CONSTANTINE

Jean-Claude SEGUIN

Constantine est une ville d'Algérie.

1896

1897

Le cinématographe de Louis Vernet et Jean Prinsac ([mars]->12 avril 1897)

Les deux pionniers, Jean Prinsac et Louis Vernet, en provenance de Sétif, poursuivent leur voyage en Algérie. Afin de pouvoir présenter leur cinématographe, ils trouvent un local qu'ils aménagent :

À Constantine, pas de local favorable. Plutôt que de partir ainsi, nous avons fait bâcher une marquise qui se trouve au point central, cela nous coûte cher et nous donne une salle pouvant contenir 60 personnes avec la petite projection nous ne pouvons donner séances que le soir, les bâches n'étant pas assez étanches à la lumière. Le local est très incommode, rien pour fabriquer le gaz. Il n'y a qu'à soulever les bâches pour rentrer. Nous avons dû mettre un gardien de nuit, avec tout cela, il ne serait rien si le public voulait venir. Il a fortement l'air d'avoir les mêmes dispositions qu'à Sétif jusqu'ici à grand peine, arrivons-nous à faire nos frais. Figure-toi comme populo que nous sommes à Oran Bard Séguin et que les gens font leur [palanca] bien pire encore nous faisions là de bonnes journées dimanche avec des milliers et des milliers de personnes passant, regardant notre établissement, nous avons fait 29 f. en 2 séances, c'est fantastique, on a vu le Cinémato Montoya, c'est la même chose et n'entrons pas raisonnement du public, fais-les sortir de là. Et dire que cela sera partout la même chose. J'ai dit à Vernet que le Cinémato devait être enterré par Constantine ou en sortir victorieux. Cela ne sera pas long, 8 f. encore et nous sommes à bout peut-être, cela sera fini quand tu recevras ma lettre.


Jean Prinsac, Mon cher Gaston, Constantine [mars] 1897.

Dans un  courrier postérieur, Jean Prinsac, logé à l'hôtel Grès, continue à offrir une description peu flatteuse de Constantine et de son public :

[...] Il y a 8 j. que nous fonctionnons à grand peine arrivons-nous à nos frais, avant-hier nous avons eux une recette de 2 f. 50, nos frais de voyage depuis Bougie ne sont pas couvert.
Notre plus grande recette a été celle de hier soir près de 40 f., nous avons de 20 à 22 de frais par jour. Si cela marche, nous t'enverrons ce qui t'est dû. Qui aurait jamais espéré cela de Constantine. Les gens sont plus sauvages ici qu'ailleurs. Nous allons passer encore cette semaine attendant les fêtes de Pâques; c'est la semaine sainte qui va commencer. Je ne compte guère sur de bonnes recettes; la semaine d'après sera probablement meilleure ou il n'y aura rien à faire ici. On nous fait peu espérer de Philippeville qui est mort paraît-il. Il n'y a guère plus que Bone ou nous pourrons probablement passer 4 semaines. Je vais t'envoyer un nº du Républicain, il parle de nous. Il nous a promis de nous faire passer quelques lignes tous les jours.


Jean Prinsac, Mon cher Gaston, Constantine, 12 avril 1897.

Le séjour à Constantine n'est décidément pas probant et c'est à nouveau que l'opérateur s'en prend au public :

[...] Le public de Constantine est bien le plus mauvais que nous ayons encore encontré, rien n'a pu le faire venir chez nous, ni articles de journaux presque tous les jours nous avions une petite note, soit sur le Républicain, soit sur l'Indépendant, les prospectus, ils vous font grâce de les prendre et de les déchirer sans les lire. Nous comptions passer la journée de Dimanche à Constantine, lorsque vendredi un sirocco épouvantable s'est élevé, a soufflé en tornade la plus grande partie de la journée enlevant les toitures, démolissant les cheminées, notre installation sous bâche n'a pu résister, tout a été démoli, renversé, couvert de sable, de poussière, cela a été pour nous un petit désastre, nous avons dû plier bagage et venir ici où nous sommes depuis hier soir soir 7 h 1/2...


Jean Prinsac, Mon cher Gaston, Bône, 25 avril 1897. 

C'est en effet de Bône que parvient ce courrier de Jean Prinsac.

constantine hotel gres

Constantine-Place de Nemours (c. 1904)

1898

1899

1900

1901

Tournage de vues militaires (Plateau de Mansourah, 14 août 1901)

Sur le plateau de Mansourah, un colonel envoyé par le Ministère de la guerre tourne des vues des troupes de la garnison :

PROVINCE DE CONSTANTINE
Défilé militaire.-Toutes les troupes de la garnison, avec les drapeaux régimentaires, ont défilé, mercredi matin, en grande tenu, sous le commandement du général de Labattut, sur le plateau de Mansourah.
Un colonel spécialement envoyé par le Ministère de la guerre, les a photographiées dans leurs mouvements variés. Ces photographies sont destinées à un cinématographe, devant représenter les troupes nationales.


La Croix de l'Algérie et de la Tunisie, Alger, dimanche 18 août 1901, p. 3.

1902

1903

1904

Le cinématographe de la Fête du syndicat de la presse (15-16 octobre 1904)

Des projections animées sont prévues pour la Fête du Syndicat de la presse départementale constantinoise qui a lieu les 15 et 16 octobre 1904 :

Fête du Syndicat de la presse.
La fète que le Syndicat de la presse départementale constantinoise organise pour les 15 et 16 octobre courant promet de faire époque dans les annales du chef-lieu. L'organisation de ces réjouissances marche à grand pas et, sous peu, grâce à l'appui bienveillant que le Syndicat trouve dans toutes les branches de l'administration et du commerce, tout sera à point.
De nombreuses surprises seront réservées  au public, surprises dont chacun gardera le meilleur souvenir.
[...]
Ajoutez à cetla de nombreuses autres attractions, telles que : concours de de bébés, matinée par les artistes du théâtre, projections au ciniématographe, concerts par les musiques civiles et militaires...


L'Impartial, Djidjelli, 2 octobre 1904, p. 2.

1905

1906

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