Amédée BRISAC

(Bayonne, 1871-)

Jean-Claude SEGUIN

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Ernest, Nathan Brisac ([1793]-Bayonne, 21/05/1894) épouse Esther Baïz. Descendance :

  • Arthur, Oléric Brisac (Bayonne, 16/09/1843-) épouse Blanche Jacob ([1848]-). Descendance :
    • Amédée, Hector, Nathan Brisac (Bayonne, 30/09/1871-) épouse (Paris 10e, 07/01/1901) Suzanne, Colette Bréger (Paris 1er, 16/04/1881-).
    • Valentine, Esther Brisac (Bayonne, 10/05/1873-Bayonne, 24/02/1884)
    • Alfred, Georges, Raphaël Brisac (Bayonne, 25/04/1878-) :
      • épouse (et divorce) Adélaïde Perez Acano. Descendance :
        • Blanca Brisac
      • épouse (Tetouan, 07/09/1933) Emilie, Eugénie Rodriguez-Iglesias.
    • André, Paul, Raphaël, Ernest Brisac (Bayonne, 16/04/1884-) épouse (Bayonne, 13/08/1900) María, Esperanza Vasquez

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Originaire de Bayonne, la famille Brisac est en rapport fréquent avec l'Espagne où elle fait régulièrement des affaires. Le père a fondée une société la "Arthur Brisac et Cie" dont les activités sont diverses. Amédée Brisac va présenter son Royal Cinématographe à Vitoria en 1904.

Son frère Alfred "Alfredo" Brisac va faire une brillante carrière de journaliste. Il est également un industriel installé à Saint-Sébastien. Son autre frère, André, est également un industriel installé en Espagne. Au moment de la mobilisation de 1914, ils désertent et ne rejoignent pas leur poste. Cela leur vaut des attaques virulentes dans la presse française comme en témoigne cet article de La Dépêche où ils sont accusés d'être germanophiles :

Les Boches de l'Intérieur
Brisac pera et fils
De notre correspondant de Bayonne : 
Décidément, on en apprend tous les jour de nouvelles sur l'honorable famille Brisac. Nous tairons — il y a prescription - toutes les anecdotes écœurantes qui nous ont été contées par de vieux Bayonnais et dont héros sont les dignes ascendants, venus d'on on ne sait où, des Brisac actuels. Le prèsent nous suffit.
Une chose que nous ignorions : le père Brisac a été censeur de la Banque de France. De ce titre, il s'enorgueillissait volontiers. Il y a trois ou quatre mois, il vint au palais apporter son témoignage moral en faveur d'une commissionnaire qui faisait le service de Bavonne à Hendaye et inversement, accusée de contrebande d'un caractère plus délictueux encore depuis l'ouverture des hostilités. Notons, en passant, que cette commissionnaire " travaillait " quotidiennement, pour la maison Arthur Brisac et Cie. Comme sa déposition ne semblait pas, à son gré, retenir suffisamment l'attention, l'éminent patriote haussa le ton et déclara : " Je suis M. Brisac, négociant rue Port-Neuf. " L'effet attendu fut nul. Il s'avança alors, courba obséquieusement l'échine et insista : " Je suis M. Brisac, négociant rue Port-Neuf. " Un des magistrats, impatienté, répliqua d'une voix cassante : " Je le sais !" Il en savait plus long, en effet, qu'il ne voulait le faire paraître.
Avant sa fuite, le troisième fils, André, le déserteur, se vantait à tout venant, d'avoir réalisé un bénéfice de 60,000 francs sur les fournitures faites à l'armée par la maison Arthur Brisac et Cie.
Autre chose. Outre la crainte que lui inspirait la vie glorieuse, mais périlleuse des camps, un motif très grave l'aurait obligé de mettre les Pyrénées entre sa précieuse personne et l'autorité militaire. On nous a affirmé qu'étant secrétaire au bureau de la mobilisation, il se serait versé lui-même dans les services auxiliaires. Démasqué, il se serait enfui.
Quant à Amédée, l'aîné, le réformé failli, il paraît que son séjour à Malaga, il y a une dizaine d'années, a été désastreux pour lui. Il fit apposer sur les murs de cette ville des. affiches portant : " Très grand et très opulent fabricant de soieries, avec maison à Lyon et Paris, etc. ". Ce bluff se termina par une. peine d'emprisonnement prononcée par le tribunal de Malaga contre le très grand et très opulent fabricant de soieries.
Et voilà pourquoi, Amédée Brisac. habitant la France, ne peut aller en Espagne, tandis qu'Alfredo et André, déserteurs, habitant l'Espagne ne peuvent venir en France. Le chef de famille, lui, est en prison pour avoir trafiqué avec les Boches.


La Dépêche, Toulouse, 15 septembre 1915, p. 2.

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16-29/07/1904 Espagne
Vitoria  Teatro Circo Royal Cinématographe