine. Voici encore les funérailles de la Reine d’Angleterre, imposant défilé de 5.000 mètres de longueur et comprenant le passage du cercueil entre toute la flotte des puissances réunies, l’arrivée du cercueil en gare de Windsor, les funérailles officielles à Londres avec toutes les délégations européennes ; le deuil conduit par Edouard VII roi d'Angleterre, duc de Connaugt, stantard royal, Guillaume, empereur d’Allemagne, etc. ; la foule revenant des obsèques, défilé de plus de 100.000 personnes ; proclamation du roi Edouard VII, défilé des troupes.
Voici encore les chevaux plongeurs, du cirque Barnum ; le naufrage de la Russie, sauvetage extraordinaire en mer ; les Rêves du Radjah ou la forêt enchantée, grande féerie ; Voyage à travers les Indes ; Un scaphandre examinant un navire naufragé (unique) ; Jeanne-d'Arc, pièce à grand spectacle en 12 tableaux en couleurs.
Le panorama de Galveston au Texas, après le terrible désastre du cyclone le 8 septembre 1900.
L’arrivée du président Krüger à Marseille et nombreux autres sujets merveilleux, 500 tableaux nouveaux, féeriques et comiques.
On trouvera là un véritable spectacle de famille auquel on pourra conduire enfants, et jeunes gens.
Nous ne doutons pas que le Royal Viograph n’obtienne le même succès qu'à son premier passage dans notre ville.
La première représentation aura lieu le samedi 6 avril.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, lundi 1er avril 1901, p. 2.

L'inauguration a  lieu, finalement, le samedi 6 avril 1901 :

Au Cirque du Tivoli
C'est aujourd’hui que le Cirque ouvre ses portes, avec une des plus grandes attractions de l'époque : le véritable Royal Viograph, bien connu à Dijon, où, il y a deux ans, pendant 60 jours, malgré le froid, le Cirque, a toujours été trop petit pour contenir les spectateurs.
La Direction Insiste auprès de nous pour que nous informions nos lecteurs de ne pas confondre le Royal Viograph avec les autres cinématographes qui nous ont été présentés depuis.
Mais, depuis deux ans, combien de progrès ! que de nouvelles inventions ! Une installation électrique faite spécialement pour le Royal Viograph évite toute trépidation si pénible au public, étant donné que quand l’on se sert de l'électricité de la ville, le courant étant alternatif au lieu d’être continu, il est impossible d’éviter cette trépidation.
Le Royal Viograph obtient de merveilleux résultats grâce à son installation spéciale ; avec cela, les bruits de scène, la musique arrangée spécialement pour chaque tableau font qu'on se figure être sur les lieux où se passe l'action.
Nous verrons donc défiler devant nous toutes les actualités de l'époque, les féeries, les scènes les plus comiques, etc. N'insistons pas. Il suffira de la première soirée pour que le public fasse lui-même la meilleure réclame au Royal Viograph.
Dimanche et lundi, il y aura matinée à trois heures, avec le même programme que les représentations du soir.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, samedi 6 avril 1901, p. 2.

Le journaliste en profite pour rappeler les projets techniques qui se sont produits en deux ans - depuis la dernière visite du Royal Viograph - et tout particulièrement les améliorations dues à l'utilisation du courant continu. En outre, c'est à une véritable projection "sonore" (bruits, musique) que sont invités les spectateurs. Le compte rendu de la première est l'occasion de souligner le succès public et de rappeler les titres de quelques vues animées :

AU CIRQUE
Grand succès samedi pour la première du Royal-Viograph au Cirque du Tivoli. Mais aussi quel programme ! Une succession de merveilles, qui donnent tour à tour la note fantaisiste, instructive, émouvante, fantastique, etc. Il y a là des visions d’une originalité de tout premier ordre : les chevaux plongeurs, le scaphandre ; des spectacles impressionnants tels que les funérailles de la reine d'Angleterre, où l’on voit Guillaume II et Edouard VII comme s’ils passaient à vingt mètres du public ; le coup d’œil de la foule immense retour des obsèques, véritable mer humaine, est un pur chef-d’œuvre. Citons encore l'épave de la Russie, l'arrivée de Kruger à Marseille. Les épisodes de la guerre de Chine constituent la partie la plus instructive du spectacle : c’est une véritable exploration que l’on semble faire à TienTsin, à Pékin, à Hong-Kong. Les exercices des torpilleurs américains, les courses pédestres à New-York, la grande charge de cavalerie ont soulevé les bravos du public.
Les visions féeriques sont traquées avec une ingéniosité prodigieuse, et l’on reste véritablement stupéfait devant les miracles réalisés : Lutte terrible, les Rêves de Radjah, Après un bon repas, le Sauvetage, le Brahmine, etc. N'oublions pas, dans cette rapide énumération, la Loupe de la grand’mère, le Télescope, fantaisies ravissantes. Une pièce à grand spectacle, en 12 tableaux, s'il vous plaît, Jeanne d'Arc, termine la représentation.
Comme on voit, Il serait difficile de combiner un programme plus récréatif et plus varié. Quant à l'exécution, elle est tout simplement parfaite, et le succès est amplement mérité. Tout Dijon défilera au Royal Viograph.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, lundi 8 avril 1901, p. 2.

Le Royal Viograph privilégie dans ses programmes les vues à grand spectacle et de longue durée comme on peut le voir dans l'annonce suivante :

Cirque du Tivoli. — Succès croissant du " Royal Viograph ". Aujourd’hui samedi, à 8 heures 1/2, représentation exceptionnelle, changement complet de programme : 30 tableaux, scènes et féeries nouvelles.
Reprise du grand succès de l’année, Cendrillon, féerie en 12 tableaux, mise en scène et décors conformes à ceux de Paris. La représentation sera terminée par le Rêve de Noël, pièce à grand spectacle, dépassant en splendeur tout ce qui a été vu jusqu’à ce jour.
Demain dimanche, à 3 heures, matinée spécialement réservée aux familles et aux enfants. Même spectacle que le soir.
Le soir, à 8 heures, grande représentation. Voir les affiches pour les détails.
Pour être bien placé, retenir ses places à l’avance.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, samedi 13 avril 1901, p. 3. 

Comme cela se produit souvent, le responsable du Royal Viograph annonce les dernières séances, une technique commerciale bien installée afin d'attirer le public qui ne connaÎt pas encore le spectacle :

Cirque du Tivoli. — THE ROYAL. VIOGRAPH — Le Royal Viograph a dû faire relâche hier soir vendredi, pour la répétition et la mise au point du nouveau programme qu’il donnera ce soir, en une brillante représentation.
Encore quatre jours à Dijon : aujourd’hui samedi, dimanche, lundi et mardi. Que ceux qui n’ont, pas encore vu la Royal Viograph se hâtent donc.
Demain dimanche, à 3 heures, grande et dernière, matinée. Même programme que le soir.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, samedi 20 avril 1901, p. 3.

L'événement majeur du séjour du Royal Viograph c'est le tournage de vues locales qui sont proposées au Cirque :

AU CIRQUE DU TIVOLI
Dijon cinématographié
Décidément le Royal Viograph a décidé de nous conduire d’étonnement en étonnement. Il corse le programme entièrement renouvelé de ses spectacles d'un numéro tout simplement sensationnel, et pour cause : il s’agit de vues cinématographiques prises tout récemment à Dijon et qui seront données, à partir de ce soir mardi, au Cirque du Tivoli.
Dans cet ordre d’idées, on annonce un panorama de la place Darcy, de la rue de la Liberté, de la place Saint-Etienne, de la place Saint-Pierre, pris en tramway par l’opérateur du Viograph. Citons encore un grand nombre de vues animées prises à la manufacture des biscuits Pernot ; la sortie de la manufacture des tabacs ; la sortie du Cirque, après la matinée du jeudi, et, numéro particulièrement intéressant et réussi, paraît-il, à la perfection, l’entrée du conseil général, dont la reproduction sera accompagnée, par l’orchestre, du Salut à la Bourgogne, de M. Stoupan.
 Ajoutons enfin que l’administration du Royal-Viograph s’est procuré les clichés photographiques de la dernière fête des écoles, fertile comme on sait, en visions inoubliables. En ce qui concerne ce merveilleux souvenir d'une belle journée, il n’y a qu'un regret à formuler, c'est que le savant opérateur du Viograph, M. Parnaland, n'ait pas pu prendre ces vues au moment de l'action. Mais quand il vit les photographies, son premier mot fut de dire : " Je viendrai quand on recommencera. "
Depuis bientôt quinze jours que le Royal-Viograph est installé, l’immense salle du Cirque n’a pas désempli. Ce soir l’assistance sera, si possible, plus nombreuse encore à cause de l’intérêt tout spécial qu’offrira Dijon cinématographié.
Et il en sera de même pour les représentations suivantes, ce dont nous ne pouvons que nous féliciter, puisque le directeur, M. de Daue, a l’intention de réserver sa meilleure soirée au profit d’une œuvre de bienfaisance.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, mardi 23 avril 1901, p. 2.

L'article offre une description tout à fait détaillée des différentes vues qui composent le "Dijon-Vivant", titre donné au programme. On présente également des vues tournées en 1899

Cirque de Dijon. — Vu son immense succès et à la demande générale, le ROYAL VIOGRAPH restera encore à Dijon jusqu’au dimanche 28 courant; à cette occasion, il donnera, à partir de ce soir mardi, Le Panorama de Dijon, de la gare à la place Saint-Pierre, rues et scènes animées de la vie à Dijon. — Les fêtes du 21 et 22 mai 1898 [sic], réception à Dijon de M. Loubet, président de la République française. — Le conseil général de la Côte-d’Or. MM. les conseillers se rendant en séance. — La fête des écoles, organisée en 1898 par le comité des fêtes, banquet de 7.000 enfants. — La Manufacture des biscuits Pernot, rues animées du personnel et des usines. — La Manufacture des tabacs, sortie du personnel. — Le " Royal Viograph " sortie des spectateurs du Cirque après une matinée.
En outre de ces scènes, vues et silhouettes représentant Ie tout Dijon connu, le programme sera complètement renouvelé.
Jeudi et dimanche, à 3 heures, irrévocablement les deux dernières matinées avec " Dijon-Vivant "


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, mardi 23 avril 1901, p. 3.

Comme cela se produit toujours lorsque des vues locales sont présentées, chacun cherche à se retrouver sur l'image animée, comme le font les ouvrières de la manufacture des tabacs et de l'usine Pernot :

Comme il fallait s’y attendre, Dijon cinématographié obtient au Royal Viograph un succès colossal.
il faut entendre les exclamations joyeuses des jeunes ouvrières de la manufacture des tabacs et de l’usine Pernot, quand elles se reconnaissent dans l’image projetée !... il faut dire aussi que les vues sont admirablement réussies.
Celle notamment de l’entrée en séance du conseil général obtient un grand succès de curiosité. La Sortie du Cirque, après une matinée, vision des plus gaies et des plus mouvementées soulève, pour sa part, de nombreux applaudissements.
La direction du Viograph est récompensée chaleureusement de son ingénieuse idée.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, vendredi 26 avril 1901, p. 2.

Comme d'habitude, on annonce une clôture irrévocable pour le dimanche 28 avril :

Cirque de Dijon. — Aujourd'hui samedi, avant-dernière représentation donnée par le " Royal Viograph ", Spectacle de gala. Nouveau programme terminé par" Dijon cinématographié. " Vues, scènes et silhouettes dijonnaises.
Demain dimanche, pour la clôture irrévocable, à trois heures, grande matinée, même programme que le soir. A 8 heures 1/2,soirée d’adieux, spectacle monstre, dernière des Vues de Dijon animé.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, samedi 27 avril 1901, p. 3.

Et comme d'habitude, l'échange est repoussée de quelques jours :

Cirque du Tivoli. A la demande générale, le ROYAL VIOGRAPH donnera jeudi à 3 heures et à 8 heures et dimanche à 8 heures, ses trois dernières représentations. Pour ces trois dernières et irrévocables soirées, la direction présentera un programme merveilleux ; parmi les tableaux, on pourra applaudir Cendrillon, le Rêve de Noël, Jeanne d’Arc, grandes féeries ; Dijon, vues et scènes animées, etc.
Nul doute que le cirque ne soit trop petit pour contenir les nombreux spectateurs qui viendront en foule à ces dernières représentations.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, jeudi 2 mai 1901, p. 3.

Ça n'est dont que finalement le dimanche 5 mai 1901 que Constantin Daue et le Royal Viograph donnent leur derniere représentation

Cirque du Tivoli. — Dimanche 5 mai, à 8 heures et demie précises, dernière représentation du ROYAL VIOGRAPH.
Nouveau programme, composé des meilleurs tableaux et vues. Pour la dernière fois, Dijon cinématographié.
Lundi, départ du Royal Viograph pour Rouen.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, 5 mai 1901, p. 2. 

Le responsable quitte ensuite Dijon pour se rendre à Rouen.

Répertoire (autres titres) : Le voyage au Texas, La chasse à courre, 120 kilomètres à l’heure, Les glissades au Canada, Les Cremos (Le Progrès de la Côtes-d'Or, Dijon, 18 avril 1901, p. 2).

Le Phono-Cinéma-Théâtre (Grand-Théâtre, 6-10 avril 1901)

Après avoir connu un succès relatif à l'Exposition Universelle de Paris, le phono-cinéma-théâtre va être présenté en France comme à l'étranger. Si les films ont été tournés, pour l'essentiel, par Clément-Maurice, l'inspiratrice de ce spectacle novateur est Marguerite Vrignault, directrice artistique. Elle est accompagnée pour sa tournée par l'opérateur Féllix Mesguich. À Dijon, l'inauguration a lieu au Grand-Théâtre, le 6 avril 1901 :

C'est ce soir la première du Phono-Cinéma-Théâtre, au Grand-Théâtre.
Théophile Gauthier, dans un de ses feuilletons dramatiques, exprimait le regret que l’on ne pût conserver la voix et les gestes, le talent des grands artistes. Le rêve de Gautier est réalisé par le Phono-Cinéma-Théâtre, qui unit, comme le nom l’indique, les merveilles du cinématographe à celles du phonographe.
Grâce à celte découverte, on voit défiler, on entend, dans d’excellentes conditions, les étoiles des théâtres et des cafés-concerts. C'est d’abord Félicia Mallet qui mime L'Enfant prodigue ; le fameux Cossira, qui chante le " Lève-toi, soleil ", de Roméo et Juliette ; vous l'applaudirez, et, à votre surprise, vous verrez le ténor connu de l’Opéra revenir, sourire et saluer.
Ce sera le duel d'Hamlet, étonnamment réglé avec les classiques attitudes de Sarah Bemhardt, et vous entendrez les cliquetis des épées, qui ne se croisent cependant que sur l’écran.
Et je ne puis vous citer toutes les scènes mieux choisies les unes que les autres, auxquelles il vous sera permis d’assister de tous vos sens, si parfaitement satisfaits que vous ne saurez au juste si vous êtes en présence d’une copie ou de l'original.
Voyez le programme ; en quelques heures il vous transportera aux Français, à l’Opéra, au Nouveau Cirque, à Londres, etc.


Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, 6 avril 1901, p. 2.

En réalité, le spectacle comporte à la fois des films cinématographiques simples, d'autres sonores et enfin, les plus appréciées, les vues parlantes ou chantées. La presse locale va rendre compte de cette séance en termes élogieux :

Au Grand-Théâtre
Il y avait très belle salle au Grand-Théâtre, samedi, pour le premier des spectacles donnés en notre ville par le Phono-Cinéma-Théâtre. Les vues panoramiques et animées de l’Exposition sont évidemment très intéressantes ; ce voyage aux Invalides, au Petit et au Grand Palais, aux Serres, sur la Seine, etc., etc., qui rappelle aux visiteurs de la grande Exposition et leur renouvelle de si beaux-moments non encore oubliés, mais déjà loin, dans la hotte aux souvenirs ; ce voyage est certainement une source de plaisir.
Aussi d’un grand intérêt les obsèques de la reine Victoria, dont les journaux ont raconté la triste magnificence.
Très agréables également ces visions artistiques des Dames Slaves, du Ballet du Cid, de Cléo de Mérode, des Danses Directoire, de Terpsichore, visions à qui, pour donner l’illusion de la réalité, il ne manque vraiment que la variété des couleurs.
La Zanibelli, Cléo de Mérode, Mlles Mante, et tous ces êtres gracieux qui défilent sur l’écran, en des mouvements réels, harmonieux, donnent des sensations artistiques d’un grand charme. Tout particulièrement impressionnants, vous trouverez encore la pantomime de l'Enfant prodigue, par Félicia Mallet ; et surtout encore le duel d'Hamlet par la grande Sarah (Hamlet) et Pierre Magnier (Laerte).
La partie comique est très joyeusement remplie par les intermèdes de Footit et Chocolat, de Little Tich et des Mason et Forbes, que vous croiriez en chair et en os devant vous.
Mais où le Phono-Cinéma est tout à fait merveilleux et dépasse tout ce qu’on peut supposer, c’est lorsque le cinématographe est combiné avec le phonographe. Vous verrez et entendrez Coquelin dans les Précieuses, avec Mlle Esquilar et Mlle Lerwick ; Mlle Mily Meyer, dans sa chanson en crinoline ; Coquelin en Cyrano ; Mlle Hatto dans Iphigénie, et surtout Cossira dans la cavatine de Roméo.
La combinaison de la voix, du geste, de l’expression du visage est presque parfaite. La trépidation est presque nulle, le nasillement de la voix également. Vous croyez être à l’Opéra ou sur les scènes où jouent et chantent les grands artistes pour ainsi dire immortalisés. L’illusion est complète.
Aussi est-ce un succès considérable que le Phono-Cinéma obtiendra en notre ville pendant le court séjour qu’il nous promet.

Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, 7 avril 1901, p. 1.

Si certaines vues sont d'origine incertaine - celle de l'Exposition Universelle par exemple -, la plupart des films présentés sont des vues qui appartiennent à la collection du Phono-Cinéma-Théâtre et donc aisément identifiables. Le succès aidant, le Phono-Cinéma-Théâtre va prolonger de deux jours son passage à Dijon jusqu'au 10 avril (Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, 9 avril 1901, p. 2), avant de se rendre à Troyes.

Le Biographe américain (Brasserie du Casino, rue de la gare, < 10 novembre-[10] novembre 1901)

Des séances de cinématographie sont données par le Biographe américain, à la brasserie du Casino, en novembre 1901 :

Brasserie du Casino (rue de la Gare).-Tous les jours, de 5 à 7 heures, apéritif-concert. Le soir, de 8 h 1/2 à minuit, concert symphonique.
Dernières représentations du Biographe Américain.-Entrée libre.


Le Progrès de la Côte-d'Or, dimanche 10 novembre 1901, p. 3.

dijon brasserie casino

L.V. edit., Dijon. Avenue de la gare (c. 1906) [à gauche La brasserie du Casino]

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